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La société libérale-libertaire est un faux-semblant

La société libérale-libertaire est un faux-semblant

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MN : Notre monde est donc une forme de dictature à visage humain comme disait Delors parlant des institutions européennes. Certains rient de cette affirmation en prétextant une liberté d’expression etc. C’est vrai que la République sait nous réserver une sorte de bac à sable. MN en est un comme un autre. Vous qualifiez deux méthodes utilisées par le système pour nous combattre : la négation du réel avec sa suite d’inversions de définitions et/ou le silence. Qu’est-ce qui est le plus efficace ?

MB : La société libérale-libertaire est un faux-semblant. Nous sommes, au fond, au cœur du Spectacle selon Guy Debord : nous vivons dans une image d’un monde que nous pensons, ou voulons penser, être encore le vrai monde. Nous sommes sortis du réel, lequel ne peut que nous revenir dans la figure. Ce moment est ce que j’ai appelé « post-démocratie », en me positionnant sur un angle conservateur. Le concept est aussi travaillé par Colin Crouch, sur un angle progressiste. Intéressante confrontation. La post-démocratie, c’est un moment englobant et totalisant, extrêmement violent, quasi schizophrénique puisque nous pensons vivre dans un monde politique et sociétal qui n’est pas le monde réel, mais que nous considérons toujours comme étant notre réalité. Tout est faux dans ce monde que nous pensions vrai. Le vrai est effectivement devenu un moment du faux (que l’on pense à la GPA) mais nous en sommes maintenant collectivement conscients, de façon plus ou moins diffuse. Cette conscience est du reste un des ressorts fondamentaux du réveil des peuples, autrement dit, du réveil de la chair et du réel, partout en Europe, à commencer par la France et le mouvement des gilets jaunes, entre autres. Je veux dire : du mouvement de départ des gilets jaunes et de leurs justes revendications, pas les actes des black blocs qui, maintenant, traduisent surtout l’incapacité du gouvernement à jouer son rôle, à maintenir l’ordre. La France est devenue la risée du monde. Nous sommes aux avant-postes du décalage entre le réel et la fausse réalité puisque nous sommes le pays de l’utopie des droits de l’homme… pâles abstractions. Comment une telle tension entre le réel des vrais gens et la fausse réalité imposée ne générerait-elle pas violences et soubresauts ? La post-démocratie est une violence faite aux peuples en bien des domaines, tant en ce qui concerne le Politique que le Sacré ou l’Humain. C’est le dernier avatar de l’idéologie totalitaire Progressiste : la volonté de transformer la réalité de l’être humain. D’où, cette façon de développer du transhumain, autrement dit une négation de la nature de l’humain, au nom justement… du progrès humain.

MN : Vous employez souvent le mot d’oligarchie et pourtant est-ce que l’on n’est pas tous nourris de ce système, sommes-nous tous collabos ? Où se situerait la frontière ? N’avons-nous pas tous des plumes à laisser en abandonnant la société libérale-libertaire ?

MB : Oui, bien sûr. Nous collaborons tous et de diverses manières. Nous sommes imbriqués dans cette société. Cependant, il y a une différence entre collaborer au sens d’adhérer et collaborer au sens d’être membre de cette société. Qu’est-ce qui empêche le collaborateur d’une société de lui résister de l’intérieur ? Rien. Des plumes à laisser ? Oui, celles qui sont fondées sur le désir devenu notre maître. La société libérale-libertaire tend à nous transformer en sujets de nos désirs. Résister à cela n’est pas une mince affaire…


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