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L’antispécisme, dernière folie en date

L’antispécisme, dernière folie en date

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Vous avez aimé le multiculturalisme, le Gender, le wokisme, … vous allez adorer l’antispécisme. C’est la spécialité des théories progressistes de commencer par nous faire glousser sous cape avant de nous terrifier. Au moment où le Figaro rejoint le Gorafi et fait entrer dans le débat politique les dernières folies de progressistes déconstructivistes, il est trop tard, l’ensemble de la société a déjà été contaminée par une stratégie des petits pas, toute la culture s’est déjà faite le véhicule de l’idéologie via une dialectique huilée et une moraline basée sur l’émotion. Tous les films, toutes les chansons, le moindre divertissement agissent au service de la propagande. L’offensive intellectuelle et culturelle précède toujours le combat politique. Ce fut le cas pour la promotion du mariage homosexuel et dans son sillage le Gender et ses applications (PMA et GPA), ce sera également le cas pour l’antispécisme si nous ne comprenons pas immédiatement le danger de cette nouvelle idéologie. Il nous faut la comprendre pour parvenir à la combattre. Comme pour le Gender, il s’agit d’un combat anthropologique au centre duquel il convient sans cesse de reposer la question philosophique centrale : qu’est-ce que l’homme ?

Il nous faut donc lire Paul Sugy, journaliste au Figaro, avec urgence. Ce dernier nous a livré L’extinction de l’homme avec comme sous-titre Le projet fou des antispécistes. Paul Sugy souligne que le débat arrive en France 40 ans après les USA, sans doute du fait de quelques ralentisseurs culturels liés au bon sens légendaire des Gaulois, mais il risque d’être au cœur des débats pour les 40 ans à venir. Paul Sugy préfère d’abord identifier les failles intellectuelles de la société qui permettent aux antispécistes de prospérer ? Pour lui, le vrai dilemme se résume donc à la question philosophique : « Qu’est-ce que l’homme ? » Question anthropologique devenue tabou en université.

Pour commencer, comprenons ce mot d’antispécisme, mot construit sur le modèle du mot antiracisme. Ce mot suggère donc que tous ceux qui ne seraient pas antispécistes seraient des spécistes, c’est-à-dire des gens qui sont favorables à une discrimination positive en faveur de leur espèce. Or Paul Sugy revient à sa question philosophique première et rappelle que l’homme est beaucoup plus qu’une espèce animale. Sa dignité ne se fonde pas uniquement sur l’appartenance à une espèce animale. Nous venons de plus loin. C’est cette dignité qui fonde nos devoirs, notamment vis-à-vis des animaux, devoirs qui ne supposent pas des droits pour lesdits animaux.

Paul Sugy évoque également que tout le mouvement philosophique antispéciste ne grossit que grâce à l’émotion. On connait les vidéos de L214, et il est bien impossible de ne pas se sentir scandalisé devant le massacre industriel des animaux, il est bien impossible de ne pas constater la terreur des animaux allant à l’abattoir. Une fois ces vidéos regardées, le coût émotionnel pour changer d’avis est beaucoup trop élevé de la part de ceux qui commencent à céder aux sirènes antispécistes. On parle alors de conversion, comme pour une secte, les adeptes sont incités à épouser une orthopraxie c’est-à-dire un ensemble de théories et de pratiques, un plan de vie. L’idéologie se marie d’ailleurs très bien avec un certain mouvement hygiéniste inspiré de Rousseau, et épanoui dans le new-age à la papa, le but est de purifier le corps pour purifier l’être. En effet, consommer un crime nous entraînerait à devenir des criminels…

Paul Sugy précise que la base idéologique des antispécistes est anglosaxonne appuyée sur la théorie de la déconstruction. Cette base idéologique a très bien épousée la conception néolibérale de la morale qui consiste à maximiser les utilités de tous les agents économiques. L’utilité est alors considérée comme ce qui a un effet sur le bien-être. Cette théorie est bien évidemment totalement contraire à la quête du bien commun. Les antispécistes vont donc chercher à maximiser le bien être de toutes les espèces dans un souci d’égalité, et donc à minimiser la souffrance. Cette approche suppose de pouvoir répondre à la question pour chaque acteur économique : est-ce qu’il peut souffrir ? N’auraient la capacité à être un acteur économique que les individus des espèces animales qui peuvent souffrir, dont le système nerveux est suffisamment évolué pour ce faire. Paul Sugy y oppose l’idée selon laquelle une morale ne peut pas être dépendante de l’évolution de la science et de la technologie mais relève au contraire d’une évidence. C’est ainsi que les antispécistes s’opposent à la notion de nature puisqu’ils veulent la corriger. Ils se réjouissent de pouvoir être végans aujourd’hui grâce à la possibilité de synthétiser la protéine B912, ils n’auraient pas pu l’être il y a 100 ans, ils fantasment sur le fait de rendre végétariens le lion. Paul Sugy explique que réduire l’humain à la biologie est avoir une vision tronquée et finalement très matérialiste. Pour lui, nous ne sommes pas les défenseurs de l’espèce humaine ! La question n’est pas de savoir si l’animal aurait des droits du fait de souffrir mais plutôt de savoir si l’homme perd sa dignité, au sens où il devient moins humain, s’il fait souffrir un animal. Que penser en effet d’un homme qui prendrait plaisir à faire souffrir un animal volontairement ? Tout simplement qu’il n’est plus humain. Le fait que nous ayons des devoirs ne suppose pas que les animaux aient des droits.

Alors comme nous l’avons dit au début, ce débat fondé sur ce qu’est l’homme est difficile aujourd’hui, car les antispécistes ont établi leur agenda. Ils procèdent par petits pas fondés sur l’émotion. On commence par interdire le broyage des poussins, puis on s’oppose encore et toujours à la corrida… pour dissimuler un projet d’extinction de l’homme. Finalement, je me dis que l’antispécisme ne serait une théorie acceptable que si et seulement si elle était émise et défendue par les animaux eux-mêmes. Si les oiseaux attaquent comme dans le film d’Hitchcock, si les dinosaures transforment la planète en Jurassik Park, si les loups entrent dans Paris avec des banderoles pour défendre les droits de leur espèce, alors nous serons bien obligés de reconsidérer les choses. Mais disant cela je fais de l’anthropomorphisme tout comme les antispécistes eux même le pratiquent pour nous attendrir.


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