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L’hydre du féminisme

L’hydre du féminisme

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La guerre est déclarée entre toutes ! Le féminisme a déclaré la guerre au féminisme. 100 femmes dont Catherine Deneuve, Catherine Millet ou encore Brigitte Lahaie se sont exprimées à la une du Monde pour défendre la drague dans un contexte où la moindre femme cherche un porc à dénoncer pour prouver avoir été dans le camp des victimes et non des séductrices. « Les femmes toujours ne ressemblent qu'aux femmes (…) et je ne suis pas bien sûr comme chante un certain qu'elles soient l'avenir de l'homme. »

Avouons que nous ne savons plus où donner de la tête avec le féminisme ! Et dans la guerre des féminismes, il semble de plus en plus difficile d'être simplement une femme. Le féminisme devient un monstre protéiforme possédant plusieurs têtes qui se multiplient sans cesse.

Libertaire, genderisé, multiculturaliste

La première tête que nous montra ce monstre fut celle de la jouissance sans entrave. D'inspiration libertaire, cette tête affichait sa volonté de refuser le corps de la femme comme le lieu du développement de la vie. Il fallait absolument dé corréler la sexualité et la procréation. Et la jouissance fut une fin qui justifia tous les moyens y compris celui d'institutionnaliser, de promouvoir et de toujours accroître le droit à l'avortement. Cette première tête de monstre produisit une dialectique de droit à l'enfant en parallèle à celui de pouvoir les empêcher à naître, ouvrant la porte à la PMA bien utile pour une nouvelle tête de monstre à venir…

Continuons schématiquement. La deuxième tête que le monstre afficha à la face du monde fut celui de la haine des hommes. Tout homme était nécessairement coupable : culturellement, biologiquement même. L'homme devint l'archétype de l'oppresseur, il naissait porc au point qu'il ne pouvait rester aux femmes qu'à envisager définitivement l'homosexualité comme plan de vie. Cette approche ouvrit la voie au Gender comme théorie capable de guérir l'humanité des hommes et même les hommes d'eux-mêmes. La matriarchie se mit en marche pour maintenir sous sa croupe un monde désormais émasculé.

La troisième tête du féminisme fut dénoncée par nous récemment, il s'agit de ce féminisme soumis au multiculturalisme. Cette tronche d'hydre nous fit regretter les deux premières pour lesquelles il nous semblait voir une certaine logique. Cette troisième tête de monstre nous souffla par exemple que la burka était la manifestation d'un choix libre des femmes, et la marque de leur libération du regard des hommes, etc. On nous dit aussi par la voix du maire de Londres qu'il était nécessaire au nom de ce féminisme d'interdire les photos de femmes trop parfaites et trop dénudées dans le métro. Vénus fut de trop au nom de l'Hydre !

Moderne contre moderne se décline en féministe contre féministe

Nous avons donc trois couches de féminisme : la première libertaire, la seconde genderisée et la troisième et ultime multiculturaliste. Avec ces trois couches appartenant toutes au camp du bien, nous ne pouvons qu'avoir régulièrement des querelles. Il est possible parfois d'additionner deux couches, Najat fut féministe jusqu'où bout des seins ayant réussi l'amalgame du multicultiralisme et du Gender par exemple… mais les trois ensembles paraissent assez indigestes. Les conflits sont donc inéluctables : féminisme contre féminisme n'est qu'un sous-produit du moderne contre moderne de Philippe Muray. Tantôt lorsqu'une ministre suggère d'élargir les trottoirs de Chapelle Pajol ; tantôt lorsque l'on propose une économie basée sur le ventre des femmes avec la GPA ; tantôt lorsque les vieilles féministes dignes des 343 salopes de l'époque bénie se réveillent pour rappeler la primauté de la jouissance sur la dignité des femmes… La querelle actuelle opposant les metoo qui balancent leurs porcs aux 343 salopes new look défendant une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle, va devenir un classique de l'international féministe.

La vaste délation internationale organisée par les starlettes ayant des remords d'avoir progressé grâce à leur cul se devait d'être stoppée par d'autres que des hommes nés porcs. Car si on ne naît pas femme, et qu'on le devient, sachez qu'un homme naît forcément porc aux yeux de certaines. Peut-on d'ailleurs être hétéro sans être un porc ? La version masculine de ni pute ni soumise serait-elle ni pédé, ni porc ?

Et l'amour dans tout ça ?

Catherine Millet rappelle subtilement la nécessité de sauvegarder la fameuse « zone grise » entre consentement et non-consentement. Effectivement combien de baisé sous des portes cochères furent un peu arrachés et finalement, le début de belles passions amoureuses. Mais ça, c'est mon côté fleur bleue, romantique… Les jouisseuses signataires de la tribune du monde ne sachant pas combattre des féministes sans afficher des gages de vulgarité pour prouver leur appartenance à la mouvance libertaire et exclure les autres, n'ont surtout pas voulu aborder la question de l'amour. Et dans ce concours à qui détient la vérité sur le féminisme, l'experte en sexe, Brigitte Lahaie affirme avec tact sur BFM TV : « On peut jouir lors d'un viol, je vous signale. » La belle affaire ! Catherine Millet, quant à elle préféra parler de baise pour stopper tout malentendu vis-à-vis de ceux qui voudraient parler de sentiment et conclut sa thèse sur la drague par l'ironie qui nous amènerait à « signer un contrat devant notaire avant d'aller baiser ». La grande classe ! Ne peut-on pas simplement être une femme ? Capable d'accueillir la vie sans avoir l'impression de renoncer à sa liberté, désireuse d'être courtisée sans vouloir jouir à tout bout de champ, consciente que tout rapport humain est un rapport de séduction, mais pas nécessairement un investissement en vue de constituer un tableau de chasse… L'urgence pour une femme ne serait-elle pas la sécurité plutôt que l'obligation de jouir dans l'illusion d'un passé qui n'est plus.

Parmi les discours ayant retenu mon attention sur la question féministe ces derniers jours, je note, celui de Eïla Slimani dont la musique me semble un peu plus douce, un peu plus digne, un peu plus humaine, un peu plus féminine :

« J'espère qu'un jour ma fille marchera la nuit dans la rue, en minijupe et en décolleté, qu'elle fera seule le tour du monde, qu'elle prendra le métro à minuit sans avoir peur, sans même y penser. Le monde dans lequel elle vivra alors ne sera pas un monde puritain. Ce sera, j'en suis certaine, un monde plus juste, où l'espace de l'amour, de la jouissance, des jeux de la séduction ne seront que plus beaux et plus amples. A un point qu'on n'imagine même pas encore. »


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