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Mandela : le sage s'en est allé

Mandela : le sage s'en est allé

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Nelson Mandela n'est plus. Les hommages pleuvent de toutes parts. Peu d'hommes ont, jamais, été aussi admirés et estimés, a fortiori de leur vivant.

Cependant, si l'Homme est admirable, ce n'est pas pour les bons sentiments consensuels que certains voudraient lui prêter. Mandela n'était pas cet homme lisse et "gentil" que d'aucuns décrivent trop souvent. Au contraire, Nelson Mandela était un combattant, un Homme d'État d'une trempe rare ; là, est toute sa grandeur.

De Mvezo à Johannesburg


Issu de la famille royale de l'ethnie Xhosa, Mandela naît le 18 juillet 1918, à Mvezo. Fort de la culture européenne acquise au sein d'une école de missionnaires méthodistes, Madiba peut poursuivre des études supérieures à l'université de Fort Hare, qui accueille les élites noires d'Afrique du Sud, et devient le premier avocat noir du pays, en 1951.

Résolument moderne et tourné vers l'Occident, Mandela s'oppose aux coutumes ancestrales de sa tribu, qui voulait organiser son mariage, et part s'installer à Johannesburg ; ce sera sa première lutte. Son combat contre l'Apartheid commence peu de temps après cette bataille.

De la non-violence à l'action militaire


Non-violent tout d'abord, suivant le modèle de Gandhi, Mandela défend son idéal universel "one man one vote" face aux revendications communautaires émanant du parti qu'il a rejoint, le Congrès National Africain (ANC). Cherchant à constituer une force politique la plus large, pour peser autant que possible sur le gouvernement Afrikaner, Mandella se veut pragmatique et tente de s'allier, en pleine guerre froide et en contradiction complète avec ses convictions chrétiennes, avec les communistes blancs.

Ce n'est qu'en 1960, après la répression dans le sang d'une manifestation contre le passeport intérieur (imposé aux noirs), que l'ANC de Mandela entre dans une logique militaire. Madiba part alors suivre une formation au combat dans l'Algérie fraichement indépendante et complète son apprentissage par la lecture de récits de la seconde guerre des Boers. La méthode retenue est ouvertement militaire, et non terroriste, car les règles sont claires : il doit s'agir d'opérations de sabotage visant des lieux symboliques du régime de l'Apartheid, et ne visant ni à blesser ni à tuer qui que ce soit.

Au nom des opérations menées par l'ANC, Mandela est finalement arrêté en 1962, puis condamné à la prison à vie, peine qu'il purge dans des conditions particulièrement difficiles. Sa libération interviendra en 1990. Depuis son incarcération, la situation politique internationale a radicalement changé : la guerre froide a pris fin.

Des geôles à la Présidence


Sous pression de la communauté internationale, et particulièrement des États-Unis bien décidés à lâcher un ancien allié devenu bien encombrant, le régime afrikaner assouplit les mesures la plus strictes de la politique raciale. L'ANC est autorisé.

Alors commencent quatre longues années de négociations entre Mandela et Frederik de Klerk, le dernier président afrikaner. Durant cette période, faite de hauts et de bas, Madiba souffle le chaud et le froid et se révèle en Homme d'État de génie, beaucoup plus à l'aise dans l'arène politique que sur le plan militaire. Les deux hommes reçoivent conjointement le prix Nobel de la Paix en 1993, un an avant l'organisation des premières élections au suffrage universel.

Le résultat de ce scrutin est sans appel, la logique du vote ethnique est respecté et Mandela emporte plus de 62 % des suffrages. La charge de l'exercice du pouvoir est lourde, préserver l'unité du pays n'était pas chose gagnée d'avance, mais le succès est au rendez-vous. Mandela détricote avec habileté des institutions, notamment l'armée, qu'il juge dangereuses, sans pour autant aller trop loin. Sublime équilibriste que ce Président !

Après seulement cinq ans à la tête de l'Afrique du Sud, Mandela tire sa révérence et quitte la scène politique, pour entrer encore un peu plus dans la légende. L'Homme ne se salira pas davantage les mains avec les responsabilités ; contrairement à son voisin Mugabe, qu'il tance bien souvent, il ne s'accroche pas au pouvoir. Mandela est désormais un symbole de l'unité du pays, mieux : une icône. La communication est maitrisée de bout en bout, ultime coup de Maitre.

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