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Mémoire russe

Mémoire russe

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N’a-t-on rien compris ? L’histoire ne nous enseigne-t-elle pas que le manichéisme dogmatique n’a pas sa place dans les affaires du monde. Bien plus, que l’ostracisme exacerbé, mû par un parti pris partial et idéologique, conduit aux tensions, à la perte de dialogue, à l’invective, à la guerre.

Qu’est ce qui peut bien valoir à la Russie et à son dirigeant cette condamnation universelle, ou plutôt occidentale ? Car, pour être précis, c’est l’Occident et ses « valeurs » qui ne veulent pas de cette Russie. En passant, c’est une erreur fatale que de désigner comme ennemi « numéro 1 » une telle puissance, incontournable pour l’équilibre géostratégique de la planète ! De marginaliser, même quelque temps, un tel « monstre » de culture orthodoxe et de grandeur historique ! Les valeurs slaves de la « sainte Russie » comme on disait dans un temps pas si ancien, seraient-elles si dévoyées que les valeurs de l’Occident les vouent ainsi aux gémonies ? Faisons un petit focus :

  • La profonde joie russe d’assumer son histoire et son identité nationale, l’ardent désir de construire sur la richesse d’un patrimoine millénaire, sont probablement un contrepied trop fort aux idées récurrentes de déconstruction du passé et de toutes les valeurs qui y sont inhérentes que l’on observe en Europe Bruxelloise et en Amérique Progressiste
  • L’intégration du sacré et la verticalité, dans un projet politique, sont assurément une inacceptable provocation pour les belles intelligences rationalistes des élites de l’Ouest
  • L’ordre, la règle, le respect, l’élégance, le style sont vus comme des valeurs moisies en total décalage avec l’Eurovision –littéralement la vision de l’Europe- de Conchita brandissant sa singularité comme un progressisme évident qui ringardiserait tout, et particulièrement ce qui a trait aux traditions familiales, culturelles, religieuses… en fait, tout ce qui fonde une histoire, donne un sens, éclaire et permet une vraie vision.

Alors, de notre point de vue, la vision de la Russie, certes parfois un peu brutale, slave finalement, faite d’une stricte conservation de la beauté d’une histoire, ne mérite aucun opprobre international. Là où elle soutient un dirigeant autoritaire, peut-être évite-t-elle qu’un islam radical ne se développe en cas de vide. Il n’est qu’à observer, sans pathos ni mauvaise foi, l’exemple frais des régimes qui font suite à certains printemps arabes… Peut-être veut-elle conserver son Orthodoxie et maintenir d’autres religions aux velléités expansionnistes dans une liberté où la contrepartie serait de ne jamais s’aventurer au putsch djihadiste sous peine d’être réprimées fermement. Est-ce immoral ?

La Russie protège ses intérêts dans le monde, l’Amérique en fait autant, elle ne renie pas son passé contrairement à une Europe relapse qui rejette ses racines chrétiennes, elle n’a pas de conscience à géométrie variable ce qui peut, il est vrai, troubler des esprits empreints de relativisme. Enfin, elle apparaît fière, droite, habitée d’un idéal.

Pour tout cela, nous l’aimons ! D’aucuns de nos compatriotes seraient prêts à en épouser la nationalité et suivre le chemin d’un célèbre acteur. En tout cas, votre serviteur, auteur de ces modestes lignes, choisirait aujourd’hui la « sainte Russie » plutôt que la « fille aînée de l’Église ». Cependant, le mythe du sauveur, mythe qui n’en est pas un, a déjà opéré des miracles dans notre beau pays. Donc, votre serviteur reste, espère encore, et assume les chefs que la France s’est momentanément choisie et qui l’entraîneront aux abîmes, comme une célèbre prophétie l’a annoncé. À suivre…


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