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Visite virtuelle de l’Exposition Universelle de 1900

Visite virtuelle de l’Exposition Universelle de 1900

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Figure 1-Vue d'ensemble

Comme nous l'avons vu précédemment, Paris organise et accueille sa 5ème et dernière Exposition Universelle en 1900. En cette année symbolique, cette gigantesque vitrine de l'industrie, du commerce et des arts des nations se doit d'être encore plus éblouissante que toutes celles du siècle qui s'achève. Cette fois-ci, la surface qui lui est consacrée englobe tous les espaces occupés par les éditions précédentes. L'enceinte de l'Exposition sera 10 fois plus étendue que celle de 1855.

Nous allons vous proposer une visite virtuelle du site de l'Exposition qui s'étend sur 216 hectares divisés en 2 sites avec la Seine pour axe principal, afin de remédier au manque de place. Aux 112 hectares du Champ-de-Mars, de l'Esplanade des Invalides et des bords de Seine, il faut y ajouter les 104 hectares du bois de Vincennes pour l'exposition sur l'agriculture, les maisons ouvrières, les chemins de fer et les concours sportifs.

Figure 2-Plan d'ensemble

Figure 3-Plan du site du bois de Vincennes

Pour accéder à l'enceinte de l'Exposition, pas moins de 136 entrées sont prévues dont la plus monumentale, car c'est l'entrée principale, dessinée par René Binet (1866-1911 - architectedécorateurpeintre et théoricien de l'art français, il est également connu pour avoir été l'architecte des reconstructions des magasins du Printemps de la mode en 1907), se trouve place de la Concorde. Véritable représentation de l'Art nouveau européen, cette porte mesurant 45 mètres de haut est précédée d'une exèdre (place semi-circulaire faisant office de salle de conversation) surmontée d'une figure féminine représentant la ville de Paris (œuvre de Paul Moreau-Vauthier ; 1871-1936 – sculpteur français et ancien poilu, il est notamment connu pour avoir conçu de nombreuses œuvres sur la Première guerre mondiale dont « bornes Vauthier » qui matérialisent la ligne de front telle qu'elle était le 18 juillet 1918) et est flanquée de deux longs minarets. Trois grandes arches en plein cintre d'une vingtaine de mètres de largeur supportent une immense coupole surbaissée. Les guichets, fonction principale de ce bâtiment éphémère, sont au nombre de 16 à droite et à gauche. La structure générale est en métal et la porte est entièrement recouverte de staff. Le décor présente une grande originalité. Des milliers de cabochons lumineux et colorés, bleus, verts, jaunes recouvrent l'ensemble. La peinture complète cette polychromie et quelques feuilles d'or sont déposées sur les parties les plus visibles. Enfin, l'ensemble est animé par de nombreux mats et oriflammes, créant une féerie souvent soulignées par les commentateurs de l'Exposition. Monument transitoire, il s'agit d'une "architecture d'exposition" éclatante et saisissante pour la foule comme pour les élites. La Grande porte annonce le flamboiement et les trésors patrimoniaux, culturels, artistiques, touristiques, industriels et scientifiques qui attendent les visiteurs.

Figure 4-Porte Binet

Une autre entrée est symbolique, celle située au rond-point des Champs-Élysées dont le but principal est d'accueillir les cortèges officiels. Constituée d'une grille semi-circulaire de 22 mètres de diamètre occupant la partie centrale, cette entrée est encadrée par deux lions couchés, sculptés par Paul Jouve (1878 -1973 ; peintresculpteur et céramiste français, membre de l'Académie des beaux-arts). Ensuite viennent deux doubles guichets suivis de deux portes charretières de 10 mètres d'ouverture chacune reliant l'ensemble à la clôture. Sur tout son parcours, des mâts de 7,90 mètres de haut présentent les drapeaux des puissances étrangères.

Figure 5-Porte des Champs Elysées

Au passage de cette porte, le visiteur ne peut qu'admirer la magnifique perspective ouverte pour l'occasion sur les Invalides. En effet, l'espace occupé par le palais de l'Industrie (construit pour l'Exposition universelle de 1855) a été entièrement repensé pour créer un axe reliant les Champs Élysées à l'hôtel des Invalides, possible grâce à la construction du pont Alexandre III. L'ancien palais a donc été détruit et remplacé par deux nouveaux bâtiments, le Petit Palais et le Grand Palais, installés de part et d'autre de l'avenue Nicolas II (l'actuelle avenue Winston-Churchill). À l'issue d'un chantier titanesque mené en seulement trois ans, le Grand Palais offre une magnifique et inédite alliance de la pierre, de l'acier et du verre, mêlant classicisme et Art nouveau. Face à lui, le Petit Palais est l'œuvre de l'architecte Charles Girault (1851 – 1932 ; architecte français), qui avait également pour mission de coordonner les travaux des trois architectes du Grand Palais (Henri Deglane (1855 – 1931 ; architecte français) pour la partie principale (donnant sur l'avenue Nicolas II), Albert Louvet (1860 - 1936 ; architecte français) se charge de la partie intermédiaire (avec le salon d'honneur), enfin la partie postérieure ou palais d'Antin (donnant sur l'actuelle avenue Franklin-D.-Roosevelt) revient à Albert Thomas (1847 - 1907 ; architecte français)). Contrairement à la Tour Eiffel (initialement prévue pour être détruite à la fin de l'Exposition universelle de 1889), le Grand Palais et le Petit Palais sont édifiés dès l'origine pour durer et leurs affectations futures, en tant que lieux d'expositions artistiques, déjà déterminées. 

Une fois la Seine traversée, les visiteurs accèdent à l'esplanade des Invalides, longue avenue bordée de palais consacrés aux manufactures nationales, aux industries diverses ainsi qu'à la décoration et au mobilier. En venant du pont Alexandre III, l'esplanade est d'abord agrémentée de parterres floraux, avant de rétrécir pour atteindre 33 mètres de largeur.

Figure 6-Esplanade des Invalides et Grand Palais

En arrivant sur les Quais de Seine, le visiteur est stupéfait par les édifices qui se dressent devant lui. Sur la rive gauche, sur la partie du quai d'Orsay qui s'étend du pont des Invalides à l'ouest au pont de l'Alma à l'est, se trouvent les pavillons des nations ou des puissances étrangères. Ces pavillons, financés et construits par les pays invités, sont alignés de part et d'autre de la « rue des Nations ». Les pavillons les plus importants, par leur taille, sont orientés vers la Seine, de sorte que leurs façades se reflètent dans fleuve. Deux jours avant la clôture de l'Exposition le journal L'Illustration du 10 novembre 1900 relaye le ravissement des nombreux visiteurs qui découvrent cet espace par ces mots : « ce spectacle fut le plus beau et le plus harmonieux de tous ceux que la Grande Foire nous offrit ». 

Figure 7-Rue des Nations rive gauche, rue de Paris rive droite

Sur la rive droite de la Seine, un peu avant le parc du Trocadéro, une autre réalisation étonnante se reflète dans la Seine : le « Vieux Paris ». Cette reconstitution d'un quartier de la ville médiévale fait ressurgir maisons à colombages, tour crénelée et chapelle gothique sur les quais de Seine, à l'aube du XXème siècle. Parmi les constructions de la « rue de Paris », se distinguent le pavillon de la Ville de Paris et les grandes serres de l'horticulture.

Figure 8-Le Vieux Paris

En arrivant sur le Champ de Mars par les quais de Seine, le visiteur peut flâner dans le dédale des pavillons aux formes hétéroclites situés aux pieds de la Tour Eiffel. Succédant aux différents pavillons de la navigation, cohabitent ici le « Panorama du Tour du Monde », un chalet suisse, une maternité belge, les ardoisières d'Angers, un pavillon des alcools russes, le Cinéorama, un château tyrolien…Plus haut sur le Champ de Mars, d'immenses halls d'exposition forment un U ouvert sur la Tour Eiffel. Leurs façades à hautes arcades sont ponctuées de portes somptueuses marquant l'entrée de chaque palais, comme celui des Mines et de la Métallurgie et celui du Génie civil et des Moyens de transport. A la place d'honneur dans l'axe central, le palais de l'Electricité se veut le clou de l'Exposition universelle de 1900 – date qui figure d'ailleurs à son sommet, au pied de la statue de la Fée de l'Electricité et d'une grande étoile. Ce palais, dont la façade est occupée par la gigantesque cascade du château d'eau, alimente la totalité de l'Exposition en énergie. 

Figure 9 - Champ de Mars vu de la Tour Eiffel

Face au Champ de Mars, une fois le pont d'Iéna franchi, s'ouvre la dernière grande partie de l'Exposition, et sûrement la plus exotique : le parc du Trocadéro. Ce dernier est surplombé par le palais du même nom, dont l'histoire est intimement liée aux Expositions universelles parisiennes. Construit pour l'Exposition de 1878, il sera démoli et remplacé par l'actuel palais de Chaillot à l'occasion de l'Exposition de 1937. En 1900, le parc du Trocadéro accueille les pavillons des colonies françaises et étrangères, de part et d'autre des jardins et du grand bassin. 

Plus de la moitié du parc est consacrée aux colonies et protectorats français, avec, en plein centre, deux grands espaces mettant particulièrement à l'honneur l'Algérie, dont le territoire était alors assimilé à celui de la France. D'un côté, le pavillon officiel de l'Algérie, de l'autre un « pavillon des attractions algériennes » où a été reconstituée une rue d'Alger. Les autres pavillons des colonies françaises proposent aux visiteurs de l'Exposition un voyage dépaysant à travers les continents africain et asiatique, entre les cases du Dahomey (l'actuel Bénin) et le temple cambodgien. C'est également le cas des pavillons des dépendances lointaines des puissances étrangères, qui transportent le visiteur en Egypte ou en Chine.

Figure 10-Vue du parc du Trocadéro

Après avoir parcouru virtuellement les allées de l'exposition nous nous rendons compte que la mise en scène de Paris a été à la hauteur des attentes du public et, comme pour les précédentes expositions, Paris est fortement valorisé par ces événements. Le choix a été de mettre en avant : 

  • Une ville ayant traversé les siècles, en montrant les monuments construits au fil du temps : gallo-romain, médiéval, classique et au XIXème siècle
  • Une ville qui se montre en prenant de la hauteur, sur ses toits, ses collines…
  • Une ville qui se renouvelle sans cesse.« Paris qui s'en va » avec l'ancienne Bièvre et le « Paris qui vient » avec le nouveau Montmartre et la Basilique du Sacré Cœur, 
  • Une ville qui vit, avec ses halles, son commerce, son mont de piété, ses crieurs de rue…

1900 : l'Exposition Universelle ouvre ses portes
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1900 : bilan de l'exposition
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1900 : un accès au savoir
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