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Ligue 1 : PSG et qui d'autre ?

Ligue 1 : PSG et qui d'autre ?

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Au mois de septembre, quel est le point commun entre les scolaires et les footballeurs ? La rentrée, bien entendu. Les premiers reprennent leurs cursus, les seconds rentrent de plein pied dans les championnats nationaux pour une nouvelle saison.

En France, comme dans la majorité des championnats européens, on n'échappe pas à cette règle. Ses équipes, après un mois d'août de transferts et de rodage, entament de manière concrète le long marathon qui déterminera leur avenir dans l'élite du football français…

Après un mois de compétition, les clubs de Ligue 1 sont sensés à présent avoir déterminé leur équipe-type et avancé avec celle-ci vers les objectifs nationaux et, pour les privilégiés, vers celui de rivaliser avec leur concurrents sur la scène européenne. Ainsi donc, pouvons-nous dresser un premier bilan des 20 acteurs de notre championnat avec 4 matchs et les éliminatoires internationaux achevés.

 

Tellement prévisible

De manière prévisible, certaines valeurs sûres sont au rendez-vous et, des clubs peinent à exister au milieu des autres. Dans le même temps, exception française oblige, la Ligue 1 garde sa traditionnelle inconstance et plusieurs surprises, plus ou moins bonnes, apparaissent déjà au tableau d'affichage.

En tête du classement, le PSG écrase de nouveau toute concurrence à l'image des heures de gloire des capitales de Castille et de Catalogne. Le club, dopé par la fortune des princes qataris, présente un bilan proche de la perfection. 4 victoires et un nul en 5 matchs pour 9 buts inscrits et 2 encaissés. Le nul concédé face aux Girondins de Bordeaux n'ébranle qu'à peine l'édifice parisien, tant le résultat final est imputable au gardien de la capitale étant complètement passé à côté de son sujet. Certes, la faiblesse notoire du Gazélec Ajaccio, promu en lanterne rouge, ou de Montpellier, dépouillé depuis 2012 de ses meilleurs éléments, pourraient expliquer le confortable début de saison du PSG. Ce serait alors oublier les confrontations contre Lille et Monaco. Ce serait occulter un peu vite le niveau à peine acceptable proposé par les joueurs de la Principauté ou le jeu de tâcheron offert par l'équipe nordiste.

Car il s'agit bien là d'un mal inhérent au football français, tant national que international. Nos clubs de premier ordre, disposant des structures et des budgets pour tirer vers le haut notre football, ne parviennent que très rarement à profiter des effectifs dont ils disposent. Il est un constat simple : nos clubs se révèlent incapables de tenir leur rôle en championnat, avancer loin en coupe, et assurer leur statut en compétition européenne.

Monaco réussissant l'exploit de squatter le bas du classement en championnat et d'avoir loupé ses matchs de qualifications pour la Ligue des Champions…                 Du côté de la Ligue Europa, le constat n'est guère reluisant non plus avec les qualifications à l'arraché de Bordeaux et de St-Etienne, incapables d'aligner deux résultats face à des équipes de bien moindre envergure. Cela deviendra inquiétant à l'heure d'affronter Tottenham et Liverpool…

 

 

PSG, l'exception

 

Encore une fois, le PSG a démontré ces dernières années qu'il constituait une exception dans ce domaine. L'argent d'un riche investisseur semble alors être l'ultime solution à l'époque du football-business afin de rendre une équipe compétitive. Les bien-penseurs de la blogosphère, des réseaux sociaux ou des réceptions mondaines auront pesté à l'époque contre l'investissement plutôt douteux des princes du Golfe et la prise de contrôle par des administratifs étrangers. Ces mêmes penseurs lorgnaient alors sans vergogne sur Chelsea et Barcelone, enviaient les heures de gloire du Milan AC, ou encore rêvaient de rejoindre le rival marseillais dans la conquête de la Ligue des Champions. Sans doute préféraient-ils alors oublier les affaires de corruption de Messieurs Berlusconi et Tapie ou fermer les yeux sur les méthodes d'enrichissement en Russie post-communiste.

Quoi qu'il en soit, l'argent ne peut pas à lui seul influencer les résultats d'une équipe de haut niveau. La cohésion du groupe y occupe une place prépondérante. Ainsi, il n'est guère surprenant en début de saison de voir quelques équipes de moindre importance occuper une place haut dans le classement alors que certaines grosses équipes ont des retards à l'allumage. L'effectif d'un promo ou d'un milieu de tableau est en général plus stable qu'une équipe dont l'objectif est de soutenir 3 ou 4 compétitions simultanément dans son calendrier.

 

Ventre mou

Si le Gazélec Ajaccio et Troyes occupent des places en cohérence avec leurs statuts de promus, Reims et le troisième promu, Angers, ont profité du mois d'août pour truster de bonnes places au classement. Un haut de classement où s'invite le revenant rennais et une petite surprise caennaise, deux équipes plutôt abonnées au milieu de tableau. St-Etienne a su se ressaisir après un début de saison délicat en lien avec sa campagne de qualification européenne. Derrière, Lyon pointe timidement le bout de son nez, en espérant le retour très rapide de leur pépite Nabil Fekir afin de repartir de l'avant, tandis que Bastia, Nantes et Bordeaux végètent dans le ventre mou du classement comme à leur habitude ces dernières saisons.

La seconde moitié du tableau regroupe toutes les équipes en embuscade où il est tout de même surprenant de voir figurer Monaco et Marseille. Deux équipes dont le jeu et les performances jusqu'à présent laissent planer de sérieux doutes sur leurs capacités à gérer la saison à venir. Si les joueurs de la Principauté ont réussi à limiter le désastre, le bilan est plus alarmant du côté de la Cannebière. Certes, les mouvements massifs au sein de l'équipe, couplés à la démission surprise de l'entraineur Marcelo Bielsa, ont fragilisé l'équipe, mais n'est-ce pas une tradition à Marseille d'osciller entre excellence et graves crises sportives ? Les supporters marseillais ont cru voir la lumière après le score fleuve obtenu face à Troyes, mais Guingamp est rapidement venu leur rappeler que cogner 6-0 une équipe fraichement promue n'a jamais constitué une référence.

Nous aurions pu également revenir sur les impacts de la récente scission des clubs de l'élite avec la LFP, mais nous toucherions alors à des questions de politique qui déborderaient du cadre de cet article et n'y auraient pas vraiment leur place.

En attendant de voir le classement définitivement se stabiliser, souhaitons bonne chance au PSG en Ligue des Champions pour enfin dépasser le stade des quarts de finale. Adressons une pensée à Monaco, St-Etienne, Marseille et Bordeaux en Ligue Europa avec nos meilleurs vœux de survivance. Et enfin, comme la culture sportive ne se limite pas à une seule discipline, ne manquons pas de soutenir l'équipe de France brillamment qualifiée pour les quarts de finale de l'Euro-Basket, et pensons à suivre le futur parcours du XV de France.


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