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Une déroute pour former les bleus du XV

Une déroute pour former les bleus du XV

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Ardue, compliquée, boucherie… Tous ces termes et bien d’autres encore furent utilisés pour qualifier cette tournée de l’équipe de France de rugby de fin d’année.

Sélectionneur très largement critiqué par un milieu jamais avare de bons conseils et autres bonnes idées. Staff technique donnant parfois l’impression d’être à court d’idées et à l’origine d’associations ou de tactiques pour le moins étranges. Equipe encore marquée par un tournoi des VI nations que nous qualifierons de médiocre autant par le jeu proposé que par les résultats obtenus (il ne peut en être autrement lorsque l’on est défait par la modeste mais non moins vaillante Italie). Joueurs exténués par des saisons toujours plus longues et usantes…

Tous les éléments pour une tournée sereine n’étaient donc pas réunis. D’autant plus que ce n’était pas un voyage de vacances dans les charmantes îles du Pacifique qui attendaient nos Bleus. Mais bien une expédition en Nouvelle-Zélande, terre de traditions et de rugby, ayant vu évoluer en son sein certains des plus grands joueurs de rugby au monde (passés et surtout actuels). Cette même Nouvelle-Zélande qui fut bien trop souvent privée de ses rêves les plus grands et les plus fous par une bande de grognards français, bien trop fiers et impétueux pour se plier au joug d’une équipe caractérisée de tout temps par sa fluidité et sa technicité, et qui leur en garde donc une rancune tenace (symbolisé par leur fameux Haka O Pango lors du dernier test match, petite piqûre de rappel ci-dessous).


Pour une fois, bookmakers et pronostiqueurs ont vu juste et le résultat est sans appel : 3 défaites en autant de matchs (dont un sanglant et historique 30-0 pour le XV à la fougère) et 77 points encaissés pour seulement 22 marqués…

Il est vrai que les Blacks étaient supérieurs dans le jeu, la construction et surtout le réalisme (dont ils infligèrent une cruelle leçon au Bleus lors du second test match).Cependant, considérer cette tournée uniquement d’un point de vue purement et bassement comptable serait renier ce qui constitue l’essence même de cette équipe de France. Car cette équipe a toujours été et restera éternellement (c’est mon souhait) une équipe idéaliste, fière et imprévisible. Une équipe n’arrivant à se dépasser que lorsqu’elle est acculée, huée et enterrée. Une équipe qui par son caractère, sa fougue et sa virtuosité est capable des exploits les plus fous et les plus inattendus (les différentes coupe du Monde sont là pour le prouver).

Alors oui, il est vrai que cette équipe de France est une équipe souvent frustrante au vu de son potentiel énorme. Mais néanmoins capable des plus grands matchs quand l’enjeu en vaut la chandelle. Une fois ce paramètre compris et intégré, cette tournée aux allures de déroute prend une nouvelle signification.

La légende du XV du coq s’écrit au futur


Il n’était pas ici question de venir battre les Blacks chez eux, la différence de préparation et de niveau est pour le moment trop importante (nous pourrions nous y attarder mais ceci serait un bien vaste débat). Non, le but de cette tournée était de préparer la relève à continuer d’écrire la légende du XV du coq, à leur transmettre ces idéaux précédemment cités. Leur permettre de prendre conscience de ce que les termes adversité, hostilité ou encore détresse veulent dire. Leur permettre de s’identifier à un groupe, de faire partie d’une famille afin de mieux pouvoir en défendre les valeurs et les couleurs quand un jour, ils seront appelés à être les nouveaux héros du XV français.

Alors oui, « la cabane est tombée sur le chien » comme le disait Pierre Salviac, mais néanmoins cette tournée a permis d’intégrer peu à peu dans cette équipe de jeunes pousses encore bien bleues au niveau international. Et pour moi, malgré les apparences, cette équipe de France a montré beaucoup de belles choses et cette nouvelle génération est porteuse de promesses pour le futur.

Car avec l’aide de certains vieux briscards (l’exemplaire Dusautoir en tête), nous pouvons constater que notre jeune équipe a posé des difficultés aux grands Blacks. Combien de fois les français campèrent devant la ligne d’en-but des néo-zélandais grâce à des fulgurances mais aussi une férocité dans le combat rarement égalée ? Combien d’actions vaillamment défendues par nos français face à des joueurs talentueux et pour qui le rugby est naturel ? Malheureusement tout ce travail était régulièrement réduit à néant par de nombreuses pénalités ratées (du fait d’une faiblesse dans le jeu au pied régulière), ou de petites erreurs évitables aboutissant à des essais adverses en contre. Mais jamais la France ne s’est réellement trouvée submergée par le jeu des All Blacks.

Alors pour moi, au vu de cela, la France a désormais des certitudes quant à sa relève et son jeu. Elle est toujours aussi présente dans le combat, secteur constituant son identité, et est toujours capable de ses envolées à l’aile qui ont toujours fait son charme. De plus, les jeunes Dulin, Fickou, Fofana et consorts sont autant de pépites que de promesses pour une équipe qui sait quoi travailler pour réussir.

Espérons désormais qu’à l’inverse de leurs glorieux ainés, cette jeune équipe arrivera à concrétiser ce rêve fou qui anime le cœur de tout supporter de rugby français depuis 1987 : remporter enfin cette coupe du monde que toutes les grandes nations du rugby ont un jour emportée dans leur escarcelle…

Les Bleus ne déçoivent pas, les Bleus, c'est nous
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Les Bleus déçoivent… encore !
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Syndrôme Hollande pour Nasri
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