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Les adaptations de Thomas Mann à l'écran 1/3

Les adaptations de Thomas Mann à l'écran 1/3

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L'œuvre de Thomas Mann (1875-1955), l'un des plus grands écrivains allemands du XXᵉ siècle et lauréat du prix Nobel de littérature en 1929, a exercé une influence considérable sur le cinéma et la télévision. Ses romans et nouvelles, caractérisés par une grande richesse psychologique, une réflexion sur la décadence bourgeoise, les tensions entre l'art et la vie, ainsi que les crises spirituelles de l'Europe moderne, ont inspiré de nombreux réalisateurs à travers le monde. Bien que la complexité intellectuelle de ses textes ait parfois rendu leur adaptation difficile, plusieurs films et productions télévisées ont su traduire à l'écran la profondeur de son univers littéraire.

Le rapport de l’auteur allemand avec le cinéma était complexe, mêlant curiosité, réserve esthétique et influence durable. Bien qu'il n'ait jamais été un cinéaste ni un scénariste régulier, son œuvre a profondément marqué le septième art.

 

Une certaine méfiance envers le cinéma et la première adaptation des « Buddenbrooks ».

Thomas Mann appartenait à une génération d'écrivains pour laquelle le roman représentait la forme artistique suprême. Dans les années 1920 et 1930, il voyait souvent le cinéma comme un média populaire, capable de divertissement mais rarement de la profondeur psychologique et philosophique qu'il recherchait dans la littérature.

Il ne rejetait toutefois pas complètement le cinéma. Il reconnaissait qu'il s'agissait d'un art nouveau doté d'un immense potentiel, tout en doutant qu'il puisse restituer toute la complexité intérieure de ses romans.

La première adaptation cinématographique est celle du roman « Buddenbrooks » (tout premier roman de l’auteur, paru à Berlin en 1901). Albert Pommer en assura la production et Gerhard Lamprecht[1] la réalisation. Bien que Thomas Mann ait eu « toute confiance dans le sérieux » avec lequel les scénaristes Luise Heilborn-Körbitz et Alfred Fekete « abordaient le projet », il était conscient qu’une adaptation cinématographique du roman au sens strict du terme serait pratiquement impossible, car « il sera probablement impossible de traduire véritablement le roman en images, et j’ai dû souscrire à leur volonté de se limiter, fondamentalement et explicitement, à la réalisation d’un film “inspiré de motifs” des « Buddenbrook » ». Thomas Mann accepta donc une adaptation libre, tout en craignant que le film ne finisse par être « littérairement et artistiquement raté ».

Il s'est montré très critique envers le film en privé. Il ne pouvait pas exprimer publiquement son opinion, car cela aurait mis en péril la réussite financière dans laquelle il détenait une part en pourcentage. L'écart entre le film et l'œuvre originale est manifeste. Toutefois, il serait réducteur d'en conclure qu'il s'agit pour autant d'un mauvais film. Les adaptateurs ont décomposé la matière d'origine en éléments isolés et en péripéties, sacrifiant ainsi les thèmes et les messages essentiels du roman. Des quatre générations, il ne subsiste qu'une seule : celle de la fratrie composée de Tony, Thomas et Christian. Le demi-siècle couvert par le roman de Thomas Mann a été réduit à un épisode unique se déroulant vers 1880 : une transaction céréalière entre la famille Buddenbrook et le Sénat de Lübeck. Par ailleurs, le thème du déclin est à peine perceptible : ni l'entreprise ni aucun membre de la famille ne disparaît. Les auteurs ont puisé dans la matière existante non pas pour enchaîner des morceaux de bravoure, mais pour créer une œuvre nouvelle et cohérente. Cette impression d'éloignement par rapport à l'original est renforcée par le fait que l'intrigue a été transposée à l'époque contemporaine du film, celle des années 1920. Le film redécouvert récemment[2] ne constitue pas une adaptation littéraire au sens strict, mais plutôt une lecture critique de l'œuvre originale. Notons qu’à bien des égards, le personnage de Hanno Buddenbrook reflète la jeunesse de Thomas Mann.

 

 Photogramme du film Die Buddenbrooks de Gerhard Lamprecht (1923).

Les rôles principaux étaient tenus par des stars renommées du cinéma muet : Peter Esser (Thomas), Mady Christians (Gerda) et Alfred Abel (Christian). Le film fut présenté en avant-première le 31 août 1923 au Tauentzienpalast de Berlin. Bien que Thomas Mann n'ait pas vu ce projet d'un bon œil, le film fut très bien accueilli par ses contemporains. De nombreuses critiques commençaient par le principe fondamental selon lequel un film doit être jugé indépendamment de toute œuvre originale préexistante. Les commentateurs saluaient l'approche des cinéastes, qui avaient réalisé un film « fondé sur des motifs du roman ». C'est notamment pour cette raison que l'œuvre fut considérée comme un modèle d'adaptation littéraire : en réalité, il ne s'agissait pas d'une adaptation au sens strict. Les cinéastes s'étaient concentrés sur certains éléments du roman pour bâtir une intrigue captivante, opérant une sélection judicieuse de ce qui se prêtait le mieux au cinéma. La plupart des critiques y virent une distance respectueuse, préservant l'intégrité du livre tout en donnant naissance à une œuvre cinématographique de grande qualité.

Le mélodrame de Lamprecht offre un aperçu du cinéma allemand des débuts. Grâce à une excellente distribution, le réalisateur a réussi à créer une œuvre de qualité, bien qu'elle ne puisse évidemment pas soutenir la comparaison avec le roman. En visionnant ce film, il convient de garder à l'esprit qu'il est le fruit d'un cinématographe alors encore balbutiant. En 1923, les jeux de reflets et de réfractions de l'intrigue, captés dans des miroirs ou des vitres, constituaient une innovation. La représentation ou l'interprétation des rôles féminins peut encore nous sembler révolutionnaire aujourd'hui. Nous sommes alors six ans avant la sortie de Loulou (Die Büchse der Pandora) de Georg Wilhelm Pabst.

 

 Photogrammes du film Die Buddenbrooks de Gerhard Lamprecht (1923).

 

Les adaptations des années 1950 

« Königliche Hoheit » est un roman de Thomas Mann paru en 1909. Il s'agit du troisième roman de l'auteur, écrit entre l'été 1906 et février 1909.  « Königliche Hoheit » (Altesse royale) se distingue par une atmosphère proche du conte de fées. Le roman dépeint un jeune prince rêveur et peu au fait des réalités du monde, qui s'engage dans un mariage de convenance finissant par devenir heureux. Cette intrigue s'inspire de la propre idylle de Thomas Mann avec Katia Mann, qu'il a épousée en février 1905. Publié pour la première fois en 1909 dans la revue « Die neue Rundschau », le roman a suscité un grand enthousiasme auprès du public. Toutefois, l'accueil de la critique a été plus partagé.

En 1953, le scénariste et réalisateur Harald Braun porte à l’écran Son Altesse Royale (Königliche Hoheit).  Ce film ouest-allemand, tourné en Gevacolor, est réalisé aux studios de Göttingen et en décors naturels dans les environs de Fulda, en Hesse. Les décors ont été conçus par le directeur artistique Walter Haag. Le film fera bien l’objet d’une sortie en France. Il s’agit donc de la première adaptation de Thomas Mann vue sur les écrans français.

 

 Harald Braun porte à l’écran Son Altesse Royale (Königliche Hoheit).

En 1957, Kurt Hoffman adapte pour la première fois[3] « Les Confessions de Félix Krull » (Bekenntnisse des Hochstaplers Felix Krull), roman clé du genre picaresque et resté inachevé[4] de l’auteur.

L'ambition de l'auteur était de détourner avec finesse « Poésie et Vérité » de Goethe en en reprenant l'architecture narrative afin de relater les tribulations d'un imposteur au charme irrésistible, aussi dépourvu de scrupules qu'exceptionnellement habile à duper son entourage. Les résumés liminaires des chapitres, calqués sur ceux de l'œuvre goethéenne, renforcent cette filiation parodique, tout comme le ton volontiers sentencieux qui imprègne l'écriture. Quant au titre, il fait écho aux « Confessions » de Jean-Jacques Rousseau. Parodie du roman d'apprentissage, l'ouvrage s'inscrit également dans la tradition du roman d'aventures et du roman picaresque, à l'image du « Simplicius Simplicissimus » de Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen. De nombreuses résonances avec la mythologie viennent enfin enrichir la dimension picaresque du récit et en approfondir la portée symbolique.

En sa qualité d'héritière littéraire et d'administratrice de l'œuvre de son père, Erika Mann prit part à la préparation et à la validation de cette adaptation cinématographique (ainsi que des réalisations ultérieures). Son intervention relevait avant tout de la préservation et de la transmission de l'héritage littéraire paternel, davantage que d'un véritable travail de scénarisation, même si son nom figure au générique de plusieurs adaptations.

D’une incursion d’Alejandro Jodorowsky dans l’œuvre de Thomas Mann.

La cravate est le premier court métrage muet d’Alejandro Jodorowsky. Il est tourné en 1957. Tous les décors sont faits en carton, ce qui lui donne une esthétique très théâtrale, théâtre dont est par ailleurs issu Alejandro Jodorowsky. Il s’agit de la prmière adaptation[5] de la nouvelle « Les Têtes interverties, Légende hindoue » (Die vertauschten Köpfe) parue en 1940. Un jeune homme (interprété par Alejandro Jodorowsky lui-même) tente de séduire une femme (interprétée par Denise Brosseau) qui est attirée par son corps mais qui repousse son visage. Désespéré, le jeune homme passe devant un magasin où l'on change les têtes ; il décide donc de changer la sienne. La singularité du court-métrage illustre bien l'originalité et l'imagination d'Alejandro Jodorowsky, que l'on retrouve plus encore dans ses films suivants.

La prestation des acteurs (Raymond Devos y fait également son apparition) se base avant tout sur le mime.

 

Alejandro Jodorowsky et  Denise Brosseau dans La cravate, premier court métrage d’Alejandro Jodorowsky en 1957.

 

 

Buddenbrook d’Alfred Weidenmann une réalisation interallemande en pleine guerre froide.

L'adaptation cinématographique des « Buddenbrook » d’Alfred Weidenmann en 1959 était initialement un film en deux parties destinées aux salles de cinéma : la première durait 99 minutes et la seconde 107. Une version ultérieure a été ramenée à une durée de 145 minutes. L'idée d'une seconde adaptation cinématographique du roman circulait depuis 1954. Thomas Mann souhaitait que ce projet soit une production entièrement allemande.  Telle était la condition lors de l'octroi des droits d'adaptation. Toutefois, cette exigence a fini par poser problème. En pleine guerre froide, la DEFA[6] parvint à trouver un distributeur ouest-allemand prêt à collaborer, mais celui-ci jugea opportun de faire approuver ce projet interallemand par le gouvernement de Bonn.

Le gouvernement Adenauer refusa de donner son aval, arguant que cette coproduction « ouvrirait une nouvelle voie à l'infiltration communiste ». Les inquiétudes des responsables politiques suffirent à dissuader le distributeur ouest-allemand de participer au projet. L'initiative échoua, au grand désappointement de Thomas Mann, qui ne vécut pas assez longtemps pour assister à une seconde tentative. Le producteur Hans Abich tenta sa chance au début de l'année 1956 en acquérant les droits d'adaptation auprès des héritiers de Thomas Mann, en collaboration avec la DEFA. Bien qu'il eût souhaité passer outre l'avis de Bonn, Abich se heurta à des résistances politiques qui rendirent le financement du projet impossible. En fin de compte, cette entreprise ambitieuse échoua elle aussi. L'accord de coproduction fut annulé, et les droits furent cédés séparément — pour l'Est et pour l'Ouest — par les héritiers. Le film Les Buddenbrook réalisé en 1959 est une production ouest-allemande ; la partie est-allemande n'a pas fait usage des droits d'adaptation.

 

Nadia Tiller et Hanshoerg Felmy dans Buddenbrook d’Alfred Weidenmann (1959).

Sur le plan de la critique, le film a surtout pâti du fait que les commentateurs jugeaient d'abord le roman et ensuite le film. Thomas Mann disait en 1954 : « Mon livre n'est pas un film, et le film n'est pas mon livre. Il faut éviter les comparaisons autant que possible ! Et si l'on doit comparer, qu'on ne compare pas le film au livre, mais le film à d'autres films. » Le film a toujours joui de la faveur du public, notamment grâce à sa distribution, qui réunit la crème du cinéma allemand des années 1950 : Hansjörg Felmy, Nadja Tiller, Liselotte Pulver, Hanns Lothar, Werner Hinz, Lil Dagover, Walter Sedlmayr, Maria Sebald, Helga Feddersen, Günther Lüders, Gustav Knuth et Horst Janson.

 

 

Des nouvelles adaptées par le cinéaste Rolf Thiele : « Tonio Kröger » et « Wälsungenblut » (Sang réservé ou Les Enfants de Wotan).

La nouvelle « Tonio Kröger » fut publiée en 1903. Tout comme « Mort à Venise », il l'a toujours considérée comme l'une de ses œuvres majeures, la plaçant sur un pied d'égalité avec ses grands romans. En 1930, il déclarait : « De tout ce que j'ai écrit, c'est peut-être l'œuvre qui me tient le plus à cœur. » Ce qui lui plaisait, c'est que cette nouvelle trouvait un écho constant auprès des jeunes, qui s'y reconnaissaient. 

Le film Tonio Kröger de Rolf Thiele sort en Allemagne de l’Ouest en 1964 et concourt à la Berlinale la même année.

Synopsis. L'écrivain Tonio Kröger se remémore avec nostalgie sa jeunesse à Lübeck. Il quitte Florence pour Munich, où il retrouve son amie, la peintre Lisaweta Iwanowna. Partagé entre l'art et l'aspiration à une existence bourgeoise, il poursuit son chemin : d'abord vers Lübeck et la maison de son enfance — devenue une bibliothèque publique —, puis vers un hôtel de bord de mer au Danemark. Là, il croit soudain apercevoir Hans Hansen et Inge Holm, des figures de ses années d'école. Déjà à l'époque, tous deux l'avaient fasciné et avaient éveillé sa passion …

L'adaptation cinématographique de « Tonio Kröger » trouve son origine en 1960, lorsque le producteur italien Emanuele Cassuto acquiert les droits de la nouvelle auprès de la succession de Thomas Mann. Cette acquisition est soumise à plusieurs conditions : le film doit être produit en Allemagne, le scénario doit être rédigé en italien par Ennio Flaiano en collaboration avec Erika Mann, qui est également chargée de la version allemande et de suivre le tournage. Le projet aboutit finalement sous la forme d'une coproduction franco-allemande réalisée par Rolf Thiele.

Le casting réunit plusieurs acteurs de renom. Jean-Claude Brialy est choisi pour incarner Tonio Kröger à la demande de la partie française, en remplacement de Maximilian Schell initialement pressenti. Nadja Tiller rejoint également la distribution grâce à sa notoriété, tandis que le jeune Mathieu Carrière[7] fait ses débuts au cinéma dans le rôle de Tonio adolescent, après avoir été découvert par Rolf Thiele. Les rôles secondaires sont confiés à des acteurs prestigieux tels que Werner Hinz, Gert Fröbe, Walter Giller, Günther Lüders et Theo Lingen. Le scénario est signé par Ennio Flaiano, célèbre collaborateur de Federico Fellini, et la photographie est assurée par Wolf Wirth, dont le travail se distingue par une esthétique raffinée fondée sur les reflets et les flashbacks afin de traduire visuellement l'univers littéraire de Thomas Mann. 

Nadja Tiller (Lisaweta Iwanowna) et Jean-Claude Brialy (Tonio Kröger) dans Tonio Kröger de Rolf Thiele (1964).

Le tournage se déroule entre janvier et mai 1964 à Lübeck, Munich, Florence et Skagen, en utilisant plusieurs lieux emblématiques de Lübeck, notamment l'hôtel de ville et la Buddenbrookhaus. Le film est présenté en avant-première mondiale à la Biennale de Venise en août 1964, puis à Lübeck et au Festival international du film de Berlin, où il représente l'Allemagne en compétition. Rolf Thiele est nommé au prix du meilleur réalisateur dans ces deux festivals. À sa sortie, le film reçoit un accueil critique partagé : la photographie et les interprétations des acteurs sont largement saluées, bien que le choix de Nadja Tiller soit contesté. Si l'œuvre est considérée comme un progrès pour le cinéma allemand de l'époque, de nombreux critiques estiment qu'elle ne parvient pas à restituer toute la richesse et la profondeur de la nouvelle de Thomas Mann.

 

Le film Wälsungenblut (Sang réservé ou Les Enfants de Wotan) de Rolf Thiel, en 1965.

La nouvelle « Wälsungenblut », écrite en 1905, ne fut publiée qu'en 1921. Thomas Mann l'avait retirée de la publication initialement prévue, probablement en raison des ressemblances avec certains membres de sa propre famille et du caractère scandaleux du récit. Le film raconte l'histoire des jumeaux aristocrates Siegmund et Sieglinde von Arnstatt, dont la relation ambiguë dépasse les limites de l'affection fraternelle. Ils succombent eux aussi à la tentation justement après avoir vu l'opéra "Die Walküre" de Wagner.

Cette adaptation reprend également certains éléments d'une autre nouvelle de Thomas Mann, « Ein Glück » (Un bonheur) parue en 1904), ajoutés par Erika Mann et Franz Seitz lors de l'adaptation. A la sortie du film, les critiques sont plutôt sévères, bien que le film reçoive plusieurs Filmbänder in Gold (prix du cinéma allemand).

Le « Handbook of Catholic Film Criticism » (volume VIII) a émis l'avis suivant : « …le film de Thiele, qui trahit une incompréhension de l'œuvre originale, se complaît — sous couvert de critique sociale — dans la représentation délectable des aberrations mêmes qu'il prétend dénoncer. »[8]

Le Lexikon des Internationalen Films a rendu ce verdict : « Érotisme torride et décadence célébrés avec délectation dans un film adapté du nouvel éponyme de Thomas Mann ; une réalisation de Rolf Thiele au style soigné mais prétentieux. »[9]

L'Evangelischer Film-Beobachter a tiré cette conclusion : « Des motifs tirés de la nouvelle méconnue de Thomas Mann, mêlés à des éléments ajoutés librement, ont donné naissance à un sujet de film plutôt insolite ; toutefois, sa réalisation artistique célèbre de manière surprenante le style conventionnel du snobisme social d'une époque révolue. Plus superflu que corrupteur, et tout simplement déconseillé ! » [10]

En somme, Wälsungenblut n'est généralement pas considéré comme l'un des grands films allemands des années 1960, mais plutôt comme une adaptation singulière, raffinée sur le plan visuel, intéressante pour ses thèmes de la décadence et du wagnérisme, tout en restant inférieure à la richesse littéraire de son modèle.

 

[1] Il en était vraiment à ses tout débuts en tant que réalisateur.  Buddenbrooks est le premier film important de la prolifique carrière de Gerhard Lamprecht.

[2] Le film a fait l’objet d’une restauration et d’un ciné-concert en Italie et Allemagne. Il est toujours complètement ignoré en France.

[3] Il convient de citer les deux autres adaptations : la série télévisée Bekenntnisse des Hochstaplers Felix Krull de Bernhard Sinkel (1982) et le film récent Bekenntnisse des Hochstaplers Felix Krull de Detlev Buck (2021).

[4] Ce roman est composé de 1909 à 1911 et du 26 décembre 1950 au 16 avril 1954. À la suite d'une pause de presque quatre décennies, l'écrivain complète la première partie des mémoires de Krull. À 79 ans, Mann, conscient qu'il ne pourra pas achever son œuvre affirme qu'à son sens, ce ne serait pas « un désastre » si son roman restait « grand ouvert ». 

[5] La seconde aura pour titre Org, film argentino-italien ‎de Fernando Birri (1979).

[6] DEFA : La Deutsche Film AG (DEFA) est l'ancien studio et centre de production cinématographique public de la République démocratique allemande, fondé en 1946 et dissous en tant que monopole d'État à partir de 1990, au moment de la réunification allemande.

[7] Repéré par Rolf Thiele dans la cour de l'école Katharineum alors qu'il n'avait que 13 ans, Mathieu Carrière a immédiatement été engagé pour le rôle du jeune Tonio. Deux ans plus tard, il a livré une prestation remarquable dans l'adaptation cinématographique du roman de Robert Musil, Les Désarrois de l'élève Törless de Volker Schlöndorff.

[8] Filme 1965/70, Verlag J. P. Bachem in Köln 1971, S. 339

[9] Klaus Brüne (Red.): Lexikon des Internationalen Films, Band 9, S. 4183. Reinbek bei Hamburg 1987

[10] Evangelischer Presseverband München, Kritik Nr. 46/1965, S. 89

 


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