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Ce n’est pas Dieu qui est mort, c’est le mot qui est un peu usé.

Ce n’est pas Dieu qui est mort, c’est le mot qui est un peu usé.

Par  

« J’étais tellement énervée que je m’exprimai d’un mot, je pensai tout dire mais de toute façon pas moyen de faire une phrase, de formuler… » (Propos d’une amie bipolaire sortie d’affaire, propos tenus longtemps après les faits)

Pour traiter de cette provocation que sont les cercles de Carcassonne, il m’a paru indispensable de procéder à un long détour dans la complexité, dans ma complexité. La provocation peut avoir la vertu, si on lui survit, de nous pousser dans nos retranchements et de nous faire mettre bon ordre dans nos conceptions afin d’encaisser au mieux le choc. Il ne s’agit pas d’en rendre Grace au provocateur. C’est simplement un effet subsidiaire non voulu par celui-ci. Puisque c’est l’art qui est attaqué dans son fondement, tentons de le définir de façon complexe de sorte qu’apparaisse la simplicité du procédé de provocation et ses buts. Ainsi ce détour devrait permettre de le contextualiser dans sa juste perspective. En mettant les mots adéquats sur le phénomène, on le matérialise, on peut se l’approprier et en minimiser les effets toxiques.

L’Umwelt et la constitution

Le biologiste et éthologue allemand Jacob Von Vexkull a posé le concept de « l’Umwelt », environnement, en allemand, c’est le monde environnant qui intègre la constitution et donc le système cognitif spécifique de chaque espèce, ce que l’on peut appeler la sensibilité avec cette fois la même nuance de neutralité que quand on dit mentalité. Une même grotte est une toute autre réalité pour une chauve-souris quasi aveugle et dotée d’un sonar que pour un humain. Qu'on le veuille ou non c'est la sensibilité qui amène l'information à la mentalité et en sens inverse, c'est aussi la sensibilité qui met des limites, en tant que corporalité sociale et individuelle, à la réalisation des utopies produites par la mentalité. On trouve cela notamment dans la pensée de type scientifique qui intègre le concept et les sens car toute théorisation se double de mesure, mesure qui désigne autant une vertu que l'emploi circonspect des sens. On parle d'entendement, de discernement, de conception, ce sont autant de mots essentiels qui impliquent le corps et l'esprit. On peut les classer ainsi après coup ces utopies en morbide ou vitale, bonne ou mauvaise, en tout ou partie. Idéalement, il faudrait tirer les leçons de chaque cycle et ne garder que le meilleur, améliorer sans cesse. C'est le triple sens du mot « sens », à la fois signification, direction et cognition.

« Ce que nous observons, ce n'est pas la Nature en soi, mais la Nature exposée à notre méthode d'investigation. » disait Heisenberg, un des fondateurs de la physique quantique. De même la relativité intègre l’observateur dans la théorisation de sorte que le temps et l’espace sont remis en cause en tant qu’instruments de représentation utiles et propre à notre espèce. C’est une science consciente d’elle-même, autant que faire se peut, c’est bien l’expérience des limites. On connait la subjectivité psychologique ou culturelle, mais en amont de celle-ci, en amont de toute production de pensée, il existe une subjectivité d’espèce, une subjectivité cognitive à laquelle il est impossible d’accéder directement, mais dont on fait l’expérience dans les sciences ci-dessus évoquées et dans les expériences artistiques classiques ou sportives de haut niveau. Classiques, car il s’agit de se confronter au réel avec notre constitution pour éprouver ses limites en action (art figuratif dit académique ou danse classique ou traditionnelle qui respecte et est une science du corps et de ses limites.)

Le fait biologique

Si on adopte le point de vue du biologiste et que l’on le tourne sur nous-même, et si on pense avec trois catégories : constitution, survie et environnement, on s’immerge dans la nature en entier, corps et esprit, quelle que peut bien être la fonction de la pensée dans cette perspective utilitariste maximale.

Ne nous y trompons pas, dès que l’on emploie le mot « intérêt », il y a la survie qui pousse. Pour les classes riches le rapport est plus indirect, les riches pensent « espèce » tandis que le pauvre pense « individu », ce sont presque deux « Umwelt » irréconciliables. L’idée est qu’en allant au bout de la contingence on peut faire apparaitre la transcendance avec plus d’éclat par contraste et exclusion.

A cet égard, il se peut que nous ayons une forme d'intelligence adaptée à la préhension. De fait, « le nom n'est pas la chose », outre le fait qu'il désigne la chose, ce qui correspond à un geste primordial de la main, bien souvent il est son utilité, sa fonction. On en revient toujours au faire, aux homos sapiens et saber unifiés. « L’Umwelt » appliqué à notre espèce me semble un bon angle pour démontrer, au moins intellectuellement, la nécessité de l’existence d’une conscience supérieure à la nôtre.

De fait, nous sommes une espèce non spécialisée constitutivement parlant, doté d’une main incomplète, incapable d’assurer à elle seule la survie si elle n’est pas prolongée d’un outil. Ainsi la constitution cérébrale, dans une perspective biologique, est d’abord au service du corps. Elle l’est principalement de la main, qui est une pince, avec son pouce opposable, le propre de notre constitution cérébrale, miroir de notre anatomie, est la faculté créatrice qui permet de produire et de piloter les dits outils, elle est la capacité même de produire des outils. Ce qu’on appelle le verbe improprement, c’est plutôt la syntaxe et non le son qui nous appartient en propre, le langage articulé. Cette pensée créatrice efficiente de type scientifique qui peut faire acte utilement, est certainement le pendant cérébral de notre faible constitution. La plupart des autres espèces ont des comportements moteurs davantage préétabli par leur constitution spécialisée au regard de la survie. Cela n’exclut pas une part de décision et d’adaptation à l’environnement à chaque instant.

Ainsi en allant au bout de la nécessité de traquer sous toutes ses formes la pensée articulée créatrice, cette dernière apparaît comme un don, tout comme le corps. Elle fait des outils et dirige utilement l’énergie produite par le corps dans des stratégies sans cesse renouvelées. De fait la pensée dirige l’énergie générée indistinctement par le corps, c’est le sens , dans un temps court, du principe du commerce «  l’envie crée le besoin » . Le désir autrement dit l’excitation se cristallise sur un objet et se décharge dans l’acte d’achat ( jusqu’aux achats compulsifs irrépressibles de nombre de bipolaires qui se cantonnent  sans doute aux stratégies à court terme par faiblesse du discernement ). Dans cette perspective vitale on ne peut pas dissocier la pensée de l’acte qui en résulte, ni l’acte de son efficience au regard de la préservation de l’espèce et de l’individu. Le concept, en tant que faculté de discernement, est un don de la nature à l’instar du corps. Sous l’angle biologique, il est à son service et non l’inverse, nous ne faisons pas exception. Ce ne peut être qu’une étincelle d’essence divine adaptée à la forme humaine. Si la pensée conceptuelle articulée est un don, elle ne peut que procéder d’une conscience supérieure probablement à la fois immanente et transcendante, concentrée et diffuse, selon son bon vouloir.

L’Alphabet – la Syntaxe

Si on admet que le concept est au service de la main, on comprend qu’il soit réducteur. Il ne faut pas lui en vouloir, c’est sa nature. Il s’agit de donner à une chose, ou par extension à une situation, une personne, le statut d’outil, lui conférer une utilité. Le concept chosifie, réifie, on le sait. Les sens multiples des maîtres mots suivants sont des aveux d’utilitarisme : saisir, comprendre, concevoir, manipuler, … ces mots associent la main, le concept et l'utilité. Le concept est entaché d’utilitarisme et de nécessité. 

Le mot « formuler » renvoie au langage articulé et au règne matériel, nous avons une trentaine de petits muscles autour de la bouche qui permettent le langage articulé, c ‘est une spécificité anatomique.

D’autres maîtres mots sont focalisés discernement, ils impliquent le sens visuel et le concept toujours avec une nuance d’utilité vitale. Il s’agit de discerner pour l’homme, dans son champ visuel, ce qui est forme et fond, quel objet pourra servir en tant qu’outil ou arme. C’est la constitution cognitive neurolinguistique utilitaire qui donne au fond et à la forme leurs statuts respectifs, il s’agit bien d’une subjectivité d’espèce ou objectivité relative. On trouve la trace de cela dans tout, avec l'apprentissage de la lecture, les dessins d'enfants perdent leur nécessaire unité qui plaît à l’œil. L'artiste adulte doit ensuite composer son image pour compenser. C'est aussi la source de tous les totalitarismes, quand une partie devient le tout.

Il est curieux de constater le côté extra humain des savoirs faire. Dans leur principe, en effet, ils s’acquièrent et se perdent à un âge avancé, à moins que l’on ne retourne en enfance. C'est cela aussi qui fait qu'on ne peut appréhender qu'un côté à la fois d'un phénomène complexe et que l’on a la nécessité soit de le paramétrer, soit de repérer autant de paramètres observables que possible avant de le mettre en équation, en espérant qu'ils seront prépondérants. C'est sans doute aussi le sens du principe d'incertitude d'Heseinberg qui ne s'applique pas à un phénomène complexe conceptuellement, mais dont les mesures le sont en raison de l'échelle particulaire.

On ne peut mesurer avec précision qu'une propriété à la fois, d'une particule élémentaire. Tout se passe comme si l'autre propriété passait dans le fond. On retrouve là un principe de focalisation. La science la plus avancée reste une projection humaine et est par conséquent un miroir dans l'action de notre constitution, en cela elle rejoint le spirituel, elle est une expérience du « connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux » ou au moins leur possibilité.

L'homme reste biologiquement un artisan

De même avec la dualité onde corpuscule on en arrive à une aberration, une chose ne peut pas être son contraire, c'est pourtant très efficace, on ne sort pas de l'empirique, nos capacités de représentation et de mesure, même prolongées par des appareils, sont inopérantes face à l'infiniment petit. S’il s'agit de produire de la connaissance absolue, de ce point de vue, on ne sort pas de l'empirisme, l'homme reste biologiquement un artisan.

On a aussi l’outil et la culture chez le chimpanzé mais de façon marginale, il lui faut 3 ou 4 ans pour apprendre à casser une noix avec une pierre, cela par imitation et expérimentation laborieuse. Sans possibilité d'ancrage verbal qui se traduit sur le plan moteur par « Je trouve une pierre plate et une seconde suffisamment grosse mais pas trop etc. » Aucune analogie ne lui est permise avec l'expérience antérieure, il est condamné à la méthode globale et à la répétition, l'improvisation lui est interdite.

On peut penser que faute de pouce opposable, son psychisme préétabli, psychisme à l’état de potentiel d’aptitudes, ne lui permet pas l’apprentissage de comportements séquencés, « syntaxiques », sauf à la marge. Par contre il peut mémoriser une scène entière en une fraction de seconde, sa mémoire visuelle instantanée est très supérieure à la nôtre. Cela correspond très probablement à sa constitution et à la nécessité de sauter d’arbre en arbre. La pieuvre qui a au fond une constitution manuelle est étonnamment intelligente pour un mollusque, elle vit en couple stable (certains diront que ce n’est pas un critère d’intelligence) et est capable d’ouvrir un bocal.

Pour en revenir au chimpanzé, il n’a pas le verbe, plus exactement il n’a pas la syntaxe, il exprime ses émotions instantanément par des onomatopées. Sujet-verbe-complément c’est une stratégie comportementale complexe et inventive. La syntaxe est certainement d’essence divine. Hubert Reeves dans « L’univers expliqué à mes petits-enfants », explique que l’univers est construit comme une parole, il constate les propriétés émergentes des atomes assemblés, puis des molécules etc.

H l’hydrogène, O l’oxygène, H2O l’eau. Étant assemblés à partir d’atomes, les corps résultant ont de toutes autres propriétés que les atomes qui les composent, on peut penser que « la matière est Verbe de Dieu » ce qui n’empêche en rien qu’il se soit manifesté dans les affaires humaines par inspiration ou incarnation. S’il s’est manifesté, pour être entendu, ce ne peut être que dans une telle forme dans un temps et un lieu donné. Tout ceci est ou se veut de la poésie, de la poésie scientifique… 

L’art – la poésie

Théoriser est utile mais la poésie est un « lâcher prise » de l’instinct de possession, parfois plus efficient en matière humaine. Ce qu’on perd en précision on le gagne en profondeur. La poésie, quand poésie il y a, fait exception « la forme, c'est le fond qui remonte à la surface » disait Victor Hugo et il évoquait la beauté comme « l'infini contenu dans un contour », il n'y a donc pas de dissociation possible, l'univers de l'artiste est évoqué dans son unité. La poésie ne se préoccupe pas de preuve, elle ouvre des perspectives au-delà du matérialisable.

Il y a deux choix, qu’on peut alterner : soit on focalise, on matérialise ; soit on contrôle sa peur et sa volonté de puissance, manifestations au fond respectivement de l’instinct vital et de l’élan vital, on ne cherche pas à « prendre la main » sur la situation (faire en sorte que la non préhension ou l'incompréhension momentanée ne débouche pas sur de l’appréhension) et on tente alors tant bien que mal de percevoir l’ensemble d’un coup d’un seul. Cela nécessairement et a contrario avec tout ce qui fait son être, c’est le rôle de la poésie et de la pratique artistique savante. La poésie est holistique, systémique.

La finalité de l’art est la poésie

Seul Dieu peut être parfaitement objectif, seul Dieu n’est pas limité par une subjectivité cognitive finie d’espèce ou objectivité relative. Néanmoins, nous sommes dotés d’une possibilité de création adaptée au monde fini de la matière et non au vivant dont la complexité est infinie. Ceux qui ont fait le meilleur usage en acte, de façon incarnée du concept, en ont perçu à la fois la nature ontologiquement utilitaire et les limites. Leonard De Vinci dans « Pintura e cosa mentale » l’atteste à la suite d’Aristote : le fait qu’une image à deux dimensions donne l’effet du vivant est d’une telle complexité que toute les ressources de la science de la peinture sont nécessaires mais non suffisantes.

La finalité de l’art est la poésie, mais pour ce faire il doit satisfaire autant les sens que l’émotion et le jugement et au final, la subjectivité individuelle. Les sens entrent en résonance avec le principe d’harmonie de l’orchestration des couleurs et des sons ; l’émotion est convoquée (cf. neurones miroirs) ; la subjectivité individuelle intervient mais le fait qu’elle soit touchée n’est pas un critère de l’art mais un but, l’artiste a ainsi trouvé son public. La subjectivité individuelle est touchée malgré elle, presque inconsciemment, elle participe mais n’est pas la cause de l’état émotionnel, elle a un rôle passif. C’est l’œuvre qui déclenche l’émotion ou le sentiment en tant que media autonome. Si on réfléchit, ce n’est pas de l’art ni de la poésie, l’effet de l’art est immédiat, le jugement est satisfait aussi dans le sens qu’a un niveau suffisant de performance l’esprit critique n’est pas activé et ne fait pas obstacle à l’épanouissement du sentiment, aussi la subjectivité individuelle fait que l’on partage suffisamment de références pour recevoir les émotions spécifiques de l’artiste portées par son œuvre.

Tout ça pour dire qu’avec les cercles de Carcassonne, on est loin du compte. C’est clairement trop simple pour être de l’art intrinsèquement, c’est un concept matérialisé, une anamorphose énorme et jaune, c’est froid, sec et impersonnel, il ne faut pas bien sur amalgamer provocation, colère et sentiment. 

Les cercles de Carcassonne, l’officialité

Si ce n’est pas de l’art intrinsèquement, ce ne peut être que de l’art officiel. Ce que l’on reproche le plus à un art officiel, au fond, c’est de nous formater. C’est tellement vexant que le reproche est quasi inconscient, de fait, il se donne tellement de mal qu’il finit par y parvenir à l’usure.

Ces cercles ont donné lieu a pétition voici les termes :

« Une "magnifique" œuvre d'art contemporaine vient d'apparaître sur un magnifique monument historique, chef d'œuvre d'un autre temps, façonné durant des siècles. Il est très clair pour moi, et, je pense, pour beaucoup d'autres, que ces cercles qui n'ont rien d'artistique (car pour moi, une œuvre d'art doit être travaillée, réfléchie, précise, quelque chose qui sort de l'ordinaire, parfois proche de la perfection) ne font que défigurer la seule et unique œuvre de cette photo.

- Que vont penser les touristes qui viendront voir la cité de Carcassonne pour la première et dernière fois ? Quelle image auront-ils, si ce n'est celle d'un gilet jaune fluorescent (vous savez, ceux qu'on met dans la voiture !) … ?

- Cela ressemble à une cible, en ces temps incertains, avec ce qu'il vient de se passer, comment oser ? Ne serait-ce que par principe, cela doit être supprimé.

- Le "centre historique" de Carcassonne est quasi à l'abandon, les bâtiments tombent en ruine, des tags fleurissent, mais repeindre les volets de votre appartement d'une couleur qui ne "correspond" pas, et vous vous faites enfoncer par les bâtiments de France.
Toutefois il semblerait que là, tout soit OK ! Une histoire d'argent ? 
»

Il n’y a rien à ajouter dans la presse, la vox populi qui s’exprime parfaitement ci-dessus, n’a pas été relayée autrement que d’une phrase laconique : « l’œuvre donne lieu à contestation ». La rue gronde, il y a de quoi pourtant en l’espèce, l’auteur aurait pu ajouter « que va donner la saison touristique ? », tout ça, est d’une grande violence, par phénomène d’inversion, la vox populi a sûrement plus et mieux à dire que la vox officielle qui a pris la décision de cette performance.

Des médiateurs vont descendre à Carcassonne pour expliquer le projet de l’artiste aux gens

Des déprédations ont été commises sans doute à hauteur d’homme, la presse locale s’est empressée de rappeler la loi et les risques encourus et de préciser que des caméras ont été installées. Il existe depuis 2016 une loi spécifique pour protéger ces œuvres d’art contemporain, toutes les œuvres certes sauf que pour un tableau figuratif on n’aurait pas pensé à écrire une loi de plus. Nathalie Heinich elle-même considère que ça va trop loin. Ce qui fait qu’avec ce droit autonome, on a de beaux conflits de droit. Ainsi une performeuse qui s’est exposée nue au Louvre a réussi à faire admettre le caractère artistique de son action et à échapper au chef d’exhibition, par contre un autre « performeur » qui a brulé la porte de la Banque de France à Bastille, n’a pas réussi n’a convaincre le juge… Tout ça, est très sérieux. « L’œuvre » a été restaurée, pourtant pour une chose destinée à être retirée en Septembre, c'est beaucoup de dramatisation. Des déprédations se sont poursuivies récemment. France 3 local nous apprend que des médiateurs vont descendre à Carcassonne pour expliquer le projet de l’artiste aux gens. Quant au financement, l’artiste à qui on a posé la question, s’en est tiré par une pirouette « est ce qu’on demande combien coutent les bombes en Syrie ? », drôle de pirouette… à croire que l’idée de la cible exprimée dans la pétition ne lui a pas déplu.

Qu’est-ce que cela dignifie ? Bulshit !!

Si on garde l’hypothèse d’art officiel quel est le message ? Ça peut être, si on cherche un sujet, une interaction passé présent, en adoptant le jargon on pourrait dire : « l’artiste a voulu mettre en perspective, questionner les références historiques du commun au regard de la modernité machiniste dont son œuvre, pur concept géométrique, est dans sa sobriété et l’effacement de toute intervention personnelle dans son œuvre, démarche volontaire préfigurant la suprématie à venir de la machine sur l’homme, cette tension entre modernité et avant préfigure l’inquiétude etc. »

Bulshit !! Tout ça on le sait, on le vit, aucune valeur ajoutée. Ce qui est certain, c’est qu’en raison de sa simplicité et de sa monumentalité, la chose force le regardeur à se demander si c’est bien de l’art puisqu'officiellement ça doit en être, la charge de la preuve contraire lui incombe. On est provoqué et contraint de choisir son camp, c’est de l’art ou ce n’est pas de l’art, la chose par sa simplicité et l’intrusion qu’elle représente induit cette question. Elle impose la question. Au fond ce ne peut être qu’une prescription à être simple, binaire, c’est très actuel, la nuance est en train de devenir un tabou. Il faut être phile ou phobe, le phile est un faux phile et par réaction on est rapidement phobe, on a l’étiquette de « réac » et le tour est joué, on est ostracisé et le phile peut continuer ses petites affaires. On est dans le règne de l’affect, on perd l’habitude de faire des phrases, de formuler. Autant faire une réforme de la syntaxe pour simplifier, généraliser la méthode d'apprentissage "globale" qui est déjà un non-sens dans les termes même de son énoncé, des likes, des expressions faciales et des émoticônes ça suffit amplement.


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