Découvrez la collection Mauvaise Nouvelle, aux Éditions Nouvelle Marge.


Ipséité

Ipséité

Par  

Je
Moi
Ce qui m’entoure

Quelque chose
Qui vient se glisser dans les phrases
Et que je ne connais pas

Que je ne connaîtrai jamais

Qui insiste et qui dure
Malgré le temps passé a attendre
Quelque chose en les mots de plus que nous
En cet avenir circonstancié
Qui danse et marche
Quelque part sur les hauteurs

Je pense
Tout s’effiloche en moi
Dès l’instant où se lancent les fanaux d’un texte obscur
Sur la mer gelée d’une conscience économe de ses yeux
Et de ses moyens propres
Au delà d’une nuit infirme de ses reflets

Signes sensibles
D'une représentation spontanée
Qui tente d’excéder le tout d’un dire
en sachant qu’elle ne peut être que partielle et partiale

dehors ;dedans
souvent, quelquefois
j’appartiens au monde
a ce penchant qui me fait naître
pour annoncer cette nouvelle donne
sur les arêtes d’une langue
qui inverse les voies d’accès au silence
excédant tout dire dans le dire du même et du différent
aux confins du visible et de l’invisible
dans les secrets d’un indicible inaudible
par ailleurs condensés en leur plus petit dénominateur commun
qui surgit au plus près d’une absence de mots
d’une absence dans les mots
délivrant un autre silence plus profond encore
comme une silhouette voilée dans la pénombre d’un non dit
 
immédiateté sans origine
qui englobe des formes connues et inconnues
avec ce fond qui cherche à se dire malgré l’indicible reconnu vacant

 
penser l’ailleurs d’un autre temps
en cet écrin sensible qui approche le tout
d’avant son origine
juste après la renaissance d’un secret
a l’extrême pointe d’une durée fertile
qui franchit les lisières de la nuit
et plonge dans le drapé des mots
cloués à la lumière des sons

 
j’applique ce qui se planque derrière les murs
contre cette nuit fertile des adrets

j’expose le temps qui explose à l’intérieur des feux
sur les parois brûlées par les fusains de l’aube

la nuit
brutale
est encore loin
de nos yeux

s’étire le présent
sur des lignes fractales
aux antipodes du futur

l’épaule
saigne

moi
je
balbutiant
sous la pluie

sur et vers le silence

 

Illustration : rythme humain, Lionel Borla.


Mauvaise NouvelleActe I
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