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Petit essai sur l’art autoproclamé contemporain et officiel #7

Petit essai sur l’art autoproclamé contemporain et officiel #7

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L’art contemporain est un art officiel subliminal au service de la promotion du vide

Tout le monde produit du pouvoir

Dans l’épisode précédent, nous avions conclu que l’art contemporain officiel était un club fermé de riches où le talent n’est pas vraiment nécessaire. A ce titre, il me semble que l’on peut formuler comme suit, la pulsion d’emprise sociale mise en évidence lors des expériences de Milgram : un individu de peu de gout ou doté d’un seuil de satisfaction bas, va intérioriser les normes, qu’elles que soient les normes, en contrepartie de son intégration dans le groupe et surtout en contrepartie d’une parcelle de pouvoir, d’un rang au sein du dit groupe. Il va aussitôt devenir prosélyte, un zélote de ces normes, puisqu'un peu de pouvoir est le prix de son aliénation volontaire. Ce faisant, il va modifier sa façon de penser, il va soit intérioriser ces normes à divers degrés, soit en être totalement dupe, soit partiellement. Le prosélytisme exercera un « feed back » sur ses propres représentations d’autant plus fort que l’est l’emprise et la dépendance au groupe (cf. Théorie de l’engagement Influence et manipulation de R Cialdani.) Ceci est un fait de nature, dans sa forme perverse, c’est le mécanisme d’embrigadement sectaire. Mais ce n’est pas pour autant une critique systématique de la norme, certaines sont bénéfiques et peuvent être acceptées en pleine conscience, la question est : quelle norme et pour quoi faire ? Quand il s’agit de l’art contemporain, c’est assez pitoyable. La transgression ad vitam aeternam est telle qu’il va ne plus rien rester à transgresser ou bien un parfum du Zen des Japonais, un parfum seulement, pour légitimer ces salles vides avec un détritus au milieu…

L'art contemporain est une publicité générale pour la consommation

L'art conceptuel fournit l'esthétisation adéquate à la civilisation de la consommation et de la déambulation. L’histoire nous apprend que toute propagande se double d'une esthétique. Si on déambule toute une nuit blanche (budget 1.2 millions d'euros) devant des objets d'art de peu de sens, il devient chic et élégant de déambuler puisque ce sont des objets d'art sanctifiés par le musée et par l’autorité du marché. Or déambuler ne mène à rien, le vide mène à l'envie et l'envie mène au besoin, selon les lois du commerce. Globalement, vu dans sa fonction sociologique ou ce qu'elle devrait être, l'art contemporain est l'art frustrant, émotionnellement, sensoriellement, spirituellement. La frustration déséquilibre, elle crée une sorte d'appel d'air et la vitalité se concentre alors dans ce qui reste possible, l'envie d'obtenir une chose ou une autre. L'art contemporain est une publicité générale pour la consommation.

La déambulation hébétée devant l'art contemporain valorise : on doit se trouver beau et intelligent quoi que l'on fasse, au moins net, propre et socialement intégré. Nous aboutissons à la déambulation insatisfaite dans les centres commerciaux et les longs couloirs de commerces des centres-villes. C'est congruent. De même que le culte du corps et, la forte et virile identité préparait une population de guerriers, quand le pouvoir était de nature territoriale, de même le réchauffement climatique, tout réel qu'il soit, est recyclé psychologiquement en une nouvelle culpabilité de masse de type sectaire qui veut nous habituer à ce que nous soyons de trop, l'art contemporain se rêve manipulateur de masse. Il entend apporter sa contribution au chaos maîtrisé de l'ingénierie sociale qui remplace le chaos absolu de la guerre devenue non rentable sous nos cieux en raison de l'arme atomique.

En conclusion, l'art contemporain est bien un art officiel, pour s'en convaincre il suffit de considérer les budgets alloués. Personne ni aucune organisation ne dépense de l'argent sans anticiper un retour direct ou indirect, en particulier en temps de crise quand l'argent est roi. Historiquement ce qui fait l'art officiel c'est simplement l'engagement financier du pouvoir et les directions données en contrepartie. A toutes les époques l'art officiel a été une sorte d'échange entre un intention du pouvoir, protecteur de arts, et une adhésion du public flatté dans son ego et séduit et éduqué par la beauté des propositions architecturales, picturales, sculpturales. Ce qui est trompeur est que l'art contemporain est un art officiel à sens unique dans le sens qu'il n'y a pas l'adhésion du peuple. Il ne donne rien, c'est un art officiel qui ne s'assume pas en tant que tel, c'est un art officiel subliminal au service de la promotion du vide.


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