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De l'assassinat en politique

De l'assassinat en politique

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Il est d'usage de dire qu'on n'est jamais mort en politique. Ainsi Alain Juppé a-t-il récemment déclaré : "En politique, on n'est jamais fini. Regardez-moi." Cependant, la mairie de Paris semble faire exception à la règle. Jean Tibéri et Philippe Séguin n'y ont-ils pas enterré leurs carrières politiques respectives ? 2014 ne fera pas exception : Anne Hidalgo ou Nathalie Kosciusko-Morizet laisseront leur avenir politique dans l'arène des municipales parisiennes. Vae Victis ! Il y a peu à perdre pour la candidate socialiste, il est vrai. Mais pour NKM l'enjeu est de taille, c'est au moins une carrière ministérielle qui se joue, au mieux un destin présidentiel.

Chronique d'une mort annoncée


Le chemin parcouru par NKM est déjà grand : exit les candidatures de Rachida Dati ou de François Fillon, exit une candidature Borloo, exit tous les autres. La primaire remportée brillamment lui donne une solide légitimité et ses opposants les plus virulents se sont ralliés à sa cause. Mais, en dépit de ces succès et d'un contexte national pour le moins favorable, la partie est loin d'être gagnée pour Madame Kosciusko-Morizet. Il y a même fort à parier que la majorité sortante sera reconduite dans la capitale, ne fût-ce que par le jeu des arrondissements. Surtout, il y a les éternelles divisions de la droite parisienne, presque une tradition.

Les esprits naïfs - dont votre humble serviteur fait partie - auraient pu croire, par la grâce des primaires, à la communion de toutes les obédiences de l'UMP parisienne. Que nenni, Charles Beigbeder, qui ne fut pourtant pas candidat à l'investiture de l'UMP, vient d'annoncer la constitution d'une liste dissidente face à Nathalie Kosciusko-Morizet.

De la mort à l'assassinat…


Dans le cas probable d'une défaite de la droite, Monsieur Beigbeder portera aux yeux de l'opinion la responsabilité de cet échec. Ses mains seront marquées à jamais du sang de Nathalie Kosciusko-Morizet, comme celles de Valérie Trierweiler portent celui de Ségolène Royal, dont la défaite était pourtant inévitable. Par un tel geste, l'assassin signe son propre arrêt de mort ; a contrario, que sa défaite apparaisse comme la conséquence d'un couteau planté dans son dos est à coup sûr le seul espoir de survie de NKM en cas de défaite en mars prochain.

Un autre adage politique dit qu'il y a deux types de dissidents : ceux qui perdent et ceux qui gagnent, alors que les uns restent maudits des années durant, les autres sont rapidement réintégrés dans leur parti. Peut-être est-ce le fol espoir de Monsieur Beigbeder ? Soyons sérieux ! Qu'il retire sa candidature au plus vite, c'est ce qu'il peut arriver de mieux à la droite, c'est ce qu'il a de mieux à faire.

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