Découvrez la collection Mauvaise Nouvelle, aux Éditions Nouvelle Marge.


La liberté pour quoi faire ?

La liberté pour quoi faire ?

Par  

Hommage conjoint à Bernanos et à Lénine

Au moment même où le Président Macron, devenu, par on ne sait quel tour de passe-passe communicationnel, de chef de guerre sonnant la trompette de la mobilisation générale qu’il était, le nouveau chevalier blanc de la liberté de respirer, se décidait (quel crève-cœur !) à nous refourguer le dernier modèle de confinement, new look, soft, oxygéné, version hybride des modèles les plus performants et les moins contraignants de l’ingénierie sécuritaire et sanitaire, on apprenait tout ensemble que la 5G arrivait enfin à Paris (comme partout) et que le vaccin astrazeneka (bracadabra), non seulement ne posait aucun problème de caillots sanguins mais même, peut-être, en sus de toutes ses autres vertus, en diminuait le risque. Joie ! Noël, Noël ! On allait donc pouvoir enfin généraliser le travail en ligne et faire basculer la totalité des services administratifs au public sur des plates-formes qui garantiraient l’absolue uni-latéralité des relations services-usagers, ces derniers accédant enfin au statut d’assistés-assiégés mentaux à qui il n’appartiendrait plus que de cliquer oui ou non, blanc ou noir, selon des procédures obscures dans lesquelles n’entrerait plus jamais en ligne (de compte) qu’ils pourraient tout simplement n’avoir aucun besoin des services qu’on leur propose. On allait même, peut-être, pouvoir se faire tester et vacciner à distance, sans contact. Comment, dans ces conditions, ne la gagnerions-nous pas, cette « course » haletante, passionnante, dont le premier ministre semblait si exalté qu’il envisageait même, aussitôt, de se faire vacciner lui-même en direct sur le plateau, pour notre plus grande édification ! C’était magnifique !

Il n’y a que les médecins qui continuaient à se montrer grognons. Pensez donc, ils s’attendaient à un vrai bon gros confinement, dur, serré, pour que ça arrête au plus vite de bouger dans tous les sens, ces populations qu’il fallait vacciner au plus vite (leur ministre l’avait dit : « Un pays vacciné, c’est un pays qui retrouve sa liberté »), comme du bétail, en colonne par deux, comme à la guerre. Au lieu de cela, regardez : avec les écoles fermées, ce sont des millions d’enfants, de jeunes, de moins jeunes, et des centaines de milliers de professeurs et de surveillants de cantine ou d’internat, d’agents de toutes sortes, qui se retrouvent en vacances pour quatre semaines. Comment être sûrs que tout cela ne se mette pas à s’agglutiner, comme le gruyère dans des nouilles trop cuites, pour former d’horribles paquets de contagiosité ? Ils n’avaient décidément rien compris, ces idiots de médecins, et le gouvernement a tenu bon : il a pris « le risque » de la liberté… La liberté ? Mais de quoi parlons-nous, exactement ? Il faut comprendre ce que signifie exactement ce mot, dans la tête d’un « informé » du « monde d’après »…

Le modèle, clairement, c’est Israël, c’est l’Afrique du Sud, c’est l’Australie. Là-bas, voyez-vous, les gens passent leur vie à manger des pizzas en sirotant de la menthe-à-l’eau et de la grenadine sur des terrasses de café vaporisées et climatisées. Cela ne fait-il pas rêver ? Ils ont des lunettes de soleil, des chemises à fleurs et des casquettes à l’américaine. Ils sont propres et bien-portants, et ils jouent au tennis. Pour un peu, on en oublierait qu’ils ont des soldats qui patrouillent partout sur les plages et des frontières hermétiquement fermées pour empêcher les grouilleux d’arabes ou de nègres mal peignés de s’infiltrer dans leurs surfaces commerciales surprotégées. C’est que la liberté n’est pas du tout ce que nous croyons, nous autres Français de la vieille France et de la vieille Europe… La liberté, c’est l’auto-discipline décomplexée. D’abord, vous vous branchez sur le réseau, les réseaux, tous les réseaux, et vous vous mettez dans le rythme, vous laissez votre corps penser à votre place. Là, vous êtes bien ? Oui, vous écartez spontanément toutes les raisons que vous pourriez avoir de douter de ce qui est officiellement admis : les normes, les consignes de sécurité, les injonctions contradictoires. Vous regardez seulement le label, la marque de fabrique, la mention de fiabilité, l’attestation de conformité. Il y a des sites sécurisés, des détecteurs de fake-news, des filtres à mensonges. Calez-vous là-dessus et bougez, bougez, bougez. Il n’y a que le virus et le tabac qui tuent, collez-vous un patch sur le crâne et tendez gentiment la patte pour qu’on vous inocule une goutte de perlimpimpin dans le sang, vous êtes assurés de gagner le ciel. C’est ça, la liberté, c’est ça, la vie !

Au lieu de cela, faut-il que nous soyons assez bêtes pour continuer à croire qu’il y a des « libertés fondamentales » pour lesquelles il pourrait valoir de donner sa vie ? Mais c’est cela, imbéciles, qui a obligé les Allemands, à partir de 1933, à mettre en place des camps de concentration dans lesquels on triait les gens pour savoir lesquels avaient le droit de vivre et desquels il fallait impérativement se débarrasser. Pensez-vous que les scientifiques qui éclairaient le Conseil de défense permanente qu’était devenu l’Etat nazi (eu…thanasie!), que les experts en communication et les techniciens supérieurs d’un pays si hautement doté de tous les moyens d’œuvrer pour la santé et la sécurité de tous, auraient de gaîté de cœur décidé de traiter le troupeau humain en sacrifiant délibérément les plus faibles, en réduisant à néant les inutiles, en éradiquant sans pitié les facteurs de dégénérescence de la race ? Ils n’auraient rien eu de particulier à reprocher aux Juifs, si ceux-ci n’avaient constitué un risque réel de contamination pour la race arienne et ne s’étaient aussi obstinément entêtés dans leur saleté congénitale. Croyez-vous qu’ils n’avaient effectué aucun test, qu’ils n’avaient pas respecté les sacro-saintes procédures de vérification, avant de soumettre toutes les populations dont ils avaient le contrôle à cette discipline de fer qui seule permettait à la solution finale d’atteindre à sa pleine efficacité ?

Mais l’Europe était réellement gangrenée par cette maudite idéologie, nourrie par des siècles d’obscurantisme judéo-chrétien, qui prétend faire de la personne humaine un absolu ! C’était cela, le problème. Et voilà qu’aujourd’hui, alors qu’on commence à prendre vraiment conscience, en grande partie grâce à l’exemple des Chinois et de tous ces peuples de l’Extrême-Orient dont la moindre vertu n’est certes pas d’avoir su résister à la contagion judéo-chrétienne de la liberté, que, finalement, c’est notre stupide attachement à ces libertés fondamentales qui nous empêche de lutter efficacement contre le virus et d’adopter tout naturellement les gestes qui nous préserveraient de nous-mêmes, oui, c’est à ce moment que quelques arriérés aussi pervers que délirants éprouvent le besoin de réveiller tous les sentiments d’honneur et de dignité dont nous avions enfin cru nous être libérés depuis mai 68 ! Non, décidément, ce n’est pas possible. Il va falloir passer aux choses sérieuses : il va falloir passer à la vitesse supérieure, et mettre en œuvre les grands moyens : l’armée, les pompiers, les vélodromes, les stades. Et vous verrez ce que c’est que la liberté. On va vous vacciner de force – contre vous-mêmes. Et pendant ce temps, tranquillement, gentiment, l’assemblée nationale adoptera les lois du monde d’après. Vive l’euthanasie ! On n’aura jamais été si heureux – de mourir : l’académie de médecine doit être contente.


Urgence et tragédie
Urgence et tragédie
Salauds au secours de la liberté : Touche pas à ma pute !
Salauds au secours de la liberté : Touche pas à ma pute !
Objection : La conscience en danger
Objection : La conscience en danger

Commentaires


Pseudo :
Mail :
Commentaire :