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Ridicule et clientélisme au Panthéon

Ridicule et clientélisme au Panthéon

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Ce mercredi 27 mai 2015, François Hollande a prononcé un discours au Panthéon, à l'occasion de l'accueil de quatre grands Hommes de la Résistance dans ce mausolée républicain.

Prononcer un disours au Panthéon fait inéluctablement souffrir à son orateur une comparaison formelle souvent terrible avec André Malraux. Alors que le poète, sublime, volait sur des mots inspirés en célébrant Jean Moulin, le politique Hollande, ridicule, a buté sur ses notes de biographe amateur et laborieux. Quand la lyre de l'écrivain résonnait dans nos coeurs, la voix de François Hollande ne résonnait que dans son vide. François Hollande est, d'ordinaire, ridicule sans avoir parlé mais ce qui est peut-être plus atroce (pour lui), c'est qu'il le fut davantage encore en ayant parlé.

Sur le fond, François Hollande a notamment voulu confondre le radical (et pragmatique) Jean Zay avec la socialiste (et idéologue) Najat Valaud-Belkacem au milieu d'un discours empreint d'auto-satisfaction et de propos de campagne. Lançant la campagne pour sa réélection, après avoir défendu les réformes en cours, Hollande a lancé "la solidarité n'est pas l'assistance", qui sonne davantage comme un (mauvais) slogan de campagne que comme une vérité proclamée devant la Nation pour l'Histoire. Une fois encore, l'homme politique a pris le pas sur l'homme d'État. Lui qui clamait, autain comme jamais, il y a trois ans "moi Président" n'a toujours pas pris la mesure de sa charge et la gravité qu'elle impose. Qu'il imite son mentor de toujours en entrant vivant au Panthéon ou qu'il s'entoure de héros de la Résistance, rien n'y fait, le costume reste trop grand pour lui ; tandis que son indécence à évoquer devant les grands Hommes les débats politico-politiciens de l'actualité traduisent le peu de cas qu'il fait de la France à côté de sa carrière.

Au-delà du discours, le choix des entrants au Panthéon est lui-même accablant. Non que Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay ne méritent pas un tel honneur, cela est évident mais les raisons de ce choix sont plus que contestables. Personne n'osera sérieusement nier que l'Élysée a choisi une sorte de "panel". Il fallait la parité, on l'a. Il fallait un Juif, on l'a. Il fallait des gaullistes, on a la nièce du général. Il fallait la société civile, on a Germaine Tillion. Il fallait un radical, on a Jean Zay. Il fallait un socialiste, on a Pierre Brossolette (quoique la SFIO l'ait exclu à la veille de son arrestation). On pourra toutefois s'étonner de l'absence de communistes, mais François Hollande sait qu'après ce premier mandat, la gauche de la gauche ne se laissera pas attraper une seconde fois. Cette constitution de la liste des entrants illustre la logique clientéliste de ceux qui l'ont constituée. N'ayant que peu d'égards finalement pour leurs mérites, François Hollande ne voient en ces héros que des représentants des groupes dont ils sont issus. Le communautarisme n'est pas loin, la République et son idéal d'un Citoyen émancipé de tout déterminisme social le sont.


Panthéonade
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