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MN revient en septembre, en attendant, fouillez dans nos 8 ans de textes


Il a soufflé le Paraclet, comme un appel à la Patay

Il a soufflé le Paraclet, comme un appel à la Patay

Par  

De la pentecôte en campagne Orléanaise 2021 au soufflet royaliste en Drôme.
Marc Gandonnière le 18 Juin 2021

« Il savait que le naufrage avait eu lieu, et que l'on flottait sur un radeau bâti de bois d'épave.
La sécurité y était moindre, et les valeurs provisoires, mais, malgré tout, on vivait encore de l'héritage, et il subsistait encore bien des obligations, et bien des moments aussi où l'on continuait à jouir de la vie. Certes, la durée de ce radeau était bien plus limitée que jadis celle du navire.
La dislocation était prévisible. Tout était charpenté vaille que vaille. Si les cordes cédaient, il ne restait plus que l'abîme sans fond des éléments - et qui oserait le braver ? Telle était la question qui, pour l'instant, préoccupait les hommes. (…)
Tous vivaient à la dérive, dans l'attente de la catastrophe - non plus dans l'exubérance, comme autrefois, mais dans les affres de l'angoisse apocalyptique.
Examiner par petits groupes la situation, en tâter les frontières, d'expérience en expérience - ce comportement n'était pas absurde. Il n'y avait là rien de nouveau ; on l'avait toujours fait lors des grandes mutations - dans les déserts, les couvents, les ermitages, dans les sectes de stoïciens et de gnostiques, rassemblées autour des philosophes, des prophètes et des initiés.
Il y avait toujours une conscience, une sapience supérieure à la contrainte de l'histoire. Elle ne pouvait d'abord s'épanouir qu'en peu d'esprits et, pourtant, c'était la limite à partir de laquelle le pendule inversait son battement. Mais il fallait que pour commencer, quelqu'un eût pris sur lui le risque spirituel d'arrêter le pendule. »
Visite à Godenholm. Ernt Jünger

Puisque Mauvaise Nouvelle avec les éditions Nouvelle Marge, marquisats dévoués à la sapience, sont laboratoires du Verbe où l’on conspire les grandes mutations, les aveux et dénis que nous y ferons seront notre défense.

Non, n’accusez point votre serviteur si, Damien Tarel a sur son jeune monarque républicain déjà en campagne électorale la main porté ! Je ne lui avais rien soufflé de ce cri « Montjoie Saint Denis ! » à l’audacieux révolté dont on ne sait pas encore bien à ce jour s’il est un strême droite lecteur de « Mein Kampf » ou un royaliste ou un strême gauche. On sait que son geste a surclassé toutes les claques royalistes comme celle contre le Pape Boniface VIII, dite de l’attentat d’Agnani, humiliation dont ce pape en butte au terrible Philippe Lebel, roi faux monnayeur, mourra de dépit. Son geste a surclassé toutes les autres claques de l’histoire de France, de Navarre et d’ailleurs, qu’elle qu’en soit la nature. Celle-ci vient de décrocher la timbale du saint Graal. Elle a surpassé ou égalé en puissance symbolique inversée avec la violence physique en moins, car la gifle ratée est une chiquenaude, le geste de Clovis en 487 abaissant sa francisque sur le crâne d’un de ses sujets pour avoir défié son autorité un an plus tôt lors du partage d’un butin. Nous sommes trois ans après le fameux cri du chef de l’Exécutif français aux gilets jaunes, devant les députés de sa majorité « Qu’ils viennent me chercher ! ». Un réfractaire est venu le trouver, il était temps, après tant de rebuffades désopilantes et de mots assassins, après tant de forfaits de ce gouvernement contre la France et son peuple, il est venu le trouver pour une tarte à Tain.

Méfiez-vous de vos prières qu’elles ne se réalisent…

Le geste de Clovis me fascinait, enfant plongé dans le livre d’histoire. En disant « Souviens-toi du vase de Soisson ! » le roi Mérovingien avait su associer le geste à la parole. Une parole, un geste : dans la Drôme, ce 08 Juin 2021, il a été atteint, le Méprisant de la République. Tout un peuple est présent dans le geste insolent de ce révolté calme, pour dire au fondateur de la République en Marche une autre marche, celle qui se tient en marge, celle qui se fait comte de la Marche refusant de lever le siège de Tours à Hugues Capet, lui intiment donc l’ordre de marcher, avec ces mots célèbres de celui qui ne marche pas : « Qui t’a fait roi ? » Le roi lui avait dit « Qui t’a fait comte ? » Nous faisons dire à Damien Tarel dieu de la tare, EL tare, dieu de la mesure, camisole de contention de la folie Macronienne : « Souviens toi qui t’a fait roi Républicain ! C’est un peuple électeur, trompé, manipulé, tu n’as aucun mérite, tu n’es rien toi qui dis et penses que la culture française n’existe pas, tu n’existes justement pas. Tu n’as été élevé au-dessus des autres hommes que pour les servir, tu devrais vivre dans cette conviction et agir sur cette ligne dans la conduite de tes devoirs.»

C’est là la demande expresse contenue dans la lettre de recommandations écrite par Louis XVI à l’abbé d’Avaux, précepteur de son fils Charles Louis, le futur Louis XVII. « En attendant que votre jeune élève apprenne l’art de régner, faites réfléchir sur lui le miroir de la vérité sur tout ce qui peut lui rappeler, qu’il n’est au-dessus des autres hommes que pour les rendre heureux. » Or il se trouve, il se trouve… que cette claque à Macron est tombée le jour anniversaire de la mort du petit roi martyr de 10 ans. Bien timide réparation ne laissant pas le trône républicain pour solde de tout compte, vous vous en doutez bien. Un adage dit : « Méfiez-vous de vos prières qu’elles ne se réalisent… » Est-ce que j’aurais secrètement au plus profond de moi-même invoqué une manifestation de l’Esprit- Saint claquante retentissante? Qui a voulu un événement qui sonne comme une sainte claque ? Alors à quel moment est-ce que j’aurais fait cela ?

Jeanne, montre que tu ne nous as pas abandonné

Nous partions pour Montargis avec un arrêt à Orléans. Est-ce après avoir fait le tour de la cathédrale, abasourdis et tristes que nous étions de trouver toutes les portes closes. Est-ce quand nous avons quitté le parvis de la Basilique pour remonter le boulevard Jeanne d’Arc à la recherche du centre de documentation sur la sainte, et que, me retournant, je suis resté en arrêt devant le son des cloches sorties du beffroi de la Cathédrale de la Trinité ? Où serait-ce plus tard, quand nous avons pu visiter cette superbe basilique, c’était pour la première fois de ma vie du reste, les portes ayant été enfin ouvertes, juste après la cérémonie des Confirmations épiscopales aux cours de laquelle l’évêque aura procédé à ce rite chevaleresque par excellence, le soufflet, la gifle censée être énergique comme un rite d’adoubement ou collée, qui transmet l’Esprit Saint des apôtres. J’ai simplement inscrit une intention de prière sur le livret mis à disposition ces trois mots à l’adresse de Jeanne : « Pour la France !». Je voulais lui dire « Fais quelque chose, donne-nous un signe, montre que tu es là, montre que nous ne sommes pas abandonnés ! »

Des signes il y en avait eu quelques-uns. Un double arc en ciel, sur l’autoroute en arrivant dans la Beauce si chère à Péguy. D’une intensité lumineuse et d’une irisation toute particulière. C’est le signe de l’Alliance avec Dieu. Mais j’ai appris dernièrement que c’est devenu un symbole de ralliement de la cause LGBT. En le contemplant je me prenais à rêver d’une nouvelle Alliance entre Dieu et l’actuelle humanité en dérive. J’avais emporté dans ma valise une vielle éditions NRF Gallimard toute jaunie du livre de Péguy qui avait renoué avec la tradition des Mystères : Le mystère de la charité de Jeanne d’Arc.

Arrivé le soir dans notre hôtel à Montargis, j’ouvrirai le livre, après avoir mis à l’annulaire droit mon anneau de Jeanne, copie de la relique regagnée quand même aux anglais par Philippe de Villiers pour Le Puy du Fou : Jésus- Maria. Je devais le porter pour la rencontre du lendemain en la chapelle du Palais Royal de Montargis, il le fallait, absolument. Nous y avons rendez- vous pour la messe de l’Ancien Ordre Souverain de l’Etoile et du Mont Carmel. Le drame de Péguy doit contenir un message qui devrait me saisir aux entrailles, mais je ne l’ai pas lu encore très attentivement et surtout pas dans de bonnes conditions spirituelles : Ce soir-là dans ma chambre d’hôtel à Montargis, la veille de la Pentecôte, je prie avec Péguy. ô ces phrases sans points d’exclamations, mais qui s’exaltent d’autant plus qu’elles ne sont pas par ces points retenues :

« O mon Dieu si on voyait seulement le commencement de votre règne. Si on voyait seulement se lever le soleil de votre règne. Mais rien, jamais rien. Vous nous avez envoyé votre fils, que vous aimiez tant, votre fils est venu, qui a tant souffert, et il est mort, et rien, jamais rien. Si on voyait seulement poindre le jour de votre règne. Et vous avez envoyé vos saints, vous les avez appelés chacun par leur nom, vos autres fils les saints, vos filles les saintes, et vois saints sont venus, et vos saintes sont venues, et rien, jamais rien. Des années sont passé, tant d’années que je n’en sais pas le nombre, des siècles d’années ont passé ; quatorze siècles de chrétienté, hélas, depuis la naissance et la mort, et la prédication. Et rien, rien, jamais rien. Et ce qui règne sur la face de la terre, rien, rien, ce n’est rien que la perdition (…) Jamais on n’a tant blasphémé votre nom. Jamais on n’a tant méprisé votre volonté. Jamais on n’a tant désobéi. Jamais notre pain ne nous a tant manqué ; et s’il ne
manquait qu’à nous mon Dieu, s’il ne manquait qu’à nous ; et s’il n’y avait que la pain du corps qui nous manquait, le pain de maïs, le pain de seigle et de blé., mais un autre pain nous manque, le pain de nos âmes, et nous sommes affamés d’une autre faim, de la seule faim qui laisse dans le ventre un creux impérissable… Mais qui oserait dire mon Dieu, qu’il puisse encore y avoir quelque chose de nouveau après quatorze siècles de chrétienté, après tant de saints, après tant de saintes et tant de saints, après tout vos martyrs, après la passion et la mort de votre fils.
Elle se rassied et commence à filer.
Enfin ce qu’il faudrait, mon Dieu, il faudrait nous envoyer une sainte … qui réussisse. »

Dans cette modique chambre d’hôtel, j’ai pensé à savoir si nous avons aujourd’hui des presque Jeanne d’Arc. Nous ne retenons pas Marine Le Pen puisque son propre père dit qu’elle n’est pas Jeanne, le débat est clos. Sa nièce, pourrait y prétendre, mais je pense à de ces femmes que j’écoute plus souvent, des françaises qui manient la pensée et le verbe : Natacha Polony, Charlotte d’Ornellas. Une vidéo de cette dernière a retenu mon attention dernièrement : étonnement et jubilation ! L’extrait d’un face à face télévisé avec Jean-Christophe Cambadélis. Pour regarder cette longue séquence il ne servait à rien de garder le son, d’ailleurs « Camba » ne disait rien. Il me replaçait devant ma jeunesse étudiante très furtivement Trotskyste avec un rendez-vous Parisien auquel ma cheffe de cellule m’avait invité avec enthousiasme, c’était le Bon Dieu ou Robespierre en personne ! Il suffisait de le voir maintenant, là, … décomposé, écoutant comme en train de se faire sermonner à confesse, ou comme un boxeur sur un ring acculé dans les cordes, au bord du KO, les gants en dessous des genoux prenant les directes et des uppercuts envoyés pourtant en tant que simples évidences d’ arguments même pas méchants même pas destinés à faire mal, par ses petits gestes des mains, saccadés mais sans hystérie, contrôlés jusqu’au bout des doigts, un chef d’orchestre dirigeant l’exécution d’une musique de chambre avec une petit moue désolée d’avoir à dire des vérités dérangeantes, malodorantes. Jeanne ayant eu raison du général anglais Talbot.

Orléans

Après la lecture de Péguy toujours dans la chambre d’hôtel, un visiteur impromptu m’aurait trouvé tombé en pamoison dans la contemplation de l’anneau de Jeanne passé à mon doigt gonflé, anneau tiré d’un coffret à trésors en bois de pin. J’avais enfilé l’anneau de Jeanne le matin en me préparant pour le pèlerinage, mais avec difficulté. Il avait pourtant été commandé à ma taille. Pourquoi avoir grossi des doigts ? Manque de mudras ! Clac ! Une photo de la main posée sur le rebord de la fenêtre de l’hôtel comme si elle était un oiseau de passage me transportant au procès de Jeanne. Ce procès est dans ma mémoire, certains passages y sont gravés aussi nettement que « Jésus Maria » sur l’anneau de laiton ou d’or… la sainte ne savait pas trop.

Le sixième interrogatoire privé du 17 mars 1431 :

« Interrogata de qua materia erat unus anulorum suorum, in quo erant scripta hæc nomina, JHESUS MARIA, respondit quod hoc proprie nescit ; et si erat de auro, non erat de puro auro ; nec scit utrum erat de auro, vel de electro ; et æstimat quod in eo erant tres cruces et non aliud signum, quod ipsa sciat, exceptis his nominibus, JHESUS MARIA. »

A l’imitation de Jeanne puisque me voilà en guerre, puisque nous retrouvons nos compagnons confères et consœurs d’armes, c’est l’acte magique, regardons l’anneau. Mais est-ce là que j’ai demandé la démonstration du pouvoir de l’Esprit Saint sur la France ? Vous n’en saurez rien…

« Interrogée pourquoi elle regardait volontiers cet anneau quand elle allait en fait de guerre, répondit que c'était par plaisance et en l'honneur de son père et de sa mère ; et, ayant son anneau en sa main et en son doigt, elle a touché à sainte Catherine qui lui apparut visiblement. Interrogée en quelle partie de sainte Catherine elle a touché, répondit : - Vous n'en aurez autre chose. »

Ah la fascination des inquisiteurs ! Cela me rappelle un autre procès… Me reviennent en mémoire les panneaux d’une exposition sur Jeanne d’Arc admirée dans la cathédrale d’Orléans dans l’après-midi. Des photos des bonnes femmes touchant l’étendard et l’anneau de Jeanne. C’est vrai que les gens avaient un comportement magique envers cet anneau et envers l’étendard. Mais comment les autorités religieuses distinguent-elles le sacré efficace miraculeux de la magie et comment l’inquisiteur peut- il établir si c’est le diable ou l’âme qui agit quand l’âme agit ? Dès que nous arrivâmes à Orléans, j’avais l’impression en longeant la Loire de vivre l’épopée, mais… d’être moi-même La Hire à ce moment-là. La légende d’un panneau de l’exposition montrant des doigts prolongeant des mains tendues vers la ferraille recouvrant le corps militarisé de la jeune Lorraine explique :

« Alors Jeanne partit, ayant en main son étendard qui était blanc, avec l’image Notre Seigneur tenant une fleur de Lys : avec elle, la Hire, ils traversèrent le fleuve Loire et ils entrèrent ensemble dans la ville. »

Tout dans Orléans me donne une impression de hors du temps, de paix, de miracle comme si la cité n’était pas totalement dévorée par la modernité, y compris le trafic automobile, lent, sans impatience.

Quand nous entrerons tout à l’heure dans la cathédrale nous verrons les grande bannières longues pourpres à la croix d’or pendre dans le cœur et pendre le long des piliers de la nef, arborant les noms prestigieux des compagnons de Jeanne avec leurs armoiries, des blasons peints sur des écus démultipliés par une dizaine de drapeaux les entourant : Le Duc Charles d’Orléans, La Hire, Pierre et Jeanne d’Arc…Gilles de Rais.

La grande avenue faisant face à la Cathédrale est comme agitée par la danse dans le vent des armoiries de Jeanne jointes à d’autres blasons accrochés aux façades des immeubles, mais malgré la menace de légères averses, personne ne se presse. Les passants me semblent aimables et sont souriants comme s’ils n’avaient pas tellement besoin de consommer dans ce grand axe commercial.

Une femme d’ailleurs, d’un âge un peu plus mûr que le nôtre, viendra nous parler plus tard quand nous irons aux abords de la nouvelle mairie et de ce bâtiment bien blasonné aussi que nous pensions être l’office du tourisme. Elle nous fera l’éloge de son maire sans que nous n’ayons demandé en rien cet avis, mais c’est assez rare pour être signalé. Nous ferons un bout de chemin ensemble en écoutant ses explications parfois amusantes sous forme de devinettes : « Pourquoi ils ont déplacé la statue équestre de Jeanne d’Arc ? »

La réponse est que c’était pour lui permettre de faire pipi. Nous n’avons pas demandé à cette passante inspirée si elle avait autrefois habité Bruxelles, une ville très agréable au demeurant qui ne rougit pas de sa fontaine Manneken-Pis. La brave dame ne cessait de nous dire : « Mais vous savez qu’elle n’était pas du tout bergère ! ». Oui on sait !

Je pense à cette statue de la place des Pyramides à Paris, en bronze doré, postée à l’endroit où Jeanne serait tombée lors de sa reprise avortée de la capitale. Mais celle de la place du Martois a une autre allure, le glaive baissé est signe de gratitude pour la victoire accordée.

Une affiche de l’exposition de la cathédrale montrait l’anneau de Jeanne sur un doigt effleurant le visage d’un anglais blessé pour rappeler la clémence de la sainte envers ses ennemis, ses demandes répétées pour ne pas occire les hommes blessés à terre. Sous une fenêtre vitraillée à l’extérieur de la cathédrale un cartouche porte un message de Saint Paul étranger à toute clémence pourtant : « Si quelqu’un souille ce temple de Dieu, Dieu le fera périr ! » Un avis aux profanateurs de toutes nos églises ? C’était une autre époque.

 

Je suis resté un bon moment en faction sous les gargouilles de la cathédrale, regardant de mes yeux ébahis ces bouches ouvertes muettes du livre de pierre. Pouvons-nous entendre ce qu’elles crient à nos modernes ? Des reproches ou admonestations envers la hiérarchie catholique à son plus haut sommet puisqu’elles ne connaissent pas le vertige comme la gargouille de Voltor ? On doit se souvenir que les gargouilles ont une mission occulte très précise. Elles rejettent les énergies négatives et maléfiques à l’extérieur du temple, elles repoussent dans les ténèbres extérieures le profane.

L’histoire de la cathédrale Saint Croix se trouve dans la légende d’Euverte écrite au IVème siècle. Celui-ci, sous-diacre de Rome, de passage à Orléans, assiste à l’élection d’un nouvel évêque. Mais une colombe vient le désigner lui. Il est donc élu par l’opération du Saint Esprit et sauve la ville d’un incendie, puis construit une nouvelle cathédrale. Il offre un trésor découvert pendant les travaux de celle-ci à l’Empereur Constantin qui lui donne un fragment de la vraie croix. On dirait que la geste de Jeanne est déjà inscrite dans l’histoire de l’évêché d’Orléans. La sainte est venue assister à la messe vespérale pendant le siège d’Orléans le 02 mai 1429. Hugues Capet, Robert le pieux ont un lien avec cette cathédrale, ce dernier y serait né et y aurait été consacré roi, Robert le chauve y aurait été couronné… Le 08 mai 1429 est la date de libération d’Orléans, cette date revient dans l’histoire avec l’armistice de 1945. De même le 18 juin 1429 est une bataille majeure de la guerre de cent ans. La victoire de Patay était improbable compte tenu de l’invincibilité des troupes anglaises en rase campagne. Le duc d’Alençon chef de cette armée française consulta cependant la Pucelle qui affirma :

« En nom Dieu, il les faut combattre ; s’ils étaient pendus aux nues nous les aurons, car Dieu les a envoyés à nous pour que nous les punissions. Le Gentil roi aura aujourd’hui plus grande victoire qu’il eût jamais ».

L’expression prendre une pâtée viendrait de ces hauts faits de notre histoire. Le 18 juin. Est-ce que De Gaulle pétri de l’histoire de France, et de son histoire catholique, avait fait un choix intentionnel pour, à cette date du calendrier lancer son appel de Londres ?

L’Église. Une, Sainte catholique et Apostolique…

Notre Pentecôte était un rendez-vous avec les chevaliers de l’Ancien Ordre de l'Etoile et de Notre-Dame du Mont Carmel, Dimanche 24 mai en la chapelle Notre Dame Auxiliatrice construite dans les douves sèches du château au cours du dernier quart du XIXeme siècle. Dans son sermon, l’abbé Pierre Mouchet, chapelain de l’Ordre a rappelé que la Pentecôte marque environ en 33 de notre ère, le début de l’Eglise. Son histoire est longue mais les trois premiers siècles ont été ceux de la persécution. En 1054 le schisme orthodoxe a des causes politiques surtout. 1517, séparation des Protestants plus théologique que politique.

L’Église est le corps mystique du Christ. L’Église n’est pas née à Rome mais à Jérusalem, elle n’est donc pas romaine. Saint Pierre a été d’abord évêque d’Antioche. Les Papes d’Avignon y étaient en résidence tout en restant évêques de Rome. Il y a une seule Église, la romaine seule peut porter ce titre, les autres le sont comme titres de courtoisie, mais depuis la crise effroyable que traverse l’Eglise et encore aujourd’hui depuis le concile de Vatican II, chacun doit admettre qu’il existe au sein de l’Église des courants qui doivent être respectés car unité n’est pas uniformité. Nous avons le droit de célébrer selon des liturgies antérieures au concile.

Les premiers chrétiens des premiers siècles s’appelaient entre eux saints, non par orgueil mais parce qu’ils avaient compris que par le baptême ils devenaient saints. L’Église est sainte quelque soient l’indignité de ses membres parce qu’elle est née à la pentecôte par l’effusion de l’esprit saint sur les apôtres et la plus grande d’entre eux la Vierge Marie. Une, Sainte catholique et Apostolique… Une parole d’unité, de continuité historique, d’exhortation aux plus hautes vertus. Il faut écouter cette homélie dans son ensemble, en savourer aussi les pointes d’humour. Il n’y a qu’une seule Église comme un seul Empire répétait Jean Parvulesco qui prêchait pour la promulgation du dogme du couronnement de Marie.

« Telles sont donc les raisons d’être abyssales, providentielles, immédiatement divines, de la souveraineté impériale, cosmique et suprêmement amoureuse de Marie, souveraineté dogmatique dont la conscience nous est théologalement fournie en même temps qu’armée, ontologiquement, par le nouveau dogme catholique à venir, que nous ferons venir, le dogme de la Coronation Cosmique de Marie. Dogme, aussi, de sa Coronation Nuptiale. Dogme de la Coronation Cosmique de Marie dont l’accent grave sera dialectiquement mis sur l’identité nuptiale de celle-ci, non sur la Nativité, sur son identité maternelle en tant que Mère du Sauveur, mais sur Marie en tant qu’Épouse du Père Unique, ou Sainte-Sophie amoureusement face au Saint-Esprit. Et, comme telle, de Souveraine.

Maîtresse de l’univers tout entier, des consciences et des êtres nuptialement à l’œuvre à l’intérieur du Mystère de la Charité, mystère nourrissant la totalité de l’être et de la conscience divine et amoureuse de l’être. »

http://data.over-blog-kiwi.com/0/55/48/97/20190622/ob_d4cd25_nous-sommes-l-eglise-de-la-fin-parv.pdf

Mais oui il faut revenir au Mystère de la Charité de Jeanne d’Arc. Madame Gervaise : « Ils furent les premiers chrétiens. Ils furent les premiers des saints. Leurs noms furent les premiers des noms. Ils furent les premiers des noms chrétiens. Ils furent le nom chrétien même…Où il n’y avait rien, ils firent tout. Et où il y a tout c’est à peine si nous faisons quelque chose. »

Ce château de Montargis, quand on pense qu’il a été la troisième Maison des Rois de France ! Il n’en reste presque plus rien… Une haute et puissante tour fortifiée sur la colline édifiée par le roi des Francs Clovis au Moyen Âge, c’était comme un verrou pour protéger l’entrée de son royaume sur le rebord du plateau dominant la vallée du Loing, à l’ouest de la ville. Mais ce Logis Royal fortifié par Philippe Auguste a surtout été la résidence des Valois. Est-ce qu’il y a meilleure endroit pour que soient entendues nos prières élevées en faveur d’un droit français à la continuité historique ? Meilleur endroit aussi de par le nom de cette chapelle et le temps liturgique de la Pentecôte puisque, profitons de l’occasion de ne pas imiter pour cette fois la gargouille pour dire du bien de pape François au sujet sa décision en 2018 : Le pape François a décidé que la mémoire de la Vierge Marie, Mère de l’Église, serait désormais inscrite dans le calendrier romain, et célébrée chaque année.

Cette célébration devient obligatoire le lundi de Pentecôte pour toute l’Église catholique, selon un décret signé le 11 février, à l’occasion du 160ème anniversaire de la première apparition de la Vierge à Lourdes, par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, et publié le samedi 3 mars.

Parlons du temps Liturgique. On le sait par Chrétien de Troy la pentecôte est le temps de la réunion des chevaliers autour d’Arthur. Dans Yvain : « Le noble roi d'Arthur de Bretagne, dont la prouesse nous enseigne à être vaillants et courtois, réunit sa cour avec la magnificence convenant à un roi, lors de cette fête qui tant coûte qu'on l'appelle avec justesse la Pentecôte. »


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