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La droite en quête d’un nouveau souffle

La droite en quête d’un nouveau souffle

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Les électeurs de droite ont de bonnes raisons de se faire du souci : après avoir dénoncé en Emmanuel Macron l’héritier de Hollande en l’affublant du surnom « Emmanuel Hollande », voilà que Les Républicains appellent à le soutenir contre la candidate du FN. Il n’y a donc finalement plus qu’un parti républicain auquel semblent se rallier tous les autres en s’abolissant. Si LR et PS appellent à voter Macron, ils reconnaissent leur inutilité et, devenus superflus, s’effacent.

La droite a-t-elle les moyens de survivre ?

Commençons par tenter un diagnostic : notre droite souffre d’un complexe dont elle ne parvient pas à se défaire, c'est qu’elle n'arrive pas à assumer d’être à droite. Chaque tentative d’affirmer sa « droititude », comme dirait Ségolène Hollande (pardon, Royal), se voit immédiatement dénoncée comme la marque d’une droite décomplexée par une gauche qui se considère comme la gardienne de la pureté morale républicaine. En entrant dans le jeu qui voit dans l’extrême droite un parti non républicain, la droite admet qu’elle ne peut être ce qu’elle est et qu’elle n’est au fond républicaine que dans ce qui la rapproche de la gauche.

Consciente que le FN agit sur elle comme un siphon, elle croit survivre en donnant à la gauche des gages de sa « bonne volonté », alors que c’est en se réappropriant sans complexe ses fondamentaux idéologiques qu’elle pourra non seulement dialoguer en vérité avec la gauche et rendre inutile le FN.

Dans les grandes tensions qui marquent notre histoire, la droite a comme la gauche un rôle à jouer. Donnons quelques pistes :

Face à une gauche qui affirme sans complexe ses revendications égalitaires, la droite doit être là pour rappeler les exigences de liberté qu’une égalité extrême menacerait.

Face à une gauche progressiste soucieuse de faire table rase du passé, la droite doit être là pour rappeler qu’il y a des choses du passé à conserver, et qu’être conservateur n’est pas nécessairement une tare.

Face à une gauche mondialiste et multiculturaliste, la droite doit être là pour rappeler la nécessité d’un enracinement et que la nation, sans être une fin en soi, est un élément du bien commun des personnes qui composent une société politique. La droite doit être là pour rappeler que l’accueil de l’étranger ne supprime par la nécessité de prudence, et n’exige pas que nous renoncions à affirmer notre propre identité.

La force du FN est la faiblesse de la droite, car il est seul à proposer une réponse forte à des préoccupation que la gauche impose de considérer comme des phantasmes. L’immigration de masse que connaissent certaines villes et certains quartiers (il y a eu un temps où la droite osait en parler), l’impact de la mondialisation sur l’économie nationale, la dissolution des identités nationales…

Sortir du piège

La droite est tombée dans un piège, qui est probablement celui du « front républicain » : on peut être à droite, mais pas trop. Alors qu’on peut être à gauche, et il faut l’être radicalement sous peine d’être un mauvais républicain. La gauche extrême est tolérée. Si l’on est à droite, faire des œillades à la gauche est permis, tel Baroin prêt à être premier ministre de Macron.

Il faudrait laisser la gauche hurler, et donner des réponses de droite aux questions que le FN est, pour le moment, le seul à poser avec la franchise que les Français attendent.

Il faut reconnaître que le discours de François Fillon était sur bien des points assez conformes à cette exigence, notamment à propos de l’immigration. On comprend que les médias de gauche aient alors tout fait pour le disqualifier, sauvant ainsi le FN qui assure depuis sa création une sorte d’hégémonisme moral sur l’ensemble du paysage politique.

Pour sortir de ce piège, la droite doit avoir un sursaut intellectuel. Les penseurs de droite, pour continuer à penser à droite, ont dû se résoudre à être rejetés en enfer par les gardiens du dogme soumis au diktat intellectuel de la gauche. Il faut donc se résoudre à penser depuis l’enfer, car les flammes en sont fabriquées de toutes pièces par la soumission de ceux qui se laissent intimider.

Pour la droite, retrouver sa liberté de penser est une question de survie : penser la nation contre le multiculturel sans tomber dans un nationalisme excessif, penser la liberté contre l’égalitarisme, penser le social sans le socialisme, penser la laïcité sans le sectarisme, penser l’école sans la propagande, penser la famille sans les lobbies gays.

Comme me l’écrit un militant, « la droite doit retravailler avec les penseurs de droite, pour continuer à penser à droite. En effet, ces derniers ont dû se résoudre à être rejetés en enfer par les gardiens du dogme soumis au diktat intellectuel de la gauche. Mais ce temps est en train de s’achever ; un nouveau cycle intellectuel et politique s’ouvre pour la droite qui a vu un nombre significatif d’intellectuels conservateurs reconnus, lus et écoutés ; à elle de saisir ce moment pour rebâtir son avenir. »

Il y a du pain sur la planche, mais il s’agit à la fois de retrouver les intellectuels de droite qui ont fini par se rapprocher d’un FN qui tient le discours de la droite d’il y a trente ans, et de retrouver des électeurs qui ne se reconnaissent pas dans le « tapinage » de la droite envers la gauche sans se laisser intimider par tous ceux à qui la diabolisation du FN profite.

Retrouver ses fondamentaux

Le piège du front républicain consiste à dire ceci : plus vous êtes à droite, moins vous êtes républicains. Il vous faut donc vous rapprocher de la gauche pour être légitime.

Or il y a là un double impensé : le premier est que l’on ne remet pas en question le classement du FN à droite. Le second, qui en découle, est que la droite se retrouve incapable d’affirmer ce qu’elle est en se distinguant nettement du FN. Ainsi la droite dite « républicaine » ne serait qu’un FN modéré, vidé de ses idées de droite.

Que l’on me pardonne de remettre naïvement cela en question : Qu’est-ce qu’être de droite ? Qu’est-ce qu’être de gauche.

La gauche a, me semble-t-il, l’avantage idéologique de savoir se définir sans complexe. Etre de gauche, c’est avoir le souci de la justice et de l’égalité, c’est privilégier le social contre les méfaits du libéralisme (quand bien même ce libéralisme serait assumé comme une nécessité économique). L’extrême gauche, c’est celle qui veut imposer une égalité extrême, au mépris des libertés naturelles et des différences, parce qu’elle croit que l’abolition des différences permettra une liberté supérieure. La loi Taubira représente par exemple l’abolition de la différence sexuelle.

La droite ferait bien de revenir à ses fondamentaux philosophiques, au lieu de s’en tenir à prendre ses ordres à la Bourse.


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