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Mariage gay : et maintenant ?

Mariage gay : et maintenant ?

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Mariage : « Union légitime d'un homme et d'une femme… »


Si on le lui disait, François Hollande nous dirait sûrement que le dictionnaire de l'Académie Française est en retard sur son temps. Nous vivons, semble-t-il, en lieu et en une époque où les mots ont perdu leur sens, jusqu'à l'absurde. Alors disons-le : le mariage pour tous est le mariage pour personne. Le mariage n'est plus, le mariage est mort. Il n'y a plus rien à dire, nous explique le gouvernement. Circulez il n'y a rien à voir, la Loi est la Loi.
« OBÉISSANCE À LA LOI, DISPERSEZ-VOUS ! »

Cache-cache avec la loi


Certes le texte est voté et promulgué, certes les premiers mariages homosexuels ont été célébrés, mais le combat des anti-mariage-gay n'aura pas été inutile, du moins dans l'immédiat. Depuis le début du débat, Madame Carlotti répète à l'envie que les questions de la procréation médicalement assistée et de la gestation pour autrui, qui sont les véritables enjeux, feront l'objet d'un prochain débat et qu'elles ne sont pas traitées par le projet de loi du "Mariage pour tous". Chacun comprend la posture : ne pas effrayer pour ne pas favoriser l'opposition. Cependant, depuis le début du débat parlementaire, la situation a quelque peu changé.
Trois manifestations massives ont montré au gouvernement jusqu'où ne pas aller trop loin. François Hollande se devait, pour satisfaire son électorat et montrer qu'il tient à défaut de mieux cette promesse de campagne, de tenir bon sur ce texte. Mais face à l'ampleur de la grogne, il y a fort à parier qu'il ne prendra pas le risque d'un nouvel affrontement pour une mesure qui ne lui tient pas à cœur, lui qui d'ailleurs ne s'est jamais marié.
Attention toutefois à ne pas croire que tout risque est balayé. Si Hollande devrait s'arrêter là, ce ne sera peut-être pas le cas du Conseil d'État ou d'une quelconque Cour Européenne des Droits de l'Homme. À coup sûr, ce ne sera pas le cas du prochain président socialiste : sur ces sujets qui divisent la société française, les Socialistes avancent toujours masqués avec un coup d'avance. Comme ils se sont cachés derrière le PACS pour préparer le mariage, ils se cachent derrière le mariage et l'adoption pour préparer PMA et GPA.
« PREMIÈRE SOMMATION, ON VA FAIRE USAGE DE LA FORCE ! »

PACS, fiançailles républicaines ?


Eh oui, le PACS. Nous l'avions presque oublié dans cette histoire, lui qui avait été créé par le gouvernement Jospin pour permettre aux couples de même sexe de s'unir "sans effet sur les règles de la filiation, de l'autorité parentale et sur les droits de l'enfant", comme l'expliquait Mme Guigou. Maintenant que le PS a avancé d'un cran et ouvert le mariage aux homosexuels, que va-t-il devenir ? Allons-nous conserver deux types d'unions, alors que rien ne le justifie plus ?
Le fait le plus étonnant suite à l'instauration du PACS a été l'appropriation de ce statut par les couples hétérosexuels, ils représentaient plus de 75% des PACS en 2000 et plus de 95% aujourd'hui. Ce qui devait être un substitut de mariage pour les homosexuels est devenu une mariage au rabais. Les plus romantiques du PS sauront sûrement y trouver une forme de fiançailles républicaines, sorte de passage obligé avant l'union véritable. Mais les plus réalistes savent qu'il ne s'agit que d'une officialisation du concubinage. Ça faisait déjà longtemps que l'on s'essayait au lit avant d'aller plus loin, désormais on se teste aussi au quotidien. Est-ce qu'elle fait vraiment la cuisine tous les jours ? Est-ce qu'il n'est pas toujours à boire des bières chez ses potes ? Satisfait ou échangé, c'est beau l'amour. On voulait officialiser le couple homosexuel, on a réussi à délier un peu plus le couple hétérosexuel ; on a inventé le divorce avant le mariage.
« DERNIÈRE SOMMATION, ON VA FAIRE USAGE DE LA FORCE ! »

Une Union civile pour tous


Malgré quelques voix dissonantes, nombreux sont les hommes politiques nous expliquant qu'il serait juridiquement impossible d'abroger le mariage homosexuel. Surtout, l'État ne doit pas contrarier l'Amour, l'Amour avec un grand A. On a presque envie de pleurer, c'est beau, ça dégouline. Cependant, est-il vraiment question d'amour ? "Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance." Pour la loi, il n'est pas question d'amour. Et c'est tant mieux ! L'État n'a tout de même pas vocation à administrer nos vies affectives et sexuelles. À tous les inconditionnels de l'amour, je ne saurais que conseiller la bien connue lecture de Saint-Paul et le mariage religieux.
Bref. Revenons-en à la version civile. Serait-il impossible de rebaptiser l'institution même du mariage en "Union civile" ? Certes, ce n'est pas cette proposition qui résoudra la douloureuse question de la filiation, mais elle a le mérite de prouver qu'il y a toujours une solution. La question juridique ne doit jamais l'emporter, il y a toujours un moyen de la contourner. À long terme, la politique l'emporte toujours parce que c'est elle qui fait la loi et non l'inverse. Ni la Cour de Cassation, ni le Conseil d'État ne sont souverains suprêmes, mais le Peuple. Et sur ce sujet, il est dans la rue.
« DERNIÈRE SOMMATION, ON VA FAIRE USAGE DE LA FORCE ! »

Vers une page blanche


Il faut être réaliste, nous ne reviendrons pas en arrière sur le mariage homosexuel. Nous devons aller de l'avant mais dans une autre direction que celle choisie par le Parti Socialiste : la droite aussi doit réfléchir au coup d'après. Cela nécessite un rigoureux travail d'analyse et d'imagination. Mais entre la PMA, la GPA, le devenir du PACS et le sens à donner à un mariage civil tourné en ridicule, les questions ne manquent pas. Madame Taubira présentait sa loi comme un changement de civilisation, ce n'était que la destruction d'une civilisation. À nous d'en concevoir une nouvelle.
« FEU ! »

Les cibles Belkacem et Taubira
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GPA et PMA sur les rails
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Gouvernement de fermeture
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