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Parents à l’attaque des enseignants

Parents à l’attaque des enseignants

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Les RPS (risques psycho sociaux), Burn-out (externalisation d’organes reproducteurs) et autres dépressions chroniques guettent le corps professoral ! 49 % des directeurs d'écoles élémentaires et maternelles déclarent avoir été agressés, verbalement ou physiquement par des parents d'élèves pendant l'année scolaire 2012-2013, selon une étude auprès de 4 000 directeurs, réalisée par Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l'éducation nationale et chercheur associé à l'Observatoire international de la violence à l'école. La fonction ne protège plus de rien à l’heure où les sauvageons de l’époque de Chevènement sont devenus les parents des racailles d’aujourd’hui. Malgré tout, cette statistique ne parvient pas vraiment à m’affliger. Elle me donne l’envie de célébrer deux vérités : d’abord les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants, deuxièmement lorsque l’autorité devient militante et idéologique, nous avons le droit dans un réflexe consumériste de demander des comptes.

Bien fait !

Pour une fois, j’ai envie de dire « bien fait » ! Que les fonctionnaires de l’éducation nationale se prennent la France mal élevée en pleine gueule a tendance à provoquer en moi des applaudissements jaculatoires. Non pas que je cherche à être vengé de brimades et vexations reçues dans ma tendre enfance écolière. Non. C’est simplement le plaisir de voir l’institution puissante recevoir un renvoi  des conséquences de ses propres méthodes. À force de se dépouiller de tous les oripeaux de discipline au profit d’une éducation civique du vivre ensemble, voilà les jeunes parents d’aujourd’hui hermétiques à toute idée de courtoisie.

Du côté du corps enseignant voici ce que l’on subit : harcèlement (38,6 %), menaces (26,7 %), insultes (23,1 %) et même pour 0,7 % des cas, coups ! Du côté des parents, on reprocherait en premier lieu aux directeurs, et plus largement aux enseignants, les sanctions infligées à leurs enfants. Les professeurs notent ainsi que de plus en plus d'élèves ne font plus leurs punitions. Les autres différends concernent la surveillance et la maltraitance entre élèves (45,4%) ainsi que les résultats et les difficultés scolaires (33,1%). Rien de complètement nouveau donc, l’augmentation des cas renforce juste le nombre de polices d’assurances contractées par les enseignants.

L’éducation n’a jamais pu remplacer l’instruction

L’éducation nationale a abandonné depuis longtemps l’ambition d’instruire pour avoir l’outrecuidance d’éduquer, voire surtout de rééduquer. Les savoirs ne sont plus depuis longtemps la matière transmise par nos écoles. Il reste vaguement l’ambition de transmettre des savoir-faire et surtout quelques credo républicains sur le développement durable, le multiculturalisme, l’égalité entre les civilisations, la culpabilité de l’Occident et dernièrement le Gender. Je ne vois pas comment les parents pourraient de ce fait respecter une institution qui n’utilise leurs enfants que pour construire un futur citoyen-consommateur qui ne connaîtra rien. Depuis que cette institution produit l’échec en masse, comment accepter de surcroit l’autorité dont le ministère se drape encore avec usurpation ?

Les enfants ne sont pas élevés aujourd’hui ? Mais l’Etat socialiste devrait se réjouir de cette déconstruction qui lui permet de pénétrer dans ces têtes (rarement blondes désormais) vides de déterminismes familiaux qui effrayaient tant l’ancien ministre fan de Robespierre en charge de l’éducation nationale. Bien sûr, on pourrait, de concert avec tous les nouveaux tenants de l’ordre moral républicain, déplorer l’idiotie des parents en adoration devant leur enfant-roi, capable d’en venir aux mains réagissant aux dures réalités de la vie auxquelles il est confronté. On pourrait, mais c’est trop facile pour le faire. Que les parents giflent les profs et que les profs se mettent sous Prozac dans leur cellule d’écoute, et on pourra éventuellement proposer une autre école hors de la République.

Parents consommateurs et piège de l’assistanat

Certains chefs d’établissement déplorent que les parents d’élèves soient devenus de véritables consommateurs d’éducation. Je ne vois pourtant rien de choquant. Il serait même bien que l’éducation nationale puisse rendre des comptes aux parents, premiers éducateurs des enfants, plutôt qu’au gardien de la révolution, maître en son palais de Matignon. Un ministre aussi cela devrait pouvoir se gifler d’ailleurs…

Si l’école était vraiment un bien de consommation, cela serait peut-être plus sain, inscrite au cœur d’une relation contractuelle. L’école rendrait des comptes sur l’efficacité de ses méthodes, le contenu de son enseignement… Les parents auraient d’un coup des devoirs liés à leur engagement nécessaire, et cesseraient de tout exiger d’un État rendu méprisable en les maintenant sans cesse dans un assistanat piégé. Les parents sont les premiers éducateurs des enfants. La République française n’est pas Sparte, les enfants ne sont pas des cobayes en attente de former une armée de clones prêts à consommer, prêts à penser comme tout le monde, prêts à s’inscrire à Pôle emploi, prêts à devenir à leur tour des parents-racailles…


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