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La langue de tamanoir, l’alchimie narrative à la vie à la mort

La langue de tamanoir, l’alchimie narrative à la vie à la mort

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La langue de tamanoir vient au lecteur de façon discrète. Il nous semble que nous allons suivre un homme dans ses pérégrinations bucoliques en écoutant religieusement ses conférences, sorte de récits de l’enfance de l’art du scientifique qui a découvert le médicament miracle. Savoir nommer, c’est connaître ; le professeur Parlisse nomme comme Adam au jardin d’Eden… On est heureux que le scientifique sache tourner le dos aux chiffres et se faire poète. Il se promène et nous imaginons. Le mystère peut maintenant s’épaissir. « Une promenade est aussi l’occasion de ressasser des souvenirs et, notamment ceux des précédentes promenades. Un peu comme des poupées russes (…) » (p.24). Ce livre ne sera pas qu’une suite de conférences poétiques. « Après tout, ce n’est qu’un roman. » nous dit l’auteur dans son avant-propos. Mon œil ! Une enquête…

Et petit à petit, nous comprenons que nous sommes pris à témoin, chargés d’un héritage… Car François Mourelet construit certes tout son roman sur un mode narratif choisi : le narrateur lit des conférences qui sont à la fois récits de sa passion et de sa recherche, et récits de la rédaction de ces conférences. -méta narration diraient les professeurs de littérature modernes…- Mais François Mourelet confère également un rôle au lecteur. Le roman ne peut marcher que si nous-mêmes sommes l’auditoire du professeur Parlisse. Sans aucun artifice a priori, ni aucun effort de notre part, nous voici dans l’amphi, assimilés aux étudiants privilégiés à qui il est donné d’entendre le fameux professeur. Le procédé narratif n’est pas une volonté de tromper mais une stratégie pour être sûr d’être bien entendu.

Ainsi le roman semble s’écrire sous nos yeux. Et cette mise en abîme semble nécessaire pour que la réflexion infinie amène la vérité à éclore, je dirais même à s’incarner au final. L’énigme nous est donnée par petites touches impressionnistes. Lucie, la femme du professeur est morte. La mort est toujours l’énigme par excellence pour le scientifique. Parlisse de nous confier : « Finalement, j’ai vécu moins de temps avec Lucie vivante qu’avec Lucie morte et c’est avec cette dernière que j’ai le plus communiqué. » (p.119). De ce dialogue intérieur extériorisé va surgir la solution et nous comprenons que nous étions dans une enquête policière. « La réalité, les rêveries et la fiction sont liées. » (p.20). Parlisse se persuade d’avoir trouvé le remède miracle par le truchement du rêve, nous savons que c’est en dialoguant avec la victime, la morte, qu’il trouve à la fois la cause directe de la mort, sa cause profonde, et le mobile. Nous savons que c’est par la fiction, le livre que nous tenons entre les mains, que la découverte existe. Les chercheurs publient toujours le résultat de leurs travaux. Cette quête de la vérité est doucement sacrificielle. Pas le choix. Trop de morts provoquées par un remède miracle qui a sauvé tant de malades… « Si j’associe la botanique à ma vie personnelle, c’est que les deux sont intimement liées, comme si j’étais moi-même un végétal et peut-être plus particulièrement une espèce de liane. Oui, un humain aussi a besoin de s’accrocher à quelque chose pour grandir, aller chercher le soleil. » (p.81). Voilà l’image qu’il me reste ayant refermé ce drôle de livre qui m’a pris à témoin sans rien me demander.


L’aventure de la langue française selon Deutsch
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Zone de mort
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Au fond de la rade. Y a-t-il une vie avant la mort ?
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