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Le souffle de l’action

Le souffle de l’action

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Mon cher ami,

Voici que je t’entends débattre avec passion de l’avenir de notre occident chrétien menacé par un islam conquérant, par un libéralisme mondialiste débridé, par la dictature d’un progrès technologique devenu fou et par un scientisme sans âme et sans conscience. Le ciel que tu décris a la couleur et la fureur d’un Irma immatériel et tu crains que notre monde ne sombre. Sans doute n’as-tu pas tort.

L’Homme moderne se complait souvent dans la médiocrité et dans la crainte. Hormis nourrir toutes sortes de superstitions, ces dispositions d’esprit sont la plupart du temps d’une stérilité consternante. Mais la peur peut être aussi un moteur puissant pour l’action pour autant qu’on désire ne pas se payer de mots. En effet, face à la situation que tu décris, il serait trop aisé de joindre sa voix au cœur des cassandres, même s’il en faut. Cela demande un peu plus d’efforts de s’armer en guerre et d’aller au front. Et nous n’avons plus d’alternative.

Le choix du combat, qu’il soit politique ou sociétal comme on le dit maintenant est protéiforme et prends les milles visages que l’on veut bien lui donner : engagement au sein d’un parti selon sa sensibilité politique, dans le milieu associatif, au chevet d’une école moribonde… mais en premier lieu dans nos propres familles. Car c’est là qu’est porté le fer par nos ennemis. Leur objectif est simple faire de nous des unités de consommation. Le nôtre est tout aussi simple : former des individus structurés par une morale humaniste.

Je sais combien ce mot peut heurter tes oreilles et pourtant la morale ne peut qu’être humaniste au sens qu’elle nous permet de vivre pleinement notre humanité. Loin de me contraindre, la morale m’accomplit. C’est tout le message porté par cette Eglise sur laquelle s’est fondé notre occident. Et quoi que nous en pensions, cette Eglise est légitime à nous rappeler à l’ordre. Comme Saint Paul en son temps, il lui appartient de nous redire l’importance de la charité. Cela nous pique, cela nous énerve, ce message irresponsable nous irrite ? Qui a dit qu’être chrétien était chose aisée ? Le Christ était un révolutionnaire. Le disciple peut-il l’être moins que le Maître ? Que peut-on attendre du pape et des clercs sinon qu’ils redisent cette exigence chrétienne à un monde profondément matérialiste et égoïste. Ils sont dans leur mission.

Notre monde a changé. L’Occident s’est profondément modifié. Son identité s’est diluée dans un consumérisme effréné. La morale chrétienne affronte de plein fouet cette réalité et nous appelle à être extrêmement pragmatique dans notre action. La charité prônée ne doit pas conduire à l’effacement comme certains le croient encore – ne serait-ce pas là d’ailleurs un trait éminemment jésuitique. Pourtant, sous prétexte que nos dirigeants laissent à l’abandon le temporel, nous ne pouvons pas reprocher à l’Eglise d’être dans son rôle.

Ainsi, mon jeune ami, je t’encourage à ne pas tomber dans le piège de la division et à ne pas nous rejouer les élans de guerre civile de 1905. L’identité occidentale est profondément chrétienne. C’est même ce qui l’a formé. Fils d’Occident, tu es fils de l’Eglise. Défendre l’un, c’est aimer l’autre. C’est ici que doit résider humblement le principe de ton action. A défaut, tu t’épuiseras en vaines controverses et gesticulations.

Ton dévoué

Hilarion de Sainte Croix


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