Les éléments du beau et ses bienfaits
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Le parti pris d'une couverture
La couverture d'un ouvrage consacré à la beauté se devait d'être placée sous le patronage d'Aphrodite, déesse du beau. Avant même d'ouvrir le livre, arrêtons-nous quelques instants sur ce qui s'offre à notre regard…
Tout en haut de l’ouvrage apparaît un bandeau de ciel où cheminent quelques nuages, tout en bas, une étroite bande de sable. Entre ces deux limites se déploie une mer profonde, d'un bleu intense, animée d'une vague dont le mouvement semble projeter le regard en arrière.
En arrière ? Non pour fuir le réel, mais pour prendre cette distance propre à l'augure, pour qui le visible n'est jamais une simple apparence, mais un signe offert à l'interprétation.
La composition de la couverture fait immédiatement apparaître trois des quatre éléments fondamentaux : l'air dans le ciel, la terre sous la forme du sable et l'eau dans l'immensité marine. Une question surgit alors : où se cache le quatrième élément, le feu ?
Mystère.
Ou plutôt présence discrète. Car le feu n'apparaît ici que sous une forme symbolique. Peut-être réside-t-il dans la flamme de la bougie qui accompagna l'écriture d'un ouvrage à bien des égards éclairé et éclairant. Peut-être brûle-t-il dans cette indignation silencieuse qui anime l'auteure lorsqu'elle voit certaines productions de l'art contemporain substituer la provocation à la beauté.
L'éditeur lui-même semble avoir trouvé sa place dans cette géographie symbolique. Sur la couverture, Boleine, le nom de la maison, paraît inscrit sur le sable, tandis que celui de l'auteur flotte dans les airs. Quant au titre, il repose sur l'eau, comme porté par son mouvement.
Reste le feu.
Peut-être faut-il cesser de le chercher ailleurs que dans la beauté elle-même. Car le beau est une flamme : il éclaire, réchauffe, rassemble et élève. Il nourrit non seulement les artistes, les historiens d'art ou les thérapeutes, mais aussi tous ceux pour qui voir ne va pas de soi.
À sa manière, cette couverture résume déjà le propos du livre. Elle suggère que la beauté n'est ni un luxe ni un agrément superficiel. Elle est une nécessité humaine. Un feu de cheminée nécessaire pour traverser l’hiver.
Christine Sourgins, Les Bienfaits du beau, éditions Boleine. 15 euros.