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MN revient en septembre, en attendant, fouillez dans nos 8 ans de textes


Lubies bourgeoises

Lubies bourgeoises

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En 1789 la bourgeoisie a pris le pouvoir en France et l'a conservé depuis. Depuis se perpétue le mythe de la disparition des privilèges depuis une certaine nuit du 4 août, un mythe éculé, un mythe absolu. On sait hélas ce qu'il en est encore des privilèges en 2021. Il est notoire qu'ils ont tous été loin, très loin d'être annihilés. Je pensais faire de l'ironie à ce sujet au départ mais l'ironie n'étant plus comprise dorénavant, j'ai préféré être direct. Il faut savoir aussi que par « privilèges », on entendait les spécificités juridiques locales de chaque province et non autre choses. Las ! La fable demeure….

…Et personne ne la remet réellement en question. La révolution a amené plus d'égalité alors qu'elle a surtout consacré la bourgeoisie.

La bourgeoisie a donc pris le pouvoir, les bourgeois s'imposant comme les nouveaux maîtres. Ils ont commencé par une loi « d'enclosure » des champs qui a déjà fait disparaître de nombreuses petites fermes vivrières et précipité des milliers de paysans comme main d’œuvre à bas prix dans les fabriques. Le problème avec ces nouveaux maîtres c'est qu'on ne pouvait pas les « avoir » comme les aristocrates auparavant : en revêtant de vieilles hardes et en déclarant de vieilles carnes les jours de collecte des impôts, les nouveaux maîtres voulaient que leurs nouvelles acquisitions leurs rapportent. C'était leurs premières prétentions, d'avidité matérielle, auxquelles sont venues très vite se rajouter des prétentions prétendument intellectuelles et spirituelles, des prétentions au progressisme constant et à l'humanisme dévoyé, un humanisme qui ne toucherait que le voisin :

Pas fous les bourgeois ! L'avidité matérielle demeure le plus important.

Ces « humanistes » tendance bourgeoise ressemblent au monsieur Prudhomme d’Anatole France, aux Bouvard et Pécuchet de Flaubert, à de nombreux personnages de Marcel Aymé. Ils ont été un sujet de railleries constantes de la plupart des grands écrivains par leurs ridicules, leurs appétits mal dissimulés. Ces bourgeois ont commencé à singer l'ancien mode de vie aristocratique. Ou alors à jouer la fausse simplicité. Et toujours toujours à faire la leçon, à poser aux guides du peuple, à se donner bonne conscience de son avidité en jouant la pseudo charité.

Avoir en face d'eux des ouvriers tournant et retournant fébrilement entre leurs mains leur casquette de coutil, des paysans n'osant plus lever les yeux devant eux, satisfaisait leur vanité. Et puis ces « petites » gens ont fini par ouvrir les yeux, et la colère gronde…

Les bourgeois ont donc encore « leurs » pauvres. Comme les pauvres et les précaires votent de plus en plus à droite de la droite en 2021 (les « ingrats »!), ils n'intéressent plus tellement… Comme « pauvres » les bourgeois privilégient actuellement les pauvres d'origine exotique, cela les flatte dans leur orgueil.

Depuis « Soissantuite » la bourgeoisie a jeté aux orties son hypocrisie morale, plus flagrante auparavant, pour la remplacer par une conception se voulant libertaire de la sexualité et de la morale individuelle. Cette hypocrisie est loin d'avoir disparu d'ailleurs mais elle a juste changé de visage. Il est de bon ton de coucher à droite à gauche, voire même dans les années 70-80 de faire participer les enfants comme on le voit avec les affaires de pédophilie ressortant actuellement. Bien entendu il s'agit de faire tout cela entre soi. La mésalliance sociale est toujours un tabou. L'endogamie est de plus en plus forte d'ailleurs car sous couvert d'égalitarisme à l'école on a créé un hyper-super élitisme qui crée une coupure de plus en plus profonde entre riches et pauvres à l'école, entre enfants bénéficiant de réseaux et d'un « background » social et culturel favorable.

J'avais été frappé étant invité un soir dans une soirée de journalistes et éditorialistes divers, un peu comme le huron de Voltaire, de cette consanguinité sociale. Elle m'avait donné envie de prendre la fuite ce que j'ai fini par faire respirant alors beaucoup mieux. On s'y flatte d'y avoir permis l'émancipation des femmes qui ont donc maintenant le droit un rien douteux d'être aussi aliénées par leur travail que les hommes. Mieux encore on aimerait bien transformer le langage lui-même pour y inclure plus d'égalité encore. Les prétentions de la bourgeoisie mènent tout droit à un totalitarisme de la pensée. Ils deviennent fous en somme, discutant du sexe des anges comme les byzantins alors que les barbares se pressaient aux frontières de l'Empire…

…Des barbares que certains accueillent déjà à bras ouverts dans une inconscience suicidaire.


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