De l’absence d’éducation en nos temps troublés
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De l’absence d’éducation en nos temps troublés
À propos de l’enseignante poignardée à Sanary sur Mer
Depuis qu’il y a des familles et des enfants, il s’est toujours trouvé des adultes pour dire que « de mon temps on était mieux éduqué », « de mon temps c’était plus sévère ». On cite aussi souvent ce texte de Platon qui évoque les « nouvelles générations » peu éduquées de son temps pour railler le fait de déplorer le manque d’éducation des générations qui viennent. Peut-être est-ce l’âge qui vient ? Mais je prends le risque de passer pour un « vieux con » avec ce petit texte qui suit.
Je vois de plus en plus également passer sur les réseaux dits sociaux des textes qui assimilent l’éducation et l’instruction à des formes d’oppression insupportables. « Mai 68 » est passé par là et a métastasé dans toute la société, ainsi que les livres de Françoise Dolto, et aussi les considérations sur l’éducation de Jean-Jacques Rousseau pour qui la société corrompt forcément l’être humain bon par nature à l’origine. Alors que la nature humaine est originellement marquée par le mal.
On trouve ce discours aussi bien à droite qu’à gauche, chez des athées aussi bien que chez des croyants. Éduquer ses enfants, c’est les forcer à la conformité sociale devenue intolérable. Les gens qui pensent cela n’ont manifestement jamais lu Sa majesté des mouches dans lequel on croise des jeunes gens, qui ne sont pas de milieu modeste et intellectuellement pauvres, qui retournent vite à la barbarie, livrés à eux-mêmes sur une île déserte où il n’y a donc pas le « bon sauvage » des philosophes des Lumières.
La plupart des adultes pensent pourtant qu’il suffit de laisser faire la nature et nous vivrons dans une sorte de vert paradis utopique et champêtre sans lois ni contraintes. La vérité est que les jeunes générations n’ont plus aucune barrière morale qui les retiendraient de commettre l’irréparable. C’est aussi une génération « J’ai le droit », pour reprendre le titre d’un excellent ouvrage de Barbara Lefèbvre, qui ne tolère pas qu’on lui dise « non » et qu’on lui refuse la satisfaction immédiate de ses désirs.
Il faut dire aussi qu’internet est passé par là et permet une remise en cause générale de la moindre « auctoritas », autorité morale et/ou intellectuelle et/ou spirituelle. Le crétin moyen voit Wikipédia ou toute autre source d’informations sur le réseau comme une providence lui permettant de remettre en question tout et n’importe quoi y compris que la Terre est ronde et qu’elle tourne autour du soleil, voire pour certains de questionner la réalité même de nos existences se basant sur le film « Matrix », pour ceux-là, qui serait non pas un film de Science-Fiction, mais une révélation sur nos vies. Le « vulgum péquin » a l’impression qu’il n’a plus besoin d’apprendre.
Quand il n’y a plus de barrière morale, ce n’est pas l’universelle bienveillance qui domine mais la loi du plus fort. Pourquoi s’embarrasser dès lors à apprendre un langage : le parler ou l’écrire ? De toutes façons, les mauvais élèves souffrent en 2026 soit de TDAH (troubles de l’attention et d’hyper activité), soit HPI (haut potentiel intellectuel), soit subissent des troubles en « dys » : dyslexie, dyspraxie etc.
Puisqu’il suffirait juste de montrer sa force. Sans avoir besoin de la moindre Circé, l’homme reviendra bien vite à l’état de pourceau qui cherche sa nourriture en fouillant le sol de son groin. L’effondrement aura lieu. Il est en chemin.
L’enseignante poignardée à Sanary sur Mer n’en est pas la première victime, il y en a chaque jour des enfants brutalisés, des innocents poignardés ou abattus d’une balle perdue ou non etc. La barbarie progresse chaque jour. Les uns accusent le gouvernement, d’autres le laxisme des enseignants, l’éducation des parents, mais pour les « autres » gosses pas pour les leurs, évidemment, ou ceux qui leurs sont proches.
Et le discours des plus âgés de s’inverser : « De mon temps c’était trop strict », dans le déni total des conséquences de leur laxisme. C’est juste de l’hypocrisie pour camoufler bien mal leur égoïsme foncier et leur envie de jouir encore à tout prix jusqu’au dernier souffle, ne penser qu’à son bien-être.



