Le piège se referme
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Le piège se referme
La période que nous vivons est pré-révolutionnaire.
Ce n’est pas une incantation de ma part (quoique…) mais une constatation construite par l’analyse du présent liée à ma perception du réel.
À travers toutes les couches et les sur-couches et les sous-couches de propagande dont l’homme moderne est assailli à chaque seconde de son existence, il réside pourtant un endroit à l’abri (plus pour très longtemps), un endroit où ces attaques constantes visant à détruire son intégrité ne peuvent encore l’atteindre, un endroit encore inoccupé par le Monde-Machine mais dont tous ses réseaux convoitent l’espace.
Je ne vous ferai pas l’affront de vous le révéler car, si vous me lisez régulièrement, vous savez bien de quel endroit je parle.
Je suis fasciné par la vitesse avec laquelle les discours guerriers et militaires occupent désormais les médias. En quelques semaines, nous sommes passés d’une société ramollie pour laquelle rien d’autre ne comptait plus que la potentialité du loisir à une vaste entreprise de familiarisation d’avec les questions guerrières, d’où ressort la volonté d’imposer à l’opinion des reportages réguliers avec les armées — sur le Charles de Gaulle par exemple, fleuron aux milliers de tonnes de métal que quelques drones bien placés se chargeront d’envoyer par le fond si besoin, ce qui constitue pour moi une étape supplémentaire de l’illusion de puissance qui est la nôtre —, d’octroyer de permanents ronds de serviettes à certains généraux (qui ne sont pas les couteaux les plus aiguisés du tiroir) sur les plateaux officiels des TV propagandistes, assurant ainsi le service après-vente des narratifs, patiemment construits dans quelques salles de réunions en demi-teinte et pour un prix modique qui correspond à la moitié de votre salaire annuel, en quelques mois donc, on sent bien que l’ “Arrière” se prépare. L’Arrière se prépare à ses prochaines lâchetés car, de source sûre, les mêmes qui hurlent à la guerre chaque jour seront les mêmes qui peupleront cet Arrière et n’iront pas la faire, la guerre. Ni eux, ni leur gosse d’ailleurs. Non, rassurez-vous, les vôtres suffiront largement à la tâche. D’ailleurs, a-t-on des nouvelles du fils Netanyahu ou est-il toujours planqué en Floride ?
Alors comment ne pas être atteint par ce qui se passe ? Comment ne pas en être inquiets quand on sait ce que les hommes — pris au piège de l’escalade égotique — se sont mutuellement infligés au 20e Siècle ? Comment ne pas voir que le dernier acte du grand abattoir technicien va se jouer là, bientôt, sous nos yeux ? Quel y sera votre rôle ? Secondaire ? Premier rôle ? Figurant ou acteur principal ?
Je suis convaincu que chacun a le devoir aujourd’hui de sortir du bois et d’affirmer sa voix. Je suis convaincu que nous vivons d’ores et déjà un temps où la neutralité devient synonyme de cette lâcheté dont je parlais il y a un instant et où le fait de ne rien dire laisse grossir les monstres contenus dans l’ombre. Trop d’annéeS déjà que ce spectacle fascine des spectateurs trop timides face à l’inconfort que devrait susciter en eux l’indécence de ce qui se joue.
De ce point de vue, quelques figures publiques empêchent le monde (ou en tout cas la France et l’Europe) de tout à fait sombrer dans une indignité sans nom où ne régnerait plus que l’usage de la force et la logorrhée improbable — mais dont la portée est immense ! — des imbéciles. Ils maintiennent la raison et la recherche de la vérité et de la justice, comme des bastions, des fortins, en espérant qu’ils fussent imprenables, et c’est bien volontiers vers eux que je me tourne quand je veux me forger une idée sur un événement, après consultation de mon propre fort (sic) intérieur. Ces figures sont, dans le désordre : Régis de Castelnau, Jean-Dominique Michel, Louis Fouché, Ghislain Benhessa, Slobodan Despot, Edouard Husson, Jacques Sapir, Jean-Marc Jancovici, Jacques Baud, Youssef Hindi, etc. Consciences libres d’un monde post-véridique en phase de radicalisation accélérée, paroles libres, non dénuées de grille de lecture propre mais, à moins d’être un pur esprit, qui peut s’en vanter ? et dont la portée est sans cesse cachée, discréditée, conspuée. Ne vous trompez pas : les précédentes tentatives pour vous faire peur ont si bien fonctionné qu’aucune raison valable ne nécessite aujourd’hui un changement de méthode pour vous faire avaler les kilomètres de couleuvres, toutes plus indigestes les unes que les autres, dont le système a besoin pour continuer d’apparaître comme légitime quand bien même il n’est plus guère que la grossière caricature de ce que le Peuple et l’Histoire avaient su façonner jadis.
Bien sûr, on va me traiter de complotiste et si je réponds que le terme même de complotiste est l’arme préférée du pouvoir pour s’y maintenir, que me dira-t-on ? Si je réponds que le système au pouvoir dispose de tous les outils nécessaires pour déformer la réalité et en dicter une autre à la place, fidèle à ses intérêts, contre les nôtres, que me dira-t-on ? De quel parti serai-je alors ? Ma voix, si infime soit-elle, noyée parmi le flot d’ordure informationnelle déversé à chaque seconde dans votre pauvre cortex, n’en aura-t-elle plus la moindre valeur ? Devrai-je arrêter et attendre que le président de la République me donne la pastille — toujours bleue — nécessaire pour que je sois enfin, moi aussi, habilité à rouler sur les autoroutes de l’information officielle, subventionnée (par l’État) ou sponsorisée (par un milliardaire), ou les deux ?
Il faut être transpartisan, jusqu’au bout des ongles, et, pour garder son intégrité, aussi infidèle qu’on le puisse, comme disait Péguy, infidèle aux hommes et aux idées, jamais à votre cœur ! Et autant je me révolte contre la violence du coup monté contre Rima Hassan (les médias ont donc tous repris une fake-news avérée, le Parisien en tête, posez-vous les bonnes questions) autant je conchie au plus haut point les petites merdes comme Raphaël Arnaud qui n’ont rien dans leur caboche, sauf le désir d’en découdre, cachés derrière des rêves de révolution, sanglants pour la plupart, qui laissent entrevoir leur immense propension à l’élimination de tout ce qui n’est pas eux.
Je lis en ce moment la magnifique biographie que François Angelier a consacrée à la vie de Georges Bernanos, peut-être le dernier écrivain de France, pays qui en compta de superbes, mais dont beaucoup ont aujourd’hui été remplacés par de grotesques pitres sans intérêt. La littérature n’est pas une affaire de gendelettres, c’est une affaire de vérité. Un écrivain digne de ce nom ne peut se permettre d’écrire une seule ligne qui ne serait d’abord passée par le faisceau de sa propre conscience, par le spectre de sa rigoureuse honnêteté. Lire la vie de Bernanos m’apprend plus sur l’état du monde aujourd’hui que tout ce que je ne pourrai jamais glaner sur mon fil X. Il nous faut retourner à la source. Et la source est la suivante : ce qui nous apparaît comme juste, comme vrai, comme beau. Indiscutablement. Viscéralement. C’est notre boussole à nous qui naviguons par nuit de brouillard. C’est notre devoir d’homme. Notre rôle sur cette terre. Contre vents et marées. Contre toutes les tentatives d’asservissement et de manipulations. Contre tout ce qui se dresse entre nous et la Liberté, contre le Progrès surtout, progrès qui n’est rien d’autre que le leurre le plus abouti sur lequel le capitalisme rampant dévore tout ce qu’il nous reste, c’est-à-dire rien. Rien d’autre que nous-mêmes, nus face au Monde-Machine qui bientôt siégera au beau milieu de notre cortex le plus fondamental.
Mais que l’on se rassure.
Les conditions seront bientôt réunies pour que commence enfin l’immense travail de réhabilitation de la vérité historique et donc du rôle central que les USA ont joué dans l’asservissement et la destruction des économies et des nations du monde, avec le consentement éclairé des élites européennes et, surtout, françaises, jamais en retard du sacrifice de leur propre pays si cette offrande leur permet de s’auto-garantir l’attribution à vie de quelques prébendes confortables. Bien sûr, la société française devra être purgée car ces élites (fausses comme ces idoles de substitution des temps apocalyptiques) ont trahi, trahissent — sans jamais être inquiétées ou si peu — et trahiront encore, si les Français ne leur imposent pas des limites strictes dès maintenant, en 2027 et toutes les années qui suivront.
Mais que l’on se rassure.
La dégradation des conditions de vie du peuple alliée à la multiplication des technologies de contrôle devrait maintenant rapidement créer les conditions nécessaires à l’expression d’une colère cathartique, d’une colère verticale, colère qu’il nous faut couver comme le feu sacré de nos ancêtres et réserver, le moment venu, à ceux qui la méritent vraiment.
La seule entité incapable de comprendre comment le peuple fonctionne est le peuple lui-même car on le dresse à la croyance que la solution viendra de quelqu’un d’autre, autre que de lui-même, un autre providentiel, supérieur ou étranger. C’est un mensonge. Personne ne viendra nous sortir de l’ornière. Personne ne viendra nous prendre par la main. Personne n’ira défendre nos enfants contre l’ogre machinique en train d’aiguiser ses appétits de chair humaine. Personne ne luttera à notre place. Personne ne prendra la peine d’enterrer nos morts.
Personne ne mourra à notre place.
Personne.
Personne.
Et c’est précisément pour lui inculquer cette idée fausse et perverse, qu’il n’a en réalité aucun poids politique, aucune valeur réelle, qu’on lui fait continuellement peur, au peuple, qu’on lui brise les reins, son compte en banque et sa liberté, qu’on ne lui insuffle plus guère d’autres ambitions que celle d’obéir, de payer et surtout, surtout, celle de bien fermer sa gueule.
D’un peuple qui a écrit liberté sur chacun de ses édifices publics depuis plus de deux siècles, on a fait un élevage de moutons dociles, prêts, une fois de plus, à marcher, bêlant de loisirs gras, vers le grand abattoir du capitalisme de progrès ! Aux armes citoyens ! Formez vos bataillons ! Depuis la grande boucherie de 14-18, le Monde-Machine n’a jamais renoncé à venir boire votre sang directement dans votre crâne béant ! Il recommencera bientôt, soyez-en sûr, il n’a pas d’autre objectif !
De cela, vous pouvez avoir peur, mais certainement pas de mourir en le refusant !
Vos enfants vous remercieront bien assez tôt.
Alors tenez-vous prêt.



