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Yann Moix : retour sur sa Naissance

Yann Moix : retour sur sa Naissance

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Peut-être aurait-il mieux valu de l’inquisiteur de naisse jamais au regard de la violence de son outing. Le gentil change de camp et rejoint sa famille de méchants en subissant la loi la plus vieille du monde, celle de l’arroseur arrosé. Fabrice Trochet a retrouvé ce texte consacré à Naissance de Yann Moix paru en 2013. Il l’avait écrit en 2014 sans le publier. La polémique de celui se noie dans la confusion d’excuses après n’avoir cessé de condamner, nous permet d’exhumer ce que nous pensions de lui avant la confession. Tant de pages pour parler de soi… Fabrice Trochet, orléanais, aurait presque pu s’y retrouver.

Je n'avais pas l’intention de lire le dernier livre de Yann Moix bien qu'il ait eu le prix Renaudot. De nos jours ces prix ne sont plus un critère de qualité. En fait ce qui m'a incité à le lire c'est qu'il évoque Orléans, plutôt négativement selon les médias orléanais. C'est la ville où Moix a passé son enfance, tout comme moi et j'en ai aussi une piètre estime. Il y parle de Saint Jean de la Ruelle, une triste ville où j'ai habité pendant des années et où mes parents vivent toujours. Baroud devenu Auchan, les Salmoneries, Pichoff, les Chaises (Moix orthographie les Chèzes), les cafés orléanais : tout cela m'est très familier.

Évidemment je ne conseillerais pas ce livre mais parmi ce millier de pages quelques lignes sont dignes d'intérêt.

Sur l'écriture :

« Il est des gens, sur terre, qui prétendent que l'écriture est quelque chose de « difficile ». Ils souffrent en écrivant. Ils comparent leur production littéraire à l'accouchement d'une mère. L'écriture est le strict contraire de la souffrance, de l'effort, du travail. Le « littéraire » exige du travail, la littérature demande le contraire, à savoir la révocation en soi de toute forme de travail. Le contraire exact du travail, ce n'est pas le loisir, ce n'est pas la vacance, ni les vacances, ce n'est pas le repos : le contraire du travail c'est l'art. »

« Lorsqu'on s'ennuie, camarade, tu sais ce que c'est, il faut bien inventer des fascismes ennemis. Des fascismes à combattre. Des moulins de fascisme. Tout ce qui est de l'ordre de l'ennui est susceptible de se transformer en combat contre le fascisme (…) »

« On s'imagine que le christianisme inventa un homme-dieu. On s'imagine que Jésus n'est ni tout à fait un homme, ni tout à fait un dieu. Faux. L'invention du christianisme consiste à tirer la divinité de son humanité, de la pureté de son humanité. Nul ne saurait -telle est la leçon des Evangiles- être plus humain que le Christ. »

Par contre il écrit « Bataille fut important pour Orléans, et Orléans fut important pour Bataille. » Ce qui est plutôt faux car c'est Péguy qui fut important pour Orléans. Moix consacre une partie de son roman à Frantz-André Burguet qu'il imagine vivant en 1975-1976 à Orléans dans la même résidence que lui.

Cette prose logorrhéique, cette même figure de style répétée jusqu'à la nausée, lasse avant la fin. 1150 pages évidemment… Il est adepte du name-dropping et cela sur plusieurs pages. Il énumère ainsi les cents œuvres musicales préférées de son copain, ensuite vient évidemment dans cette lancée une suite de 100 livres, il poursuit encore avec les 100 films préférés et tant que ça marche… 100 œuvres d'arts (reproductions, photos).

(…)


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