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La musique austro-allemande m'enchante

La musique austro-allemande m'enchante

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La musique austro-allemande m'enchante. Elle me bouleverse, me tire aussi bien des larmes que de la joie. Les cinq sens sont au garde-à-vous. Tout se voit, tout se sent, tout se montre. Le dévoilement est total. Il est là, ne se dit pas, est un silence. Un silence qui s’entend au milieu d’un fracas, d’un miracle, d’une joie. Une joie, quelle joie ! Une joie qui ne dit pas son nom, qui ne crie pas sur tous les toits, une joie intérieure qui vient de l’âme. Et l’âme ?! Qui se terre un temps secrètement en elle ? Une symphonie par exemple. Elle y fait son nid, noircit ses doigts, sa langue, ses pas de danse et un beau jour, en sort comme par miracle. La musique austro-allemande est grande. Elle me touche bien plus que la musique française. Je ne me l'explique pas. L'âme n'y peut rien. Celle qui franchit le Rhin, les Alpes lui parle, me parle davantage. Je ne crois pas les âmes semblables, je les crois toutes singulières. Si je méprise, snobe la musique française ? Certainement pas ! J'aime Couperin, Daquin, Rameau, Berlioz, Fauré. Mais Bach, la famille Bach, Haydn, Telemann, Gluck, Krebs. Beethoven, Wagner, Schumann, Richard Strauss. Mozart, Brahms, Bruckner. Mahler, Berg, Webern, Schoenberg… Je ne résiste pas.

J’écoute Bruckner, l’allegro moderato de la symphonie n°7 et le voyage est soudain. Langoureux, pétaradant, tonitruant, tout et son joli contraire. Plus la joie se fait sentir, plus je me dis qu'écrire sur eux est nécessaire, vital, fondamental. Écrire sur la musique austro-allemande. Écrire bien que non-musicien. Écrire parce que ces contrées, ces terres me fascinent, me hantent, me tiennent depuis longtemps. Comment ? Par le songe, le verbe, la musique. Je ne suis pas monomaniaque. Pas toujours, quelques fois, pour d'excellentes raisons. Je ne suis pas un bloc. Ma pensée est en mouvement. La musique nordique m'a, elle aussi, ouvert ses portes et quelles Portes ! Ne serait-ce que Sibelius… mais ses bardes sont légion. Écrire, oui ! Écrire sur la musique austro-allemande, d'un siècle l'autre, y compris le nôtre. Bruckner me vient à l’oreille. Mon cher Bruckner, que je dois à Richard Millet qui a en a si bien parlé dans son livre sur Sibelius, son Journal. Anton Bruckner, cet homme humble, modeste mais grand. Anton Bruckner, le paysan, le mystique, pur, dur, entêté, obsédé par le Très-Haut. Anton Bruckner, le wagnérien. Anton Bruckner, le musicien de l'âme. Je crois que ce livre s'écrit déjà.


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