Découvrez la collection Mauvaise Nouvelle, aux Éditions Nouvelle Marge.


Pascal Vinardel, l’art de la nostalgie

Pascal Vinardel, l’art de la nostalgie

Par  

On ne quitte pas son pays à l’âge de quatorze ans sans remords, séquelles et nostalgie. Si l’œuvre de Pascal Vinardel est marquée par l’exil, elle ne l’est jamais par le ressentiment. Ses intérieurs cossus semblent avoir été traversés par les courants d’air du temps, mais aucune odeur de naphtaline ne rôde dans les armoires : c’est la lumière des soirs d’été, telle que l’évoquait Albert Camus, qui emplit ses toiles. Des objets jonchent le sol, comme ceux découverts dans les tombes égyptiennes du souvenir. Égyptiennes ? Pas exactement, c’est le Maroc post-colonial que le jeune Pascal quitte en 1965.

Les rares figures humaines qui hantent son espace pictural sont tout sauf réalistes. Silhouettes familières ou créatures oniriques, elles possèdent l’évanescence des personnages de Paul Delvaux. Êtres figés, ils ne livrent leur visage que par le truchement d’un miroir — autrement dit, par le souvenir. Les intérieurs baignés de soleil racontent leur histoire ; les objets en deviennent les emblèmes. Ils ont l’âge des rêves du peintre et traduisent parfois une forme de révolte : les objets jetés au sol peuvent se lire comme une rupture avec l’ordre bourgeois dans lequel il a grandi.

Si les terrasses, les rues en pente menant à la mer ou les quartiers arabes apparaissent souvent désertés, c’est pour mieux laisser place au rêve. L’œuvre de Pascal Vinardel oscille ainsi entre le noir et blanc et des couleurs très chaudes. Il s’agit à la fois de souvenirs personnels et d’une véritable invitation au voyage vers un paradis intérieur que chacun porte en soi — celui que Charles Baudelaire évoquait déjà :« Là où tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. »

Nostalgie, suspension, mais aussi invitation, chaleur, espace et lumière : autant de termes pour tenter de qualifier une œuvre secrète. À cela s’ajoute la notion de transfiguration, lorsque l’artiste lui-même évoque, sans le nommer, le cœur de sa démarche :
« Comme un fragment détaché de ces temps immémoriaux où magie et beauté scandaient toutes les activités humaines, l’œuvre d’art enferme un peu de cette formule perdue et fait ressurgir en nous l’éternel désir d’une communauté harmonieuse. »

 

La Galerie Artborescence propose du 5 au 17 janvier 2026 une exposition des œuvres récentes du peintre. 36, rue de Penthièvre 75008 Paris. Du lundi au samedi de 11h à 19h. |À défaut de s’y rendre, une galerie virtuelle est accessible en ligne : https://vinardel.com/galerie/ contact : contact@vinardel.com

 

 


Nicole Esterolle en artcontemporainistan
Nicole Esterolle en artcontemporainistan
Gérald Engelvin, la mémoire longue (suite sans fin)
Gérald Engelvin, la mémoire longue (suite sans fin)
Idées pour des arts contemporains studies
Idées pour des arts contemporains studies

Commentaires


Pseudo :
Mail :
Commentaire :