Marche Lynx : poésie, manifeste, hymne
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Marche Lynx : poésie, manifeste, hymne
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles
Baudelaire
Ces vers de Baudelaire trouvent un écho immédiat dans le recueil d’Olivier Benoit Gonin, Marche Lynx, aux éditions du Clos Jouve. Dans sa préface, Luc Jacquet nous parle d’une poésie en gouttes de rosée, en gouttes de pluie sur le nez ou en torrent dans le dos. Et c’est bien ça, nous cheminons avec Olivier Benoit qui nous confère des yeux le lynx pour convertir notre regard à la nature qui nous entoure. « Qui observe qui ? » Il faut souligner le sourire continue de l’arbre…
Cette poésie est une balade qui nous propose un humble retour à la nature. Il s’agit simplement de retrouver notre capacité à contempler, c’est-à-dire à diminuer. Diminuer signifie aussi raisonner moins : « l’hypocrisie ou la naïveté / de vouloir changer le monde/En un développement durable / Mais c’est une fable que nous nous racontons / Pour soulager notre conscience. » Une indulgence moderne donc. La réalité vue par le poète est celle de l’abandon, de la prise de conscience que nous n’avons aucun contrôle et que nous ne sommes pas les seuls sur Terre.
Le poète voit la nature comme un sanctuaire et bascule dans un mysticisme, une sorte de panthéisme. Il voit des autels en pleine montagne. L’auteur s’incorpore à la création grâce au pouvoir de l’imagination, celle qui naît après la conversion du regard. « Je suis », dit-il… Je suis : Aigle, lune, Massif, Monastère, Tortue, Paysage, Loup… Et il apprend à lire : « Nous devinons dans cette masse de roches l’archaïque du vivant qui trame. » Qu’est l’être à côté de cette vaste création ? Vanité des vanités… La poésie est là aussi pour nous rappeler que nous étions poussières et que nous redeviendrons poussières : « Un jour nous ne pourrons plus boire / que la poussière / De nos os »
Il faut lire le recueil comme un manifeste :
« Je préfère la liberté de la faux
À la servitude de la tondeuse
Sauvage apprivoisé ou domestique contrait
L’égo-logie politique ou
La parole des créateurs
Le pouvoir ou… »
Il faut le lire comme un hymne.
« Ne crains pas de regarder les nuages
Personne
Ne peut te prendre ton temps
Assis
Face à cette lisière lumineuse
Fin d’orage et de soleil levant
(…)
Je m’assois
Les herbes sont noueuses et humides
Elles m’imposent leur force. »
Marche lynx, poésie de Olivier Benoit Gonin, ed. Le clos Jouve, 88 pages, 17€



