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Nikola Mirković : la guerre en Ukraine est une guerre americano-russe

Nikola Mirković : la guerre en Ukraine est une guerre americano-russe

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Propos recueillis par Maximilien Friche

MF : Nikola, vous dites que la guerre actuelle entre la Russie et l’Ukraine est en réalité une guerre USA-Russie et on le comprend au regard des enjeux politiques notamment autour de l’Otan. Toutefois, on constate bien que ce sont des Ukrainiens qui ont renversé le président en 2014 et que ce sont bien des Ukrainiens qui résistent à l’envahisseur russe avec une forte conscience nationale. C’est donc bien leur guerre. Pourrait-on réellement manipuler tout un peuple pour n’en faire qu’un instrument dans les mains des intérêts américains ?

NM : Oui cette guerre est clairement une guerre americano – russe et le territoire ukrainien est le théâtre d’un affrontement civilisationnel, politique et économique qui couve depuis de nombreuses années. Depuis les théories de Mackinder et Spykman, entre autres, de la première moitié du XXe siècle, la stratégie géopolitique américaine, que je développe dans L'Amérique Empire, a identifié le centre du continent eurasiatique comme le point névralgique du monde (le "Heartland"). Celui qui contrôle ce centre contrôle « la destinée du monde » et il se trouve que ce centre est essentiellement en Russie. A la fin de la chute du mur de Berlin, les Américains ont cru qu’il leur suffirait de se baisser pour ramasser les rescapés du bloc communiste. Cela a fonctionné pour la plupart des pays européens qui sont entrés chronologiquement d’abord dans l’OTAN puis dans l’Union européenne, mais cela n’a pas marché avec la Russie qui, après avoir été tenté par le club atlantiste, s’est fait refouler et a décidé de suivre son propre chemin. Les Etats-Unis ne veulent pas que la Russie redevienne une puissance européenne, car si la Russie et l’Europe de l’ouest se rapprochent et que le « doux commerce » prépare le terrain à des alliances politiques, alors l’hégémonie américaine sur l’Europe de l’ouest disparaîtrait. Dans mon livre, j’explique comment les Etats-Unis ont procédé pour faire monter cette tension avec la Russie et comment ils ont tenté de transformer l’Ukraine en coin entre la Russie et le reste de l’Europe.

Concernant votre deuxième point, on ne peut absolument pas dire que ce sont les Ukrainiens qui ont renversé leur président en 2014 lors des manifestations de l’Euromaïdan. Une partie seulement des Ukrainiens y a participé avec le soutien des Etats-Unis et de l’Union européenne. La sous-secrétaire d’État américaine Victoria Nuland a avoué que les US avait dépensé 5 milliards de dollars pour apporter la « démocratie » en Ukraine et qu’ils voulaient donner aux Ukrainiens « l’Europe qu’il leur fallait ». A côté de militants néonazis ukrainiens (que les médias ont tenté de nous cacher), on a pu voir le gratin de l’atlantisme bon teint parader dans les rues de Kiev pour inviter les manifestants à la révolte. Je ne savais pas que Bernard-Henri Lévy, Victoria Nuland, les sénateur US John McCain et Chris Murphy et tant d’autres étaient ukrainiens. Pourtant on les a vus lors de l’Euromäidan encourager la foule à la sédition. L’Euromaïdan était en réalité la deuxième révolution de couleur organisée par les US en Ukraine en une décennie avec l’aide d’officines mondialistes come l’Open Society de George Soros. Lors de l’Euromaïdan le président démocratiquement élu Viktor Ianoukovitch, dont le seul véritable crime était de préférer un partenariat économique stratégique avec la Russie plutôt qu’avec l’Union européenne, a été renversé. Cela s’appelle un coup d’État. Quasiment aucun média n’a relayé à l’époque les manifestations des Ukrainiens de l’Ouest et du Sud de l’Ukraine qui étaient largement hostiles à ce coup d’État. Plusieurs régions ont déclaré leur indépendance par référendum suite à l’Euromaïdan et ont pris les armes quand Kiev a envoyé les chars. Je vous invite à lire l’analyse de l’ukrainien Yuliy Dobovyk qui est extrêmement éclairante à ce sujet. Il dit : « Washington a renversé notre gouvernement deux fois en une décennie, imposé des politiques économiques néolibérales qui ont fait de notre pays le plus pauvre d’Europe et a fomenté une guerre qui a coûté la vie de 14 000 Ukrainiens ces 8 dernières années et beaucoup plus de blessés et de déplacés. » Croire que tous les habitants d’Ukraine sont dans le même camp est une erreur fondamentale.

MF : Cette guerre n’est pas récente, il y a eu 2004 avec la révolution orange puis 2014 avec le renversement du président élu et depuis 2014, la répression contre le soulèvement des provinces russophiles a fait 14 000 morts. Cette guerre a laissé l’Occident totalement indifférent contrairement aux émotions qu’avait provoqué le Kosovo. N’y avait-il pas néanmoins la possibilité d’une intervention légale via l’ONU plutôt qu’une Russie qui se mandate seule pour rétablir la paix et rendre la justice ?

NM : Depuis la création de l’Etat ukrainien en 1991, les Etats-Uniens ont tout fait pour le séparer de la Russie alors que les relations entre les territoires qu’on appelle aujourd’hui Ukraine et Russie remontent au Moyen-Age. Une partie non négligeable d’Ukrainiens se sentent plus proches des Russes que des Américains ou de l’Union européenne. Ils partagent la même langue, une culture commune, une histoire commune et ils appartiennent à la même église. Pourquoi est-ce si difficile pour les occidentaux de comprendre ça ? Cela ne signifie pas que tous les Ukrainiens pensent ainsi mais il y a clairement deux Ukraine à l’Ouest et à l’Est du Dniepr et les US ont voulu que la partie occidentale s’empare linguistiquement, culturellement et religieusement de la partie orientale. Depuis le coup d’Etat de 2014, neuf journalistes ont été tués en Ukraine, en avez-vous entendu parler dans les médias ? Avons-nous entendu parler de Viktor Medvedchuk, pincipal opposant à Zelensky qui est assigné à résidence ? Avons-nous entendu parler des médias d’opposition qui sont bâillonnés ?  Non, rien du tout. Nos médias ne sont pas objectifs et préfèrent dérouler une petite histoire manichéenne comme celle qu’on raconte aux enfants le soir avant de les coucher. On nous a menti sur les armes de destruction massives en Irak, sur les bébés qataris tués par des soldats irakiens, sur le faux massacre de Račak au Kosovo, sur le viagra ingurgité massivement par les soldats libyens… pourquoi ceux qui mentaient hier nous diraient-ils la vérité aujourd’hui ? Quant à l’ONU, le général de Gaulle nous avait déjà prévenus qu’il s’agissait d’un « machin ». Si l’ONU était efficace nous n’aurions pas eu de guerres en Irak, en Yougoslavie, en Afghanistan, en Libye, en Syrie… La Russie est entrée militairement en Ukraine pour régler un problème qui date depuis longtemps et qui n’a été géré ni par l’Ukraine, ni par la France et l’Allemagne (signataires des accords de Minsk 2), ni par l’UE, ni par l’ONU. N’oublions pas cette phrase lourde de sens de l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Boutros Boutros Ghali qui disait que « L’ONU est juste un instrument au service de la politique américaine. » Aussi n’oublions pas que les politiques d’ingérence américaines en Ukraine qui se sont matérialisés par deux révolutions de couleur sont elles aussi illégales et interdites par la Charte des Nations Unies. La résolution 36/103 de l’ONU rappelle « le devoir d’un État de s’abstenir de toute action ou tentative, sous quelque forme ou quelque prétexte que ce soit, tendant à déstabiliser ou à compromettre la stabilité d’un autre État ou de l’une quelconque de ses institutions. » Les révolutions organisées par les USA en Ukraine sont illégales et la cause de la guerre actuelle. 

MF : Vous rappelez que les US et l’OTAN n’ont eu de cesse depuis la fin de la guerre froide d’intervenir, y compris illégalement, dans bien des pays : Irak, Yougoslavie, Kosovo, Syrie, Lybie, etc. Vous rappelez également que l’ensemble de ces guerres a fait près d’un million de morts dont un tiers de civils. Et quand la Russie intervient en Ukraine, on crie au crime de guerre immédiatement. L’Occident se serait-il arrogé le monopole de la violence ? Les intentions occidentales permettent-elles de laver toutes les atrocités ?

NM : Les valeurs qui ont fait la grandeur de l’Occident disparaissent et aujourd’hui l’Occident ment. Il ment au reste du monde et il se ment à lui-même.  Nous vivons dans le monde hors sol de la mythomanie. Nous avons participé à toutes ces guerres que vous mentionnez et dans quel but ? Officiellement nous devions apporter la « paix », la « démocratie », le « respect des droits de l’homme »… Où sont ces belles valeurs dans ces pays aujourd’hui ? La Yougoslavie n’existe plus, elle a été vitrifiée et remplacée par des micro-États qui sont presque tous entrés dans l’UE et l’OTAN. Les tensions sont toujours vives entre les différents peuples balkaniques, les pays sont toujours pauvres et une nouvelle guerre peut y exploser du jour au lendemain. Qu’avons-nous fait en Irak ? Où est la paix ? Où est la démocratie ? Où sont les « armes de destruction massives » ? Nulle part ! L’Irak est déchiré aujourd’hui entre différentes factions qui se disputent un tas de ruines que nous leur avons légué. A la place d’un État laïc où le ministre des Affaires étrangères était chrétien nous avons laissé un pays divisé et appauvri que fuient les chrétiens et qui a donné naissance à l’État islamique. En Afghanistan, nous, Français, avons suivi les Américains pendant 20 ans et nous avons laissé le pays aux Talibans ! En Libye nous avons détruit un des pays les plus riches d’Afrique et mis au pouvoir des rebelles qui ont installé la charia. En Syrie nous avons aidé des islamistes pour lutter contre Bachar al-Assad qui, lui, défend un pays multiconfessionnel. La guerre de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999 et celle des USA contre l’Irak en 2003 étaient complètement illégales et ont été menées sans aucun mandat du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Je l’ai écrit il y a bien longtemps : en ne respectant pas le droit international nous avons ouvert la boîte de Pandore de nouvelles guerres à venir. Ne pensez pas non plus que le reste du monde compte nous pardonner nos guerres et millions de morts (direct et indirect) dans ces guerres qui ont servi à enrichir nos complexes militaro-industriels et pas les peuples que nous étions censés aider. Comment pouvons-nous reprocher l’intervention illégale de la Russie quand nous avons fait la même chose ? Regardez la carte des pays qui appliquent des sanctions économiques contre la Russie. Il n’y a quasiment que les pays de l’OTAN et leurs alliés. Cela en dit long sur notre influence décroissante dans le monde aujourd’hui. Nous assistons peut-être à la fin du rêve américain qui a guidé martialement et médiatiquement nos sociétés occidentales depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Le réveil pour certains va faire très mal.

MF : On parle de censure en Russie, de dictature, depuis longtemps d’ailleurs. Mais pourtant la Russie n’a pas le monopole de la censure. Chez nous, RT News et Sputnik n’ont plus droit de citer, et l’on sait à quel point les médias sponsorisés par l’Etat et les puissances financières sont habiles à manipuler l’opinion. Tout cela reste tout de même surprenant. Cette incapacité à nourrir un esprit critique et ces automatismes pavloviens qui consistent, dictés par l’émotion, à arborer un drapeau ukrainien aujourd’hui comme on disait je suis Charlie à l’époque… Comment éviter tous les pièges de la pensée, ceux tendus par Moscou, comme ceux tendus par Washington ?

NM : En 1999 j’étais à Belgrade pendant les bombardements et j’avais accès à la télévision serbe et à CNN. Les Serbes n’avaient pas pratiqué de censure. L’OTAN, elle, a décidé de bombarder le bâtiment de la télévision serbe, 16 personnes ont été tuées. Personne n’était « Charlie » pour eux. Les médias dominants occidentaux (et de nombreux pays dans le monde, soyons honnêtes) appartiennent majoritairement au pouvoir ou à des oligarques proches du pouvoir. Ce n’est pas une surprise qu’ils ânonnent tous la même chose selon le camp dans lequel ils se trouvent. Il faut aller fouiner dans des livres ou sur internet pour trouver des infos alternatives et, malheureusement, seules les personnes motivées le font. Le reste de l’opinion et manipulée par ce que Chomsky et Herman appellent la « fabrication du consentement. » Sur le sujet de RT et Sputnik, nous avons affaire à un cas d’école très révélateur. Ursula von der Leyen, présidente de la commission européenne, qui n’a été élu par aucun peuple européen (quand on parle de démocratie c’est important de le rappeler) déclare qu’il faut interdire les médias russes Sputnik et RT. Tous les pays de l’UE obtempèrent sans rechigner. Nos élites boomers qui criaient en 1968 qu’il était « interdit d’interdire » interdisent à tour de bras. Une semaine plus tard, le Mali décide d’interdire Radio France Internationale et France 24, deux médias qui appartiennent à l’Etat français. Les médias dominants français ont poussé des cris d’orfraie et Emmanuel Macron a osé dire qu’il condamnait « avec la plus grande fermeté cette décision » qui lui « semble contraire aux valeurs que portent le peuple malien et le Mali. » Quel toupet. Nos élites ne se rendent même plus compte de l’inconséquence de leurs actes. Ils sont hors sol et complètement déconnectés du bon sens. Pour éviter les pièges de la pensée et savoir discerner la propagande il faut lire, lire, lire et relire. On peut regarder de bons documentaires aussi mais il faut s’instruire et surtout confronter les opinions contradictoires afin de se faire, non une opinion, mais un jugement. C’est pour cela que toute censure est incompatible avec un modèle réellement démocratique. Ceux qui veulent nous cacher des informations veulent les contrôler.

MF : j’aimerais désormais m’attarder sur le rôle de la France. Dans son histoire, la France s’est illustrée comme ayant la capacité à exprimer une voie propre, non totalement alignée sur ses alliés américains, ce qui avait un avantage diplomatique certain dans la résolution des conflits. On pense bien sûr, au général De gaulle, mais aussi à Chirac lors de la deuxième guerre d’Irak. Aujourd’hui Macron s’affiche comme un interlocuteur indispensable mais semble totalement dépouillé d’armes diplomatiques, se contentant d’être une sorte de tête de gondole US. De quelles armes diplomatiques aurait-il pu user avec un peu de courage pour permettre à la France d’être fidèle à son histoire ?

NM : De Gaulle a été quasiment le dernier chef français à se battre pour la défense de notre souveraineté. On ne se rend pas compte à quel point la 5e colonne proaméricaine à l’intérieur du pays nous a fait mal. A Alain Peyrefiite il a confié : « Le grand problème (…) c’est l’impérialisme américain. Le problème est en nous, parmi nos couches dirigeantes, parmi celles des pays voisins. Il est dans les têtes. » A l’époque de Mitterrand, nous étions déjà soumis à Washington. Le président socialiste disait à Jacques Attali : « Pour Reagan, l’Occident est un protectorat qu’il administre comme le faisait autrefois notre administration coloniale dans l’empire. » Nicolas Sarkozy n’a rien trouvé de mieux que de fouler l’héritage gaulliste au pieds pour relancer la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Quand on pense que de Gaulle avait fermé toutes les bases de l’OTAN en France ! Un des hommes les plus influents de la politique étrangère états-unienne des années 1980 et 1990, Zbigniew Brzezinski, le dit sans ambages : « l’Europe de l’Ouest est un protectorat américain. » Voilà notre grand problème. Nous devons retrouver notre souveraineté, c’est la clef de voute de l’indépendance nationale. Sans elle nous ne pourrons plus jouer de rôle majeur dans le monde et pourtant nous sommes une puissance nucléaire, nous avons un réseau diplomatique qui a été parmi les plus impressionnants du monde et le 2e domaine maritime mondial. La voix d’une France souveraine et indépendante manque cruellement dans le concert des nations. Face à Poutine, Macron n’a pas été le président des Français et un chef européen mais le porte-parole de Joe Biden et d’Ursula von der Leyen. C’est une humiliation pour la France. Cela fait 7 ans que la France a signé les accords de Minsk II pour la paix au Donbass. Il est anormal qu’elle n'ait pas trouvé de solution pour imposer la paix.

MF : certes on peut voir Poutine comme piégé par les US et l’Otan, mais malheur à celui qui déclenche la guerre, la possibilité de la mort de l’innocent. En intervenant en Ukraine, finalement, il imite l’Occident, voire la caricature. Il manipule l’opinion, il dit intervenir pour la sécurisation d’un territoire et la justice humanitaire, et finalement ne fait qu’agir pour étendre son emprise et son empire… Si Poutine n’est pas pire que l’Occident, manifestement il n’est pas meilleur. Il est devenu aussi méprisable que nous et a ainsi tué l’espoir que représentait la Russie pour tous les peuples d’Europe, à savoir la possibilité d’un enracinement pour échapper au règne matérialiste. La Russie éternelle en a connu d’autre, elle a survécu au matérialisme communiste… Mais Poutine ne contribue-t-il pas aujourd’hui à affaiblir l’héritage russe à peine recouvré ?

NM : Vous dites « malheur à celui qui déclenche la guerre » alors que faut-il dire des 14 000 morts au Donbass avant l’intervention de Moscou ? Que fait-on aux responsables de cette guerre-là ? On compte les morts ? On ferme les yeux et on se dit que le mal va disparaître ? Un des plus grands professeurs de science politique américain, John Mearsheimer de l’Université de Boston, a clairement dit dans le New Yorker il y a quelques semaines que la politique américaine en Ukraine est responsable de la situation actuelle. Il affirme que : « s’il n’y avait pas eu la décision d’avancer l’Otan vers l’est pour inclure l’Ukraine, la Crimée et le Donbass feraient aujourd’hui partie de l’Ukraine et il n’y aurait pas de guerre en Ukraine. » L’ancien premier ministre ukrainien Mykola Azarov lui-même affirme que les Etats-Unis "se servent de l’Ukraine pour saigner la Russie. » La guerre, c’est terrible et je l’ai vue en face. Pour autant, cessons d’être naïfs, la guerre rythme l’histoire de l’homme depuis la nuit des temps. C’est la conséquence de nos turpitudes terrestres et un des prix à payer pour la chute de l’homme au jardin d’Eden. Notre drame français et que nous avons cru Francis Fukuyama quand il disait que nous avions atteint la fin de l’histoire. Nous sommes la cigale qui, depuis la 2e guerre mondiale, ne pense qu’à jouir alors que les fourmis travaillent, font des enfants et se projettent dans le temps. Nous nous réveillons du rêve américain avec la gueule de bois car nous sommes nus. Nous ne connaissons plus notre histoire, nous avons perdu nos racines, nous avons créé une société individualiste et hédoniste et nous nous rendons compte que nous n’avons même plus d’État capable d’assurer la sécurité de tous et le respect du droit. Nous sommes dans l’anomie totale alors que d’autres construisent leur avenir. Ca fait mal. Poutine est intervenu militairement dans une région russophone qui est en guerre depuis 8 ans. Pour rappel nous avons été rechercher l’Alsace et la Lorraine à la force de nos baïonnettes. Alors bien sûr nous aurions tous préféré ne pas voir la guerre mais que faire quand le droit international est bafoué ? Que faire quand les morts s’empilent ? Que faire face à l’hypocrisie de nations qui n’hésitent pas à faire la guerre pour du pétrole quand d’autres la font pour sauver leur peuple ? Nous savons maintenant qu’en Ukraine la CIA entraîne l’armée, l’OTAN y a construit des bases et que les US y ont financé des laboratoires biologiques. Poutine devait-il attendre que les bombes à têtes nucléaires de l’OTAN se trouvent sur sa frontière pour intervenir ? Souvenez-vous de la réaction de Washington quand l’URSS a essayé de faire la même chose à Cuba en 1962. Quelles garanties avons-nous donné à la Russie que nous ne l’attaquerions jamais par une guerre non conventionnelle de type révolution de couleur ou par une guerre conventionnelle ? Pourquoi Poutine nous croirait-il alors que nous avons détruit la Yougoslavie et l’Irak en nous essuyant les pieds sur la charte de l’ONU ? Je ne cautionne pas du tout la guerre de Poutine, ce qu’il a fait est clairement contraire au droit international mais la réalité est que ce droit est mort depuis longtemps, nous l’avons bafoué et nous avons fait des émules. L’Union Européenne, quant à elle, a failli à sa mission et au lieu de bâtir la paix avec la Russie s’est alignée sur les Etats-Unis qui veulent la guerre. Si nous sommes choqués par ce qui se passe en Ukraine actuellement, ce n’est clairement pas le cas du reste du monde. Des pays majeurs comme la Chine, l’Inde, le Brésil, les Émirats-Unis, Israël et la plupart des pays africains et sud-américains n’ont pas appliqué de sanctions contre la Russie qui pourra continuer à faire du commerce avec eux, beaucoup de commerce. A l’époque des ogives nucléaires nous avons raison de craindre l’armageddon mais, de grâce, sachons pointer du doigt le véritable fauteur de trouble.


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