Découvrez la collection Mauvaise Nouvelle, aux Éditions Nouvelle Marge.

MN revient en septembre, en attendant, fouillez dans nos 8 ans de textes


Le chant du cygne du jacobinisme

Le chant du cygne du jacobinisme

Par  

Ça y est ! La bête meurt, le monstre froid agonise. Certes, il le fait de façon pathétique et dans l’incohérence du grabataire ayant perdu la tête, mais force est de constater que la crise sanitaire a révélé la sénilité de notre République. C’est que le jacobinisme lui est consubstantiel. S’il fallait résumer l’idéologie de la révolution, ce serait par cette volonté centralisatrice de tout décider depuis Paris. C’est Paris comme ce fut Moscou en URSS. Paris n’est dès lors plus un lieu mais un ensemble d’organes d’Etat qui dessinent des cartes dans le mépris des territoires. Au début, le culte du rationalisme produisit quelque efficacité. En retirant aux provinces le privilège de faire des lois, on permit sans doute, par la logique de la hiérarchie des normes, d’éviter les conflits juridiques territoriaux.

Mais depuis l’eau a coulé… Notre président, étant hors-sol, ne pouvait que perdre pied. Engendré par des algorithmes dictés par des intérêts particuliers, il en oublie le bien commun et même la représentation nationale. Il gouverne avec des comités : urgence sanitaire, experts de la santé et tous les technocrates des antichambres et autres cabinets. Le dernier expert qui a parlé a raison. Ce qui donne une impression d’une marionnette éructant : Jacques a dit… pas plus de trente personnes à une messe ; Jacques a dit … port du masque obligatoire en extérieur partout en toute circonstance ; Jacques a dit… on interdit la vente de livres dans les supermarchés etc. Une technocratie en roue libre, sans boucle de retour du terrain, baudruche infatuée d’elle-même se croyant légitime car intouchable.

Le Gorafi et le Figaro sont désormais une seule et même chose, l’actualité bégaye et se répète en farces. Il est devenu difficile de se moquer de la situation sans devenir immédiatement prophète. Demain sera plus grotesque qu’hier. Prédisez des stations de ski ouvertes mais les remontées mécaniques fermées, vous ferez rire vos copains mais serez rattrapés par le gouvernement. La réalité et la ruralité bien sûr sont totalement méprisées. 30 à la messe ! Une chance pour certaines églises du Gers d’égaler enfin Saint-Sulpice ! Quelle idée de faire des lois qui entrent dans le détail, s’y enlisent, et qui veulent en même temps garder leur caractère universel et s’appliquer à tous de la même façon quelles que soient les circonstances !

Cet emballement de lois idiotes et absurdes n’est que la marque de la défiance vis-à-vis du peuple, consubstantielle de la République. Il est d’ailleurs devenu plus important de faire des lois que de savoir les appliquer, c’est le propre de la virtualisation de la politique. Pour les gardiens du jacobinisme, la loi engendre le réel, la loi définit le danger. Ainsi, il était dangereux d’aller au-delà d’un kilomètre de chez soi vendredi, et samedi le danger avait été redéfini et nous pouvions aller jusqu’à 20 km. Il en avait été de même lorsque l’on devait être mobile sur les plages avant que ces dernières ne redeviennent un lieu de farniente. Entre temps, chacun pouvait se faire verbaliser pour avoir fait la veille ce qui serait autorisé le lendemain.

Gageons que l’absurdité soit le signe de la fin pour le jacobinisme, que le ridicule fera éclater en morceaux cette prétention à régir la vie des français depuis des cabinets. Gageons qu’un esprit de subsidiarité et de responsabilité succédera à cette technocratie kafkaïenne.


Vivre, décider et travailler en Bretagne… et en France
Vivre, décider et travailler en Bretagne… et en France
Corse : petite leçon de racisme
Corse : petite leçon de racisme
Macron rêve d’une Europe trans
Macron rêve d’une Europe trans

Commentaires


Pseudo :
Mail :
Commentaire :