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Le sacrifice de toute l’Eglise

Le sacrifice de toute l’Eglise

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Nous avions, pour la plupart d’entre nous, pendant le premier confinement, vécu deux mois sans communier au corps du Christ. L’inconnu de ce virus avait drapé nos peurs d’une légitimité inédite. Le jeûne a pu dans un premier temps renforcer le désir et émonder notre âme trop souvent suffisante et infatuée. Il a également permis de mesurer notre chance d’avoir accès à cette richesse en comparaison à ces pays où la pratique de la messe est interdite ou impossible de fait de guerres, menaces, exactions. Dans un temps suivant, nous nous sommes comme « habitués » à ne pas communier tout en nous réjouissant d’avoir su faire preuve de créativité dans nos prières domestiques, d’avoir parfois érigé nos familles au rang d’Eglise domestique. Sauf que la tentation de l’habitude est une négation complète et totale de notre foi.

En septembre, on a déploré une perte de pratique religieuse de l’ordre de 30%. Le mal était fait. On ne s’était pas tellement soucié de la communion des fidèles pendant des mois. L’usage de la vidéo comme lien paroissial n’avait finalement fait que conforter chacun dans l’idée d’un spectacle, show du curé ou autocélébration selon les points de vue. Le sacrifice mérite mieux que le prime time.

Nous vivons en ce moment le remake du confinement. Comme dans tous les remakes, ça fait moins peur. Trop d’effet de manche, peu de sincérité. L’histoire ne se répète qu’en farce disait Marx. Et ce sont les lois désormais qui définissent le danger.

Comme à la fin du premier confinement, de nombreux catholiques appuyés par quelques prêtres et évêques ont demandé au conseil d’Etat l’autorisation des messes publiques, mais sans le succès de la première fois. Ce serait juste appliquer l’article 18 de la déclaration universelle des droits de l’homme… Il y a donc maintenant des mobilisations de rue. Faute de pouvoir encore prier ensemble devant nos églises pour cause de plan Vigipirate destiné à soi-disant nous protéger, nous sommes rendus à manifester sur les grands places, comme des militants de la messe. Ce gouvernement d’incultes va-t-il comprendre qu’une messe est autre chose qu’une prière communautaire publique ? Ce gouvernement va-t-il comprendre que la messe est le seul lieu au monde du sacrifice à la divinité ?

Sans vouloir faire de cours de religions comparées, nous devons être conscients que les chrétiens sont les seuls à affirmer avoir la présence substantielle de Dieu dans le tabernacle. Nous sommes aussi les seuls à pratiquer le sacrifice. En effet, la présence de Dieu (Shekina) a quitté le temple de Jérusalem lorsque le rideau s’est déchiré. Et les juifs ne pratiquent plus le sacrifice depuis la destruction du temple. Quant aux autres religions, elles n’ont pas non plus ce sacrifice parfait de Dieu qui s’offre lui-même en la personne du Fils pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

La messe est un mémorial, c’est-à-dire une actualisation non sanglante du sacrifice de la croix, selon le rite que l’Agneau de Dieu nous a lui-même transmis au cours de la cène, dans le contexte d'un repas rituel qui constituait déjà le mémorial de l'événement fondateur du peuple d'Israël : la libération de l'esclavage en Égypte. L'Eucharistie est donc le mystère de la foi par excellence. Et il est grand le mystère de la foi ! Par cette expression, prononcée immédiatement après les paroles de la consécration, le prêtre proclame le mystère qui est célébré et il manifeste son émerveillement devant la conversion substantielle du pain et du vin en corps et sang du Seigneur Jésus, réalité qui dépasse toute compréhension humaine.

Et dire que chacun participe au sacrifice de toute l’Eglise à chaque messe ! La célébration eucharistique est à la fois source et sommet de la vie et de la mission de l'Église. Aux origines mêmes de l'Église, il y a une influence causale de l'Eucharistie.

Parce que l’Eucharistie est le résumé et la somme de notre foi, nous ne pouvons pas en être privés sans souffrance. Et si le jeûne du corps du Christ imposé par la crise sanitaire a pu avoir une vertu, ce serait de nous conduire à chaque fois à communier comme si c’était l’unique fois, la première communion et la dernière, pour en mesurer toute l’importance. Ce serait aussi de conduire tous nos prêtres à voir au cœur de leur vocation de donner cette communion aux fidèles dans la multiplication tant désirée par le Père.

Sources :

  • Sacrementum Caritatis (Benoît XVI)
  • Les racines juives de la messe (Père JB Nadler)

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