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Marion, icône de la dissidence

Marion, icône de la dissidence

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Vers qui pouvons-nous nous tourner désormais ? Les disciples disaient à Jésus après que tout le monde l’ait fuit pour n’avoir pas supporté son discours sur le pain de vie et son interprétation cannibale : « vers qui irions nous ? » Et je pense à cette question au lendemain de l’annonce du départ de la vie politique de Marion Maréchal le Pen. Elle seule pouvait nous amener à supporter de voter pour sa tante, la sorcière. Elle seule pouvait nous amener à consentir de mettre le bulletin Front National dans l’urne. Elle seule nous laisser entendre que le Front n’était pas seulement ce parti populiste irrationnel à tendance fasciste à la mode Philippot.

Si Marion était héritière, ce n’est pas tant de sa tante que de Philippe de Villiers et de la tradition contre-révolutionnaire de la droite. Elle arrête sans passer le flambeau et tous les autres de Boutin à Dupont Aignan nous encombrent avec leurs approximations médiatiques. C’est trop dur d’être représenté par des caricatures. Dans la famille Le-Pen, je demande le grand père ! Que dit-il ? Il parle de désertion. Pas étonnant chez celui qui n’a jamais compris ce que fut la résistance qu’il y ait confusion dans sa tête entre déserter et « prendre le maquis. » Il parait qu'il s'est repris depuis. Dans la famille Le-Pen, je demande la tante. Non, Florian, pas toi, laisse la présidente parler, une occasion pour elle de dire qu’elle comprend le choix de sa nièce et de révéler à quelle point elle aussi est femme, elle aussi est mère, elle en a bien besoin après un débat télévisée où elle ne fut que sorcière.

Marion quitte donc la vie politique pour s’occuper de sa fille et goûter à la vie normale des Français. Et nous, que pouvons-nous faire ? Devons nous aussi renoncer à agir en politique ? Devons nous nous abonner au vote blanc ou nul, ou pire, au vote utile ? Nous ne pouvons pas nous contenter de lire, d’écrire et d’élever nos enfants pendant que Macron lance ses clones à l’assaut de ce qu’il reste de réel en France. Alain Minc jubile enfin d’avoir pu imposer le candidat du système, lui à qui le peuple donnait tord en n’élisant pas Delors, Balladur, Strauss Kahn, Juppé… Le voilà récompensé comme bien d’autres d’une vie de servilité.

Le parti de l'incarnation

Avec le départ de la politique de Marion, c’est la droite qui entre dans la clandestinité. Marion restera l’icône de la dissidence. Nous avions dit que le débat s’était déplacé de la question de la souveraineté à celle de l’identité. Aujourd’hui le départ de Marion marque un nouveau glissement dans le débat pour une nouvelle urgence : nous passons de la question de l’identité à celle de l’homme, sa personne, son incarnation, sa vérité. Si c’est être de droite que de vouloir sauvegarder ce qu’il reste de l’homme, alors la droite vient de prendre le maquis. Appelons ça plutôt le parti de l’incarnation et retrouvons y tous les artistes que l’on aime et que le monde mainstream méprise, retrouvons y à la fois Jean Lassalle et ce fameux Onfray qui voudrait décoloniser les provinces françaises. Ne nous étonnons plus de nos échecs, puisque nous sommes dans cette société matérialiste capitaliste comme des dissidents, les Soljenitsyne du monde capitaliste. Le mépris que nous recevons en est la marque. Marion rentre avec nous en dissidence. « J’ai l’amour de mon pays chevillé au cœur et je ne pourrai jamais rester indifférente aux souffrances de mes compatriotes. » Elle qui, à l’idée de devenir une rentière de la politique comme Estrosi (qu’on connut extrêmement à droite avant de le goûter extrêmement au centre) eut des hauts-le cœur, ne se laissera pas contaminer. Pour rester incarnée, elle se retire, elle nous rejoint dans la marge.


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