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Le dictionnaire du conservatisme

Le dictionnaire du conservatisme

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C’est une véritable pépite. Un dictionnaire, mais pas n’importe lequel : Le dictionnaire du conservatisme. L’ouvrage paru en 2017 et réalisé sous la triple houlette de Frédéric Rouvillois, Olivier Dard et Christophe Boutin est une mine de portraits, d’évènements historiques et philosophiques, de définitions réalisés par une myriade de contributeurs qui aident à comprendre ce qu’est ce conservatisme si souvent opposé à son jumeau inversé le progressisme. Les auteurs dégagent « une image du conservatisme : divers mais cohérent, à la fois éternel et actuel, pensée qui structure face au monde de l’éphémère et du relatif, opposant d’indispensables certitudes à la désagrégation du moderne. »

De la définition d’Abstraction à celle de Zouaves pontificaux, il n’y qu’un pas à franchir, soit mille pages tout de même. Amusons-nous donc à découvrir la première et la dernière définition de ce recueil. Une abstraction est « une effraction qui, pour ne pas rester comme telle une mauvaise action, appelle une ré-incarnation ou une re-concrétisation soit, une restitution -ce que Gustave Thibon nomme un « retour au réel » - dès lors, bien entendu, que l’on ne souhaite pas laisser le dernier mot à la violence initiale de l’opération. Abstrahere : tirer, traîner loin de, séparer de, détacher, éloigner de. L’abstraction est une extraction dont l’une des conséquences négatives possibles est la mutilation, d’où l’intérêt de ne pas l’abandonner à des savants fous qui en feraient, en quelque sorte une maïeutique au noir. » Une maïeutique au noir ? Belle expression qui pourrait qualifier l’entreprise des transhumanistes et de tous ceux qui ne croient justement pas au réel et qui préfèrent investir leurs chimères technicistes dans l’intelligence artificielle dépouillée de toute considération anthropologique. Mais revenons à notre dictionnaire pour savoir ce que sont les zouaves pontificaux ? « En 1860, le pape Pie IX, aux Etats rognés (menacés par les troupes de Garibaldi et de Victor-Emmanuel II de Savoie) et à l’armée fantoche, se laisse convaincre par Mgr de Mérode, prélat belge et son camérier secret, de monter un corps de volontaires catholiques du monde entier, appelés à défendre les territoires pontificaux. A partir de 1860 et pendant dix ans, plusieurs milliers d’hommes, venant principalement de Hollande, de France, de Belgique et du Québec, mais aussi d’Italie, de Suisse, d’Autriche et d’Irlande, vont constituer le bataillon des tirailleurs franco-belges bientôt rebaptisé bataillon des zouaves pontificaux (1er janvier 1861) et devenu régiment en 1867. »

Après cette gourmandise initiale que constitue la lecture de la première et de la millième page, la consultation s’effectue tous azimuts au gré des inspirations de l’instant. L’ironie ? « L’ironie est à la fois une attitude, une manière d’être, une philosophie de l’existence, et on peut en même temps l’analyser simplement comme une figure de rhétorique, un style d’expression qui consiste à dire le contraire de ce que l’on pense pour des raisons variées : humour, agressivité, manipulation, ostracisme, auto-protection. Proudhon la considérait comme signe de la vraie liberté : "L’ironie : vraie liberté – c’est toi qui me délivres de l’ambition du pouvoir, de la servitude des partis, du respect de la routine, du pédantisme de la science, de l’admiration des grands personnages, des mystifications de la politique, du fanatisme des réformateurs, de la superstition de ce grand univers et de l’adoration de moi-même." »

On peut plaisamment croiser au hasard des pages Jean Raspail, Joseph de Maistre, le multiculturalisme, la révolution conservatrice, Margareth Thatcher, le souverainisme, la politesse ou encore le populisme, le mariage, Charles Maurras ; ce pourrait être une liste à la Prévert interminable tant l’ouvrage regorge de trésors. C’est une invite, aussi, à la culture qui est un précieux sésame à même de préserver de la barbarie. Utile réflexion et salutaire action que celle de former son esprit, en des temps où l’obscurantisme déploie à grand rythme son ombre menaçante.


Stéphane Blanchonnet et son « petit dictionnaire maurrassien »
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Conservatisme ? Qu’es aquò ?
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De l’urgence d’être conservateur
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