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Le retour de la planche à billet

Le retour de la planche à billet

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La Banque Centrale Européenne a annoncé jeudi 22 janvier un programme massif de rachat de dettes souveraines européennes. 

Pour financer ces opérations, la planche à billets fonctionnera à hauteur de 60 milliards d'Euro par mois jusqu'en septembre 2016, soit une création monétaire totale de 1.140 milliards. Le programme a plusieurs objectifs :

  • favoriser une inflation. Fin 2014, la zone Euro était proche de la déflation, c'est-à-dire d'une baisse généralisée des prix. Celle-ci, loin d'être bénéfique pour le consommateur, provoque un report des achats et logiquement une baisse de la consommation ; le ralentissement de l'activité est alors inéluctable. Faire repartir les prix à la hausse avant que ne s'installe la spirale de la déflation ne peut qu'être une bonne chose, l'essentiel est de ne pas engendrer une inflation trop importante qui induirait une hausse des taux d'intérêts et découragerait les invetissements.
  • réduire le coût de l'Euro sur les marchés. La mesure, déjà largement anticipée par les marchés, a fait décrocher le cours de l'Euro, face au Franc Suisse notamment. Cette évolution des changes tend à favoriser les exportations et réduire les importations ; il en résulte une diminution du pouvoir d'achat du consommateur, mais l'espoir d'une meilleure compétitivité pour le producteur.
  • éviter la hausse des taux d'intérêts auxquels empruntent les États. Dans la situation des pays de l'Europe "du Sud", France incluse, un relèvement brutal des taux des emprunts publics mettrait en grand péril les budgets des États. La déstabilitation politique qui en résulterait serait catastrophique pour l'Europe et son économie.

En dépit des efforts de la BCE, cette mesure sera probablement très mal reçue auprès du public, à défaut des marchés. Nombreux y verront, non sans raison, un nouveau cadeau fait aux banques, lesquelles n'assoupliront pas pour autant les conditions de financement des particuliers et des PME.

Alors que la pourtant très philosophe Athènes vient de se jeter dans les bras de l'ogre communiste, il faut bien reconnaitre que l'Union Européenne n'a pas d'alternative séduisante à l'austérité à proposer, quand bien même il s'agit du choix le plus raisonnable.


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