Découvrez la collection Mauvaise Nouvelle, aux Éditions Nouvelle Marge.


Où sont les castors ?

Où sont les castors ?

Par  

Jordan Bardella a effectué dimanche 9 mai 2024 un score historique pour le RN aux européennes. Les ténors habituels des partis s’appelant eux-mêmes partis républicains et les « zemmouriens » également continuent pourtant à froncer le nez de dégoût et de mépris de classe à peine camouflés face aux électeurs du « Rassemblement National » :

« Ma chèèere ces gens-là ne sont pas de notre monde, ils sont tellement vulgaires ».

Et durant les soirées électorales sur les chaînes télé on a pu encore vérifier leur connivence assez odieuse. Tout le monde se connaît, se fréquente, s’interpénètre, et si l’on joue la comédie du clivage irréconciliable sous les projecteurs, finalement l’on se rejoint tous dans la défense des intérêts bien matériels. Et l’on vient tous des mêmes milieux.

Les séides de Zemmour étaient assez drôles ce soir-là, on avait l’impression que c’était eux qui avaient fait un score à plus de 30 %, cette droite se voulant élitiste, masochiste dans les faits, qui aime souffrir pour bien montrer à quel point sa pensée lumineuse n’est pas comprise par ces ingrats de petites gens. Ces derniers se fichent complètement de savoir dans quel héritage intellectuel glorieux se situent leurs votes, ils veulent un salaire plus conséquent, ils veulent pouvoir partir quelques jours en vacances, et éviter de se faire trucider à tous les coins de rue pour un regard de travers ou un soupçon de racisme.

Las, des ingrats vous dis-je ! Doublés de matérialistes infââmes !

Chez les zemmouriens on trouve beaucoup de « cathos de service » et « droitards de service » que l’on peut rencontrer dans tous les milieux dits culturels ou universitaires. Ces braves gens commencent toujours par se justifier très maladroitement de ne pas être racistes, et/ou nostalgiques des z-ordres noirs. Ils se disent le plus souvent gaulliens (tout le monde l’est en 2024) et pour un peu s’excuseraient presque d’être de droite. Ce sont toujours les premiers à rappeler que dans l’entourage de « mongénéral » il y avait des communistes. Ils sont bien entendu tout aussi déconnectés que les autres de la réalité quotidienne de la France en ce moment.

Curieusement chez ces « castors » par habitude, qui veulent « faire barrage » au « fââchiiisme », on note un manque d’entrain dans l’agitation « antifa ». On sent que le cœur n’y est plus. On parle bien encore et toujours de « pédagogie », il faut expliquer au peuple pour qui il doit voter, et pour qui il n’a pas le droit de le faire. Car le peuple est forcément stupide et a besoin de « guides spirituels » et intellectuels pour lui dire quoi faire et comment le faire et ce qu’il a le droit de faire. Tous ces « bourgeois pédagogues » comme les appelait Satie sont toujours assez drôles dans leurs « pontifications » et ridicules divers et variés, leurs sermons donnés comme du haut de la chaire de Notre Dame.

Il y a de tout parmi ces guides improvisés, cela va du petit fonctionnaire aigri et plein de rancœur car il n’a pas fait la carrière qu’il estimait mériter aux « fils et filles de » qui ne cachent même plus qu’ils ont bien profité du népotisme. Et qu’ils comptent bien continuer à en bénéficier. Tous ces Trissotins sont la plupart du temps involontairement très drôles, se perdant dans la contemplation de leur ego, ce qu’ils peuvent faire H24 grâce aux réseaux dits sociaux. Il n’y a guère que monsieur Glucksmann ou Marine Tondelier pour entonner le refrain habituel du risque de « retour des z-heures les plus sombres de notre histoire », le nazisme à nos portes etc.

D’ici la fin du mois il est possible que le RN accède au pouvoir. Ce serait compliqué pour eux car comme l’a dit sinistrement Aristide Briand au moment de l’arrivée à l’assemblée de la chambre « bleue horizon » en 1919, ainsi que le rapporte Léon Daudet dans ses « souvenirs littéraires » : « Nous gardons les cadres ».

La différence étant qu’en 2024 l’effondrement est beaucoup plus proche qu’il ne l’était en 1919.


Fin de la Nouvelle-France (1689 – 1763)
Fin de la Nouvelle-France (1689 – 1763)
Urgence et tragédie
Urgence et tragédie
Apogée et déclin des Mérovingiens
Apogée et déclin des Mérovingiens

Commentaires


Pseudo :
Mail :
Commentaire :