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Les psaumes nouveaux de Thibault Biscarrat

Les psaumes nouveaux de Thibault Biscarrat

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« L’écriture est une des formes de la prière. » Quel culot ! Le poète a donc l’art de ne plus dissimuler sa prière, d’afficher qu’il cherche depuis le début, au-delà et au travers des ornements, à se relier à l’invisible. Avec son nouveau recueil de poésie, Sous les chênes de Mamré, Thibault Biscarrat livre comme une nouvelle série de psaumes proposés aux fidèles. La poésie apparait dès lors comme le seul exercice spirituel véritablement honnête : « Dès le commencement, des cantiques s’élevèrent. »

Il faut dire que le poète entre dans la vie éternelle par son art d’écrire. « L’écriture est mon baptême ». C’est bien en écrivant que le poète devient enfant de Dieu. La preuve en est que le poète se sent dépassé par ses propres phrases : « Le poème est plus grand que mes pensées. » Thibault Biscarrat s’emballe, c’est bien normal, et s’extasie de ce qui file entre ses doigts comme par magie. « Les mots sont merveilles ; ils sont le bien suprême ». Le poète deviendrait-il adorateur du poème ? Si c’est le cas, ce n’est pas du sien, mais de celui auquel il participe sans jamais le compléter, le poème de la création qui est Verbe de Dieu, parole efficace.

Le recueil alterne entre la louange et la description de visions dont le poète a la grâce de bénéficier et pour lesquelles il nous livre la glose de ses ressentis. « Transi par les visions, les révélations », il sent que la foi enivre. Il faut rester concentré et consigner. Il se fait le scribe de ce dont il est témoin, comme Saint Jean lors de l’apocalypse. Ses rêves sont des paraboles.

Thibault Biscarrat va parmi les Écritures ; nourri de psaumes et de versets, il ose son murmure, pour entrer dans le concert de celui des anges. Écrire revient à pousser la vie à son paroxysme. Il faut dire qu’il s’est fixé comme objectif de trouver la parole incarnée, c’est ainsi que le poème peut être à la fois extase et consolation.

Le recueil prend donc tantôt les atours du manifeste, de l’hymne, et du témoignage. Il en ressort qu’une profession de foi se doit absolument d’être aussi et d’abord louange. Le poète aurait-il découvert le secret de la sagesse qui est joie ? « Je vis dans l’allégresse : je lis, j’écris, je vis, je chemine. » Ce qui est à l’œuvre est de sans cesse traduire dans sa chair la parole reçue, et ainsi comprendre davantage ce que l’on sait de toute éternité. Il faut admirer celui qui écrit car il n’a pas de doutes. Ce poète-là baigne dans le contraire de la nuit de la foi, il flotte dans la lumière non saisie par les ténèbres.

 

Sous les chênes de Mamré, poésie de Thibault Biscarrat, ARS poética, 70 pages, 12€


Thibault Biscarrat : La lumière plus intense
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Thibault Biscarrat : poésie liturgique
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Thibault Biscarrat, Maelstrom
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