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Il n’a jamais été aussi honnête d’être pacifiste

Il n’a jamais été aussi honnête d’être pacifiste

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Avez-vous remarqué, il n’y a plus de non alignés ? Tout le monde a rejoint le camp du bien et les moins dupes croient malin d’accepter les insultes et de se faire héberger chez les méchants. Plus personne pour dire bonnet-blanc et blanc-bonnet. Plus personne pour militer pour le pouvoir des fleurs. Plus personne pour préférer faire l’amour que la guerre. Il faut être pour Zelenski si on est quelqu’un de bien et pour Poutine si on est pervers ou cynique. Et puisque les combats ici ou là annoncent le retour durable d’une guerre froide nouvelle et renouvelée, tout le monde se réjouit de pouvoir bâtir une économie de guerre. Après tout c’est une économie comme une autre, n’est-ce pas ? Si quelques morts ici ou là sont la garantie du plein emploi, on peut l’accepter. Si la guerre froide s’exerce à se réchauffer hors de ma vue, derrière l’écran de fumée de fake news des agences de renseignement, pour permettre à nos usines de tourner et à nos chercheurs de faire des bonds (technologiques), on peut s’en réjouir.

Il est vrai que la grande arnaque fut de rendre responsable les pacifistes de la guerre. Déjà une première façon d’inverser les choses. C’est une manie. On sait aujourd’hui que ceux qui ne veulent ne pas tuer les enfants à naître sont qualifiés de nazis, que ceux qui veulent conserver leur culture sont qualifiés de racistes, etc. Et bien souvenons nous déjà qu’à l’époque on nous a bourré le mou dès le CM1 pour nous dire que les pacifistes nous avaient amené Hitler et la seconde guerre mondiale. Ce sont les pacifistes qui engendrent les guerres, d’ailleurs ne dit-on pas : si vis pacem para bellum. Quand la locution latine vient faire le slogan et tuer dans l’œuf tout débat, les amoureux de la dialectique se frottent les mains. Pourtant, on a toutes les raisons de refuser de mourir pour des intérêts financiers ou pour des idéologies, les guerres ne sont que les instruments des deux moteurs unis. Et cela suffit pour que chacun s’arme à fond, dans la limite du raisonnable bien sûr. Si on veut une économie de guerre, il faut que la guerre dure, il ne faut donc pas de guerre définitive, nucléaire. Dommage, l’apocalypse est le seul moment guerrier qui m’attire…

Rappelons une évidence : ce sont sous les bombes et par les armes des premières économies guerrières du monde que l’on meurt. On n’est pas obligé de les utiliser nous-mêmes, il nous suffit de les vendre comme on se lave les mains. Pour trouver acheteurs, il suffit que les diplomates fassent leur travail de sape de l’équilibre des nations et le tour est joué. Il y a un marché, il y a une offre et une demande, et il y a le grand régulateur du marché que l’on appelle guerre froide et les institutions internationales. Le peuple consomme et milite en attendant son tour, en attendant la mobilisation générale. Ca arrivera forcément, ça tourne les guerres. Il n’y a aucune raison que ce ne soit pas un jour le tour des occidentaux, il y a trop longtemps qu’ils sous-traitent la chose. Il suffira d’une bonne cause, d’un bon gros méchant à combattre, et tous les éveillés du moment seront persuadés du bien fondé de la guerre. Napoléon sera updaté à la sauce woke car la guerre sera bien le meilleur moyen de terminer le grand remplacement, de parachever le suicide occidental. J’entends d’ici le bruit des bottes et tongs woke. Pour ma part, je n’irai pas à la guerre ! Plutôt tuer mes officiers. Désarmant non ?


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