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Interdire l’Islam, la bonne idée de trop ?

Interdire l’Islam, la bonne idée de trop ?

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Z’avez qu’à pas demander des idées à l’UMP ! Le président de l’UMP, ex président de la France, a organisé un tchat sur twitter le 13 mai dernier pour nourrir le débat d’idées, remplir le programme vide de l’UMP. Z’êtes priés d’utiliser le hashtag #NSDIRECT pendant l’opération de com de Nicolas. Vu le peu de mots que l’on peut employer sur twitter, Robert Chardon, maire UMP de Venelles dans les Bouches-du-Rhône, a dû s’obliger à aller à l’essentiel, droit au but. Il a tout simplement suggéré que l’on interdise le culte musulman en France. Rien de moins ! C’est vrai que si vous n’aviez que 160 caractères à utiliser, une fois pour toutes, 160 caractères d’audience auprès du peut-être futur président de la République, vous donneriez peut-être dans cette outrance jouissive. Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ? On connaît le dilemme. Et quelle phrase diriez-vous à Nicolas Sarkozy si vous deviez n’en dire qu’une ? - Interdire l’Islam. Robert Chardon a exprimé avec cette phrase, en raccourci certes, en caricature certes, le problème politique le plus important du moment et des dix ans à venir : la conquête culturelle opérée par l’Islam de notre terre de France.

Gare à celui qui ne se contente pas de tourner autour du pot

Robert Chardon s'adresse ainsi au président des Républicains : « Il faut interdire le culte musulman en France ». Robert voulait tellement être sûr de faire le buzz du week-end, être sûr d’avoir une occasion de proclamer son ambition politique à une sphère régionale voire nationale, qu’il a enfoncé le clou en tweetant et retweetant la même chose aux divers médias d’information continue : BFM, I télé, etc. Retrouvé par les journalistes en curée, il a reconnu la paternité du tweet sans problème. Et il explique : « Je supprime la loi de 1905 et proclame que la République favorise la pratique de la foi chrétienne. » Franchement, on n’en demande pas tant ! Si seulement on arrêtait la promotion de l’Islam, les flux migratoires et les agressions contre la culture chrétienne, tout irait pour le mieux dans notre grand pays de Cocagne.

Sarkozy a donc été pris au piège de sa boîte à idées. L’appel aux suggestions du peuple militant est toujours risqué. N’importe quel politicard de droite ou de gauche est habitué aux propos racistes et peu charitables tenus par les loosers qui leur servent d’électeurs dans tous les troquets de leur territoire de conquête. Mais avec Twitter, le président (des républicains) candidat à la présidence (de la République), ne peut pas se contenter de susurrer à l’oreille de l’autre « vous savez je pense comme vous, mais je ne peux pas le dire comme ça », il est forcé de se dédouaner publiquement, de se laver les mains en public et de jeter l’anathème sur le brave homme qui crut avoir le droit d’exprimer une bonne idée populaire. Sarkozy se justifie donc et donne des gages d’islamophilie : « J'ai créé le CFCM, j'ai soutenu l'ouverture de mosquées officielles. Dire que l'on tape sur l'Islam est une erreur. » Il lance sa chienne de garde, cheval de Troie du modernisme à l’UMP, NKM, pour achever le travail : « J'ai demandé qu'une procédure d'exclusion soit engagée pour des propos absurdes qui ne correspondent en aucune manière aux valeurs et au projet de l'UMP », a déclaré la vice-présidente du parti Nathalie Kosciusko-Morizet à l'AFP.

Et nous avons appris que Robert Chardon, le maire de la commune de Venelles, si créatif, a été hospitalisé d'office ce vendredi à la demande d'un tiers « compte tenu de l'incohérence de ses propos ». Pour ma part, je ne vois pas bien ce qu’il y a d’incohérent dans ses propos et je pense que les hôpitaux psychiatriques ont intérêt de s’agrandir au regard du nombre de Français capables de tenir de tels propos… En fait, Chardon a agi comme celui qui met les pieds dans le plat, qui aborde d’emblée le tabou en plein dîner mondain. « Ils en ont parlé » titrait le fameux dessin de l’époque de l’affaire Dreyfus montrant les convives d’un dîner ayant tout renversé et en plein combat. Le dîner mondain d’aujourd’hui, c’est le grand tout politico-médiatique, et le sujet tabou, l’Islam. Même le Front National n’en parle pas, préférant rabâcher les mêmes slogans sur l’immigration et l’euro. Mais c’est manquer de précisions. Le vrai sujet central et tabou de la politique française est le rapport de la République à l’Islam. Ne tournons pas autour du pot ! Et même si la proposition d’interdire un culte en France sous la forme de révocation de l’Edit de Nantes relooké parait infaisable, la levée du tabou pourrait éventuellement nous permettre d’interroger la question sous des aspects simples. A bien y réfléchir, des partis sont déjà interdits en France et je ne vois pas en quoi il serait choquant d’ajouter à cette liste des partis interdits quelques mouvements salafistes courtisés par le triste sire de Bordeaux. Et puis, on pourrait revenir à cette fameuse charte républicaine à opposer à toute construction de mosquée proposée par Philippe de Villiers en 2007 : pas de financement étranger, respect des femmes, respect de la laïcité, etc. Le Louis XIV de Venelles mériterait d’être a minima considéré comme le boute-en-train de propositions politiques indispensables pour encadrer l’Islam.

La fin de toute subtilité annonce la fin du politique

Cette proposition d’interdire l’Islam ne prend aucune manière, aucun détour, ne souffre aucune nuance. Elle est cash. L’absence totale de subtilité de cette proposition est pour moi la marque que le politique marque un pas de plus au profit d’un dialogue qui s’amorce de plus en plus musclé. Chaque année est un pas de plus vers la guerre civile, et nous avons peu de chance que le déluge n’arrive qu’après nous. Interdire l’Islam de France. Voilà la bonne idée qui clôt la fin des débats, qui acte la fin du temps de la discussion, du temps politique, du temps de la diplomatie, des pourparlers et qui ouvre le temps de l’affrontement, du passage à l’acte, de la radicalité.

En cas d’invasion manifeste, de retrait de sa civilisation, la subtilité n’est plus de mise. Le self-défense se passe malheureusement de subtilités. Interdire l’islam est infaisable bien sûr sans provoquer une guerre civile. Et le slogan n’est qu’une variante du célèbre programme du FLN vis-à-vis des pieds-noirs : la valise ou le cercueil. On se souvient de la mise en garde de Philippe de Villiers en 2006 vis-à-vis de Tariq Ramadan : « méfiez-vous, monsieur Ramadan, vous verrez quand les Français en auront marre… »

Abdallah Zekri, président de l'Observatoire national contre l'islamophobie, membre du bureau du CFCM, a déploré des propos « choquants et stigmatisants qu'on ne peut accepter ». Bien sûr ! Il ne faut pas manquer une occasion de se faire l’allier du camp du bien en usant de la même dialectique. M. Zekri regrette d’ailleurs des déclarations « déplorables, qui mettent de l'huile sur le feu ». Mais qui a allumé le feu ? Je veux bien que la proposition d’interdire l’Islam soit de l’huile, mais cela rappelle simplement que le feu est bien l’Islam, et que Chardon a eu juste le tort de taper dans le mille !

Toute cette actualité me rappelle ma prophétie de 2006 concernant les Chrétiens d’Occident. Nous aurons le choix entre mourir pour avoir caché des Musulmans dans nos caves des mains de nos compatriotes saucisson-pinard excédés de devoir céder la place ou mourir égorgés des mains des Musulmans que nous aurons consenti à cacher dans nos caves pour les protéger. Demain sera pire qu’aujourd’hui, et nous avons déjà gagné.


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