Découvrez la collection Mauvaise Nouvelle, aux Éditions Nouvelle Marge.


Loin du pays du

Loin du pays du "Et en même temps"…

Par  

Il y a en moi une béance non voulue mais certainement désormais inévitable, il y a comme un grand et net temps d'évidence où la fatigue conjuguée au découragement arrive. Je n'ai plus aucune envie d'entendre parler de politique, ni de jeux indécents et politiciens. Dans ce pays mal dirigé à tous les échelons possibles des responsabilités et des devoirs publics comme privés, on affiche et on affirme des principes, mais le seul mouvement visible et qui joue à plein est celui d'une complète indécence festive.
Depuis le sommet de l'Etat, on donne facilement la leçon, on la dicte, on la fait à tous, on joue sur un usant "et en même temps" dépourvu de tout sens réel, pragmatique, sérieux ou valable.

Tout devient un prétexte à une fête constitutionnelle peu saine, à un Congrès qui rit, à un colloque international stérile mais qui s'amuse, se déride et se congratule de tout, se félicite sans motif glorieux mais bien médiocrement plutôt sans décence ni respect : Versailles hélas sert à tout. A saluer la guerre et le surarmement continuels (sans limite, sans ligne rouge, mais pas sans une hilarité affichée et seulement indigne au dernier degré, cela au point d'être en urgence, et non pas en silence imposé, vomie, dégueulée et dénoncée).

M. Macron s'emploie à promettre tout et n'importe quoi, comme un parieur compulsif, comme un juvénile maniaque toujours plus maladif. Des armes en Ukraine, de trop vagues efforts consulaires ou ministériels bégayés ou présidentiels zozotés depuis Paris jusqu'en Arménie esseulée, presque entièrement abandonnée, malgré un soutien promis mais si insuffisant de fait (le tout, en admettant les trafics énergétiques de M. Alyev à l'échelle institutionnelle de l'Europe), mais aussi via M. Darmanin, ce fakir improbable du ministère de l'Intérieur: l'ordre, sans réalité ni réalisme efficace cependant, à Mayotte ; le président promet beaucoup, mais il montre bien plus encore son jeu truqueur et son réel mensonge, ces fausses assurances mais aussi l'absolutisme de son mépris adressé toujours aux paysans, aux agriculteurs; enfin: un immense suivisme, sa seule cohérence, de la médiocrité institutionnelle européenne. Sans compter quelques milliards de plus de déficit à la France dans son ensemble, par dizaines ou centaines (qu'importe, les Français futurs paieront !) au fil des semaines ou au fil des mois.

M. Macron s'emploie à convoquer d'autorité les partis parlementaires (qui sont par ailleurs pour certains et par lui méprisés et qualifiés de non républicains ou considérés comme suspects au gré des journaux où il veut bien défouler sa parole, quand il n'impose pas sa logorrhée face aux caméras télévisées de multiples chaînes, dans un discours-fleuve et creux, pas indigne en durée et tout aussi indigeste en totale analyse que ceux de feu Fidel Castro à La Havane). M. Macron n'a de vertu que celle d'un enfumeur, d'un communicant enragé. Cela, ainsi que son sens maniaque du bluff technologique, tout en lui et chez lui n'offre aucune vision politique solide, durable, honnête ou saine. Les lecteurs du très digne de regret plein que fut Jacques Ellul me comprendront aisément.

Quand je constate ce qui s'affirme comme doctrine à venir et à vomir en France continentale et en Europe et partout, au nom de la fête, de la guerre, de l'atome guerrier, de l'absence diplomatique volontaire, de la fausse morale du plein wokisme agissant et ambiant déjà si fortement, j'aspire à me réduire au silence, à me retirer sur mon Aventin ; à me concentrer sur une île intérieure, dépourvue de médiocrité, guérie de toute fermentation politicienne vaseuse. Cette île intérieure, libre, valeureuse, consciente ou gonflée d'espérance, petite barque de la foi féconde, bien vraie et simple et heureuse, c'est celle qui anime et remplie tout l'espace de l'âme. Et aussi, décisivement, à ne protéger que les miens. Et à les tenir prudemment et fermement, eux (et moi), bien loin, très loin même de ce qu'on ose appeler aujourd'hui, en effort sordide, la réalité sans doute.

Loin de quoi ? Loin du pays jeté sur les écrans et sur les ondes mais qui est surtout rendu faible, rendu pleinement et tristement débile au sens strict, débité et comme mis en morceaux dans les poubelles de la féroce et non pas généreuse: modernité éclatée, écartelée et de paillettes froides, loin de ce pays affiché encore, mais vide, mais vidé, usé autant que trahi, et inconscient en apparence, celui affolé et hébété, oui, hélas: celui qui accepte encore et acceptera probablement à nouveau d'être: si pillé et si mal dirigé, celui donc où s'exprime, en glaciation étroite et violente, où s'impose dans l'inertie de tous ou presque: la doctrine si creuse et si potentiellement criminelle déjà, dans toute sa réalité mal accomplie, brutale et indécente, du : "Et en même temps"…

Un slogan disait, en 2022 : Emmanuel Macron… avec vous ! puis cela a été Nous tous ! … J'y réponds encore : sans moi. C'est tout.
Que voulez-vous ? L'exil intérieur complet a du bon ! Celui où l'on aide les siens, où l'on prie pour eux et avec eux !


Cléricalisme socialiste
Cléricalisme socialiste
Objection : La conscience en danger
Objection : La conscience en danger
Petite chronique du pays réel – une rentrée littéraire
Petite chronique du pays réel – une rentrée littéraire

Commentaires


Pseudo :
Mail :
Commentaire :