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Histoire passionnée de la France

Histoire passionnée de la France

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En avril 2015, Jean Sévillia, inlassable défenseur de la mère patrie, publiait son Histoire passionnée de la France. Que ferions-nous sans Jean Sévillia l’hiver au coin du feu ? Où irions-nous sans ce pourfendeur de l’idéologie du politiquement et de l’historiquement correct ? Démunis, déboussolés, nous serions hagards et malheureux. Désespérés même, nous ne comprendrions pas les ressorts de l’œuvre de déconstruction car le précieux historien n’existerait pas pour nous l’expliquer. Nous n’aurions plus qu’à nous résigner, avec tous les autres imbéciles heureux, à jeter le pays aux orties du multiculturalisme et de l’infâme religion des droits de l’homme. A épouser docilement notre condition d’apatrides ultra-connectés, de girouettes déterritorialisées. Nous n’aurions pas d’orientation pour nos insignifiantes vies qui manqueraient de sens. Heureusement, par un miracle de la nature bienveillante et par la grâce de Dieu, Sévillia est là et bien là. Il est le maître incontesté des conservateurs qui ne crient pas dans le désert. Le jardinier soucieux que les lucioles dans la nuit continuent de luire imitant ainsi les étoiles qui constellent le ciel du grand mystère. Cette image des lucioles, il la prend souvent pour les familles chrétiennes. De son côté, l’opinion distraite et indifférente d’abord s’ébroue lentement. Elle doit s’extraire de sa torpeur, car les stupides kamikazes d’Allah font du bruit et ne lui donnent pas le choix. Elle finit par comprendre, presque surprise de sa capacité à bouger, qu’il lui faut opérer sa révolution désormais.

Jean Sévillia cite Le mystère des saints innocents de Péguy, l’homme qui croyait en « la France, une et indivisible notre royaume de France » : « C’est embêtant, dit Dieu. Quand il n’y aura plus ces Français, il y a des choses que je fais, il n’y aura plus personne pour les comprendre ». Car nous perdrons Sévillia un jour c’est écrit, comme nous risquons de perdre, cela se déroule sous nos yeux, notre France submergée par l’immigration qui génère le grand remplacement de notre civilisation. Sévillia rappelle à juste titre que « l’histoire repose sur des continuités au moins autant que sur des ruptures et des progrès : ni l’homme, ni les civilisations, ni les nations ne naissent un jour du néant ». N’en déplaise aux négationnistes de l’histoire de France qui s’activent pour la discréditer et la faire disparaître. Ainsi en est-il de l’ouvrage récemment paru, l’Histoire mondiale de la France, dirigé par Patrick Boucheron à la tête d’un collectif d’historiens progressistes et déconstructeurs. Cet ouvrage à prétention universelle ne dit rien, absolument rien, comme le déplore Alain Finkielkraut dans une brillante chronique du Figaro du 26 janvier 2017 intitulée « le tombeau de la France mondiale », de la civilisation française : « L’Histoire mondiale de la France nous présente une France qui n’est plus une nation mais un courant d’air ou, une succession d’aléas, un fatras doux et violent, une vaste aventure collective sans signification particulière ». Il poursuit en fustigeant cet arrogant et dangereux ouvrage : « il n’y a pas de civilisation française, la France n’a rien de spécifiquement français : c’est par cette bonne nouvelle que les rédacteurs entendent apaiser la société et contribuer à résoudre la crise du vivre-ensemble. Quelle misère ! ». Car la guerre de cent ans entre la France et l’Angleterre a par exemple permis la naissance du sentiment national, ne l’oublions pas. Jeanne d’Arc, très pieuse, entend, dès l’âge de treize ans, les voix de saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite lui inspirant de sauver la France et de bouter les Anglais hors du royaume. Le 17 juillet 1429, grâce à la providentielle pucelle venue des marches de Lorraine, Charles VII reçoit l’onction du saint chrême dans la cathédrale de Reims, faisant de lui un roi légitime et incontestable. Avec notre écrivain catholique, nous passons en revue les siècles, les rois, les reines, les figures, les grandeurs et les échecs de la monarchie française, tous les hauts faits du roman national, avec jubilation et certitude de leur réalité utile et génératrice de ce qui nous constitue aujourd’hui. La réussite de Louis XIV dans les domaines de l’art, de l’architecture et des lettres, est éclatante : « architectes, peintres, sculpteurs, paysagistes, écrivains et musiciens de la génération 1660, celle du grand classicisme français, doivent tout à son généreux mécénat. Le siècle de Louis XIV, pour toujours, est celui des architectes Perrault (la colonnade du Louvre), Mansart (l’église du Val-de-Grâce et le château de Maisons-Laffitte), Le Vau (Vaux-le-Vicomte et Versailles) et Hardouin-Mansart (Saint-Louis-des-Invalides et Versailles), de Le Nôtre et ses jardins, des peintres Rigaud et Lebrun, des écrivains Racine, La Fontaine et Molière, du prédicateur Bossuet et des musiciens Couperin et Lulli ». Plus loin, Sévillia nous rappelle les paradoxes de la révolution française qui au nom d’une liberté dévoyée organisa la déportation des prêtres, plus de 45.000 furent bannis de leur patrie, l’exécution sommaire des réfractaires à l’issue « d’un pseudo-jugement de quarante-cinq secondes ». Danton avouera qu’il voulait frapper Paris de terreur et réduire les modérés au silence. Le 21 janvier 1793, Louis XVI à 10h30, place de la Concorde, monte à l’échafaud en offrant son sacrifice : « Je meurs innocent, je pardonne à mes ennemis. Que mon sang soit utile aux Français, qu’il apaise la colère de Dieu. ». Un régicide, l’instauration d’un nouveau régime sur la base du meurtre d’innocents, la dictature en guise de liberté et d’égalité sont des marqueurs, pour toujours, de la révolution nationale. L’entreprise d’éradication du monde ancien se retrouve dans les propos du général Savenay à la Convention, le 23 décembre 1793, après l’anéantissement de l’armée catholique et royale en Vendée : « Il n’y a plus de Vendée : elle est morte sous notre sabre libre. J’ai écrasé les enfants sous les pieds de mes chevaux, massacré les femmes qui n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. ». Radicalisme dans l’horreur et la haine. La révolution française : anticipation et modèle des régimes les plus meurtriers du XXème siècle et de leurs zélés ordonnateurs (Lénine, Staline, Pol Pot…). Paradoxe de ce peuple français qui s’est déchiré tout au long de son histoire (guerres de religion, séparation de l’Eglise et de l’Etat, affaire Dreyfus….), s’est réconcilié, s’est entredéchiré à nouveau, puis pacifié, et ainsi de suite, jusqu’à la situation d’aujourd’hui qui ressemble à une partition irréversible, entre ceux qui aiment la France pour ce qu’elle fût et détestent ce qu’elle est devenue dans le multiculturalisme, et ceux qui haïssent ce qu’elle a été et se passionnent pour une France post-moderne, métissée, déculturée, mondiale. S’il est encore possible, méditons la leçon de Levinas : « la France est une nation à laquelle on peut s’attacher par l’esprit et le cœur aussi fortement que par les racines ». Ou la réconciliation des Français de souche avec ceux qui accepteraient de s’y assimiler sans chercher à la défigurer ni la changer ?


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