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MN prend la marge et revient en septembre


L’Apéribook™, de la littérature en apéro

L’Apéribook™, de la littérature en apéro

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Après plusieurs romans à succès, (Les Emigrés, Zone franche et l’inoubliable Elie et l’Apocalypse), Elen Brig Koridwen invente et lance sur le marché littéraire l’Apéribook™, des romans minuscules d’une incroyable densité. Avec une grande diversité de sujets et l’écriture sublime qui lui est si personnelle, Elen Brig Koridwen aborde ses Apéribook™, véritables petites miniatures, mises en bouche pour le lecteur qui peut ainsi faire connaissance avec le style de l’auteur ou devrions-nous dire les styles de l’auteur.

Les Apéribook™ se lisent en une trentaine de minutes. Parfaits pour la pause de midi, la salle d’attente du dentiste ou un trajet dans les transports en commun. L’auteur y laisse sa plume vagabonder au gré de sa fantaisie entraînant le lecteur dans des univers aussi variés qu’inattendus. Les Apéribooks™ se vendent séparément, ce ne sont pas des recueils de nouvelles. Dans chaque livre : une seule histoire, mais quelle histoire ! Ils se lisent sur tablette, de préférence une Kindle. Mais, comme Amazon propose son application Kindle gratuite pour lire sur tout support, tout un chacun peut aisément se les procurer. 

Dans A l’encre de sang, un éditeur attend le meilleur de ses auteurs. Ce sont toutes des femmes. Elles doivent donner le meilleur d’elles-mêmes. Pour ce faire, il leur offre un séjour au calme dans une superbe maison à la campagne. Il met tout dans la balance pour obtenir le manuscrit parfait. La dernière invitée en date est pleine de promesses selon tous ses points de vue :

« Il reprit son examen, notant les boucles naturelles de la chevelure. Leur blondeur idéale – pas factice, au contraire : plutôt comme une promesse. Il réalisait tout à coup qu'il aimait les blondes. Et celle-ci… Tous les visages précédents défilèrent dans sa mémoire ; malgré lui, il esquissa un mouvement vers le secrétaire où il rangeait les manuscrits. Pas de doute, celle-ci serait la meilleure. Il l'avait pressenti dès leur premier rendez-vous. Non, dès qu'il était tombé sur son ebook sur Amazon. Elle avait du talent, mais bien mieux encore : elle avait des choses à dire. »

Une fin, insolite comme il se doit, attend le lecteur. Si vous avez lu et aimé Misery de Stephen King, vous adorerez A l’encre de sang d’Elen Brig Koridwen. Nous n’en dirons pas plus, seulement que le suspense est gardé jusqu’à la dernière page.

Nous avons rencontré Elen Brig Koriwen avec son livre magnifique Zone franche dont nous avions fait la chronique sur notre blog au mois de mars. L’Apéribook™ L’Homme de l’ombre en est assez proche tant par le sujet que par le contenu.

« Ce matin, quand je sors de mon immeuble, il est encore là, en faction de l’autre côté de la rue, un pied posé sur une borne avec une désinvolture exaspérante. Toute sa personne proclame que cette rue lui appartient et qu’il est disposé à y rester mille ans : les bras croisés sur la poitrine, le menton niché dans sa main, il arbore une expression… attentive ? insolente ? Les deux à la fois, ma parole !
Du coup je trébuche sur le seuil, et je jurerais que ça l’amuse. Ses yeux trop-bleus-pour-être-vrais fixent le porche derrière moi ; pourtant je sens qu’ils enregistrent le moindre de mes mouvements. Et même la moindre de mes émotions, comme si mon mystérieux guetteur prenait à distance mon pouls et ma température. C’est indécent, excitant, détestable.
Il faut que ça cesse ! »

Mais l’Apéribook™ qui nous a vraiment suffoquée est sans contestation possible Une proie sans défense où l’auteur décline avec bio et prestance les arcanes de ce que pourra être notre vie dans un avenir proche si nous ne changeons pas notre manière de faire. Un monde où nous deviendrons tous proie ou prédateur. Il n’y aura pas d’autres choix.

Sans hésiter, la vieille dame traversa le boulevard et s'engagea dans les étroites ruelles qui conduisaient au centre-ville et à la supérette. Toutes les boutiques étaient closes, les appartements situés au-dessus restaient retranchés derrière leurs volets. À première vue, il n'y avait pas un chat – les chats avaient sans doute été mangés jusqu'au dernier, pauvres bêtes – mais Mamie Lola réalisait parfaitement quelle provocation elle représenterait pour un voyou de rencontre : une petite personne âgée cheminant cahin-caha sur un fauteuil roulant électrique, avec ces boucles blanches coiffées avec soin et ce visage rose, fripé comme un bouton de pivoine, qui proclamaient à tous les échos « proie sans défense »…

Elle accéléra, tourna dans la ruelle suivante. Et là, elle le vit.

La fin est encore plus ahurissante que tout ce que le lecteur pourrait supposer. Il suffit de savoir que, selon l’adage bien connu, tel est pris qui croyait prendre. La victime est peut-être différente de celle que l’on croit.

Elen Brig Koridwen :

Stephen King, Misery.


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