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Un homme sans volonté

Un homme sans volonté

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« Tu es un Puissonnier-Tavernier, que diable ! » Et alors ? Doit-on vraiment faire quelque chose de sa vie ? Aurait-on des comptes à rendre à ses ancêtres ou pire à ce Dieu qui énerve car on se demande pourquoi il a créé notre monde ? « Nous sommes dans un monde tellement nul. » Marc Desoubliaux nous raconte la jeunesse d’un boomer qui peine à trouver sa voix. Né dans cette bourgeoisie parisienne opulente qui singe l’aristocratie, le héros de ce roman a toute latitude pour choisir sa voie, mais a une âme contaminée par deux virus : le doute et l’ennui. Rarement l’âge des possibles aura si bien porté son nom, et pourtant il bute sur lui-même. Il semblerait que tout dans la bourgeoisie soit devenu vanités dans ce temps de l’après-guerre qui ressemble à une sortie de l’histoire. Voilà donc le jeune héros englué dans une société qui est le contraire de l’esprit d’aventure. Il stationne dans des impasses amoureuses pour souffrir et ainsi avoir un peu vécu. Comme la souffrance, la vraie aventure doit être subie et non choisie. On devient adulte malgré soi. Sa seule vraie aventure est finalement celle qu’il vit pour le compte de la famille de son ami Dimitri Romanov exilée en France loin de sa patrie.

L’homme a-t-il une vocation ? Ceux qui doivent travailler pour vivre ne se posent pas cette question. Lui doit se la poser. Et il hésite devant l’aiguillage par peur de se tromper. Il pourrait faire l’ENA, il pourrait être un grand peintre, il pourrait se marier et rendre heureuse son amante, il pourrait… mais ne le fait pas. Dans le récit le Il et le Je se mélangent représentant l’incapacité du héros à faire corps avec lui-même, à s’épouser. Voici illustré l’éternel débat de la jeunesse entre essence et existence : celui que je fus a-t-il à voir avec ce que je serai ?  Je me pose toutes ces questions mais je n’en cherche pas les réponses. Cela m’ennuie. » avoue le héros. Il croise des inadaptés, de ceux qui sont incapables de devenir adultes comme le faux poète et vrai rentier Padoy, comme la vieille tante fausse rebelle Berthe, comme la fausse bourgeoise et vraie trainée Carole-Anne… Mais rien n’est satisfaisant : ni de construire l’avenir, ni de l’insulter.

Un homme sans volonté – Marc Desaubliaux – Les éditions Des auteurs des livres – 16€ - 262 pages


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