Découvrez la collection Mauvaise Nouvelle, aux Éditions Nouvelle Marge.

Hommage à Jean de Viguerie


Auprès de ma bombe, qu’il fait bon régner !

Auprès de ma bombe, qu’il fait bon régner !

Par  

« La matière est l'absorbant de l'iniquité. » Origène

 

Du crépuscule de Saroumane, de la souveraineté nationale, de nos monarques républicains, de leurs hochets technologiques dans la civilisation de mort et de la fin de notre longue attente d’une transfiguration.

Si je devais évoquer LA lecture décisive de ma jeunesse pour mon orientation de vie, cela serait le livre de Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le matin des magiciens. Publié l’année de ma naissance, il était comme tombé dans ma pouponnière, sans doute par l’opération magique de je ne sais quelle fée. Mon ange gardien me dira plus tard « J’avais hâte de te voir grandir, de te voir savoir lire et en prendre connaissance. » Une des idées que ce livre a pu nous mettre dans la tête est devenue indélogeable : l’industrie nucléaire est une inversion du Grand Œuvre Alchimique ou au moins son imitation, sa parodie luciférienne hâtive.

Voilà une phrase clé : « Il faut remarquer que nous sommes dans une époque où les savants n'ont ni tout à fait le temps, ni tout à fait le droit de faire de la physique nucléaire. Tous les efforts et tout le matériel disponible sont concentrés sur la fabrication d'explosifs et la production d'énergie. La recherche fondamentale est remisée à l'arrière-plan. L'urgent est de tirer le maximum de ce que l'on sait déjà. Pouvoir importe plus que savoir. C'est à cet appétit du pouvoir que semblent s'être toujours dérobés avec soin les alchimistes. »

La matière a cédé à l’homme moderne coupé du principe, mais quoiqu’il en pense, elle lui résiste encore et il ne la connaît pas plus qu’il ne la maîtrise. Pourtant, ni les bombes A ou H, à hydrogène ou au plutonium, ni l’usage non maîtrisé de la force nucléaire ne peuvent être rejetés de l’histoire comme Jean-Paul Sartre, philosophe marxiste existentialiste, aurait voulu le faire par simple décision de son esprit. L’homme des Mots était infantilisé par sa croyance en la fulgurance de ses propres concepts dont le vrai monde comme la vraie Histoire n’ont point cure. Voilà ce que c’est que d’être privé de surmoi par l’excès de soins maternels aggravé par l’absence de père ! Le philosophe passé dans le moule matérialiste marxiste était à la mode malgré l’avertissement donné dans un célèbre télégramme après la deuxième guerre mondiale par Albert Einstein. Il l’avait rédigé le 23 mai 1946 à destination de plusieurs centaines d’américains éminents, faisant appel à des contributions pour le compte de l’Emergency Commitee of Atomic scientists : « Le pouvoir débridé de l’atome a tout modifié sauf nos modes de pensée, et c’est pourquoi nous dérivons vers une catastrophe sans précédent. »

La folie nucléaire est bien au cœur des temps modernes car l’histoire humaine ne cesse de flirter avec la tragédie. Il en résulte que l’homme de science et l’homme politique ou politico-religieux, sacerdotal-guerrier… enfin ce qui s’y apparente de loin, sont même aux antipodes de l’alchimiste d’antan. L'alchimie est de toutes les époques et de toutes les cultures mais commençons par notre matrice française…. Il pouvait être homme de pouvoir et de foi tel deux papes. Premier exemple, l’ancien moine, Gerber d’Aurillac qui avait étudié chez les arabes et fut le pape de l’an mille. On a retenu surtout son rêve d’un Empire chrétien d’Europe, il a été connu sous le nom de Sylvestre II. Deuxième exemple, Jean XXII, dernier pape d’Avignon. Il plaide en faveur de la réalité des opérations alchimiques car l’ayant pratiquée, il a été effrayé par son pouvoir. De l’avis de l’alchimiste Nicolas Valois, la sainte science est antérieure à l’écriture et à l’architecture. Dans cette dernière, elle a fait passer ses enseignements. L’alchimie, comprenons le bien, est donc d’avant le commencement, d’avant le Verbe, elle précède donc le temps lui-même, elle se trouve en amont de toutes les traditions des hommes.

La technologie nucléaire, qui est son inversion, incarne le temps. Elle est le pouvoir saturnien et plutonien qui dévore ses enfants. Que dit encore ce livre au matin des magiciens duquel tant d’entre nous sont sortis ? : « Des années après Hiroshima, le 17 janvier 1955, Oppenheimer devait déclarer : "Dans un sens profond, qu'aucun ridicule à bon marché ne saurait effacer, nous autres savants avons connu le péché." » On connaît mieux une autre citation du célèbre physicien américain, directeur du projet Manhattan, qui à ce titre avait rendu possible la fabrication de cette bombe, lorsqu’il a assisté au Nouveau Mexique à la première explosion atomique de l’histoire le 18 juillet 1945. Il cita un extrait de la Bhagavad-Gita (chant 11, verset 32) : « Le Seigneur Bienheureux dit : "Je suis le Shiva, le destructeur des mondes, venu engagé tous les hommes. En dehors de vous les Pandavas, ils périront tous, guerriers des deux armées qui s’affrontent." »

 

Le feu nucléaire devient l’apanage du pouvoir politique, l’un et l’autre fusionnent jusqu’à ne faire plus qu’un.

La veille, le 17 juillet 1945 donc, était le dernier jour de l’innocence de l’homme dans ce cycle historique, depuis la supposée préhistoire. Personne ne le savait, c’était le dernier jour d’innocence de l’humanité devant sa possibilité d’autodestruction totale. Ce glas qui sonne, c’est la perte de l’innocence, perte du paradis, condamnation à manger le fruit de la connaissance maudite interdite. Tout se déroule comme prévu en direction d’une apocalypse et sous le poids d’une faute originelle reconduite, réactivée, signée en bas du pacte satanique. Tout se poursuit jusqu’au terme de ce qui était en germe dans la pensée des planificateurs. Une telle détermination inébranlable laissera ensuite loin derrière elle les doutes et remords des premiers artisans de l’œuvre luciférienne du projet Manhattan. Tous les acteurs, qu’ils soient scientifiques ou politiques ou encore industriels et financiers, nous les voyons se dresser sur la scène de théâtre du monde avec le même instinct de mal faire.

Dans un superbe article intitulé « Le Soleil d’outre temps », d’une superbe envergure en son style unique paru le 19 décembre 2018 dans « Idiocratie », Luc-Olivier d’Aglange fait la distinction entre puissance et pouvoir. La puissance procède des dieux ou de Dieu, elle sert et on la sert, elle est joie, aussi légère que le joug du Christ. Le pouvoir enchaîne, asservit celui qui l’exerce dans un morne ministère, comme celui qui la subit. Confondre l’une et l’autre est éloignement de l’être. Et le pouvoir est alors condamné à se renforcer toujours de plus en plus, avec, par et dans le temps. Le feu nucléaire devient l’apanage du pouvoir politique, l’un et l’autre fusionnent jusqu’à ne faire plus qu’un. Mais lequel a atomisé l’autre ? Alors que l’arme atomique est présentée comme la garantie absolue de la souveraineté nationale, elle nous en dépossède radicalement en absorbant la fonction du monarque républicain lui-même censé l’incarner. Ceci est constant et de plus en plus évident dans les discours et actes des présidents français, surtout des deux derniers. C’est ce que nous devons tenter d’analyser maintenant un peu dans le détail.

 

Hollande, Macron, préfets des Gaules dans l’empire mondial

Idiocratie oblige, nous devons en venir à François Hollande. Il ne faut cependant jamais être dupe du rôle d’idiot dont il a su prendre le costume, autant que Macron joue et rejoue encore à se faire détester. Ces rôles sont des procédés de diversion de l’attention visant à nous distraire de l’essentiel. Je ne dis pas que cette idiotie de l’un ou ce goût machiavélique pour attirer la haine de l’autre sont entièrement feints ou sont des vernis de leurs personnalité. Le plaisir de Macron à imaginer qu’on lui adresse une balle ou qu’on vienne le chercher, comme les airs ahuris, abrutis et gourds de Hollande, sont bien du naturel. Ils ont été sélectionnés pour leurs défauts, par trop évident, mais aussi sur une réelle compétence et de vraies dispositions à remplir leur office de préfet des Gaules dans l’Empire mondial. Ils sont bâtis de conviction et d’inconscience à servir l’« Ordre Mondial ». Roger Holeindre, dans une conférence du 16 mai 2016 au Grand Colombier (cycle de conférence de « Retour au réel » avec notre cher frère Thierry), déclare : « Alors ils pourraient quand même, ces individus qui ont pris le pouvoir, tout simplement faire une chose…simplement ce n’est pas compliqué, fermer leur gueule ! Mais non, ils disent tout ce qu’il ne faut pas dire et ils font tout ce qu’il ne faut pas faire. Ce n’est pas compliqué, ce qu’ils disent vous pouvez dire que c’est le contraire qui est bon. » Pour relier l’alpha et l’oméga de la soupe à l’Hollandouille, il faut partir de son discours en campagne électorale dans lequel a retenti son célèbre « Mon ennemi, c’est la finance !  », le coudre à l’épilogue de sa parole présidentielle dans un autre discours bien plus discret, celui donné chez le missilier MBDA à Bourges. L’enregistrement vidéo nous le révèle, le montre en pleine montée de testostérone. Le mal aimé du PS est là au sommet de sa bêtise tout autant qu’au terme de son mandat, à moins de deux semaines. C’est le 27 avril 2017.

Qu'elle est belle la jouissance du pouvoir dans le petit sourire malicieusement filmé, zoomé dans le reportage de la visite de Hollande à MBM du 27 avril 2017 ! Et dire que Philippe Murray n'est plus là pour nous pondre un texte sur le sourire à visage humain de François Hollande et nous dire s’il est plus carnassier encore que celui de son ex compagne Ségolène Royal ! Un vrai chef serait face à ses troupes de militants, face à ses électeurs, en phase de bilan. Non. Il est venu remettre la légion d’honneur au PDG de l’entreprise Antoine Bouvier. Légion que n’a pas reçue un vrai militaire ayant donné son sang comme Roger Holeindre.

Il est à Bourges, notre président socialiste, capitale alchimique, cœur de la France, mais ne nous attendons pas à le voir le nez en l’air pour commenter sur ses souvenirs de lecture de Fulcanelli les caissons alchimiques de l’hôtel Lallemant. Bourges, centre géo-biologique de l’hexagone, calice de la France, refuge de Charles VII. Bourges est aussi pour lui un point de fuite mais à partir duquel ce qui a été empêché dans les temps de lutte contre l’Anglois grâce à Jeanne d’Arc, pourrait enfin advenir : en finir avec la France christique, car après moi (Hollande), le déluge… Et le déluge, c’est la Macronie.

Mais reprenons le discours de Hollande qui vaut d’être décortiqué à l’imbécilité digne des grands cimetières bernanosiens sous la lune si je ne m’abuse. Il s’adresse à ses champions, tel à une garde prétorienne. : « Je prends même le mot artisan au pied de la lettre parce que ce que vous faites ici c’est de mettre les plus belles technologies au service de nos armées… c’est vous qui fixez les prix, je ne négocie pas le bout de gras, je ne fais pas du troc, je dois convaincre mes interlocuteurs qu’en achetant des produits français ou européens, ils vont avoir ce que la technologie peut faire de mieux. Ici ce sera une usine du futur non pas une usine avec des robots mais avec des robots et des salariés. Nous n’avions jamais autant vendu qu’en 2015 et 2016. »

Passons sur le coup d’œil insistant de connivence maçonnique, séduction classique avec le mot artisan. La bêtise, ça ose tout comme de prendre le mot artisan au pied de la lettre pour lui donner la noblesse du bel ouvrage, alors que la noblesse du combat militaire est elle-même arasée par la technologie dans la guerre moderne. Passons sur le rôle de représentant de commerce des armes auquel la fonction présidentielle est réduite. La compétitivité, l’excellence sont technologiques et ce, en laissant à l’arrière-plan l’essentiel, c’est à dire ce à quoi sert cette technologie.

Une paysannerie et la pêche détruites, des pans entiers de l’industrie en lambeaux, mais le bilan social du socialiste se gargarise de quelques centaines d’emplois dans le fleuron de l’armement. Victorieux socialiste en déroute, il se félicite de battre l’Amérique dans cette guerre commerciale. La finale de cette intervention est vraiment très édifiante : « Nous souhaiterions tous que notre monde soit un monde de paix. Mais pour qu'il y ait un monde de paix, il faut une industrie nationale européenne qui puisse être crédible. Il n'y a pas de paix s'il n'y a pas respect des souverainetés et respect des enjeux des droits et des valeurs que nous pouvons partager, pour préserver la paix, il faut une industrie de défense. Il y en a certains qui nous disent, mais est ce qu'il faut exporter des armes ? C'est un sujet que je comprends. Est-ce bien notre rôle de vendre des armes ? Oui, c'est notre rôle parce que si nous ne vendons pas un certain nombre de matériels avec d'ailleurs des conditions pour leur emploi, le risque c'est que d'autres le fassent à notre place, c'est qu'on ne puisse pas continuer à fabriquer pour la France et pour l'Europe les matériels, nous pourrions être empêchés, il faut que ces armes puissent être utilisées, de façon à ce que nous soyons sûrs qu'elles ne tombent pas entre de mauvaises mains. »

 

La défense de l’industrie d’armement arrive à se faire passer pour une défense nationale et la défense nationale est déjà fondue dans une défense européenne

Et nous y voilà ! Ces présidents ou monarques républicains, qui ont délaissé depuis des lustres les fonctions régaliennes de la gouvernance, se rattrapent et font figure en tant que chefs des armées, d’être protecteurs avec leur ministre Le Drian des armes françaises, confondant aussitôt la souveraineté française et européenne. La défense de l’industrie d’armement arrive à se faire passer pour une défense nationale et la défense nationale est déjà fondue dans une défense européenne alors même qu’aucune politique européenne véritable n’existe, alors même que Sarkozy nous a faits retourner dans la dépendance de l’OTAN, notoire trahison du meilleur du gaullisme mort depuis longtemps de toute façon.

Quelle tartufferie que de faire allusion aux conditions de l’emploi des armes, aux conditions éthiques ! La France ne les respecte pas, mais c’est l’omerta. Je renvoie à l’étude de la journaliste Anne Poiret Mon pays vend des armes. Le discours présidentiel associe la défense pour nos propres besoins à la fabrication et au perfectionnement de nos techniques d’armement qui ne peuvent être maintenues à leur niveau de compétitivité, selon lui, que par la vente d’armes aux pays dont on se demande toujours sur quels critères de partage de nos valeurs ils sont nos amis en tant que peuple français. Les armes que nous fabriquons sont déjà entre de mauvaises mains, celles de nos gouvernants, marchands de mort que tous les massacrés et affamés du Yémen, pour ne prendre que l’exemple le plus tragique du moment, regardent de leurs yeux terribles et que je regarde un peu avec eux. En bref, les conflits d’ici ou là sont utiles pour nous permettre d’expérimenter l’efficacité pratique de nos armes et donc de mieux les vendre. La mort, la mort toujours recommencée, pardon au cimetière marin de Paul Valéry, la mort toujours vendue derrière les joues d’un président bonhomme, gros Jean comme devant des montagnes de cadavres et de fric. Dans le livre d’Anne Poiret, un haut gradé à propos des relations France-Egypte : « Il a une hypocrisie incroyable dans notre position publique sur notre soi-disant partenariat avec l’Egypte. Sur des milliards d’euros de contrats français, quasiment rien ne sert réellement à combattre Daesh. Tout est balayé par l’impératif de vente. » C’est ce même président qui sortira des énormités comme l’équivalence du FN et de Daesh !

Macron en mai 2018 recevait à Aix-la-Chapelle le prix Charlemagne pour sa vision d’une nouvelle Europe et pour une restructuration de la coopération des peuples et des nations. C’est à 60 kms de la centrale de Tihange en Belgique dans laquelle l’Etat français a des intérêts financiers et de celle française de Cattenom. Deux militants écologistes belges étaient là pour dire que, selon eux, l’obsession nucléaire française que Macron renforce, est le contraire d’une bonne coopération entre les nations et les peuples car elle menace tous les pays frontaliers d’un point de vue écologique (vulnérabilité des piscines d’entreposage des combustibles usagers et anomalies des équipements de toutes les centrales) et freine la transition énergétique. Quatre autres centrales sont frontalières. Des mesures concrètes pour la sécurité de tous seraient le signe attendu pour être reconnu comme un vrai européen !

Voilà pour le volet nucléaire civile, mais revenons à nos bombes, car l’un ne va pas sans l’autre. Dans son récent discours à l’école de guerre, Macron a joué les « Monsieur propre » en faisant état de la réduction de l’arsenal en dessous de 300 armes, du démantèlement du nucléaire terrestre français, des installations d’essais nucléaires, production de matières fissiles. Il préparait la 56ème conférence sur la sécurité de Munich. Parlons-en.

 

Saint Valentin 2020 et l’esprit de Munich

Une heure de dialogue avec Wolfgang Ischinger président de la conférence (pour quel message ?) : aller plus vite et plus loin pour la souveraineté européenne face aux grands dangers que représentent la Chine et la Russie… Et là, on est assassiné par l’allusion macronienne à la rocambolesque affaire du pénis d’un de ses hommes liges qui nous a fait vivre la veille une bien étrange St Valentin « grivoise ». La meilleure part d’Osiris remise dans la balance diplomatique : nous sommes condamnés à vivre entre la bite et la bombe ou le couteau pour ne pas oublier nos Coraniques… Donc encore la faute à Poutine ! Sauf que celui qui déstabilise notre libido franchouillarde est un ennemi de Poutine… Et la preuve que nous sommes toujours dans la question de la bombe, c’est que Sibeth Ndiaye, chargée de la communication de propagande macroniste, a dénoncé des bombes puantes au sujet des affres du candidat à la mairie de Paris ainsi évacué par une campagne sans répit où il n’y a pas de limites.

Mais n’est-ce pas l’immaturité de ces politiques qui a d’abord dépassé depuis longtemps toute limite ? Les jeux de mots : bête Sibeth, Castaner la castagne, Graveleux Grivois Griveaux, Macronerie et Marconnerie. C’était Marlène Shiappa ou Marie Minelli auteur de romans pornos ? C’est son amant ou pas Benalla ? Et cette trogne de momie qu’a son épouse prof et mère ! Elle est trop facile la partie de scrabble politique ! Tout se dégrade dans les mœurs, dans les mots de haut en bas de l’échelle sociale, et plus rien n’est sous contrôle. « En même temps » que, dans l’ordre religieux catholique, un pape met en péril l’unité de l’église. Le célibat des prêtres préserve une grande force à la cohorte de lumière de l’Eglise romaine attendue par le monde dans le combat spirituel des temps qui demande des géants. Qui le comprend et qui l’admet encore ?

Enfin, voilà la fraternité européenne en marche. On se téléphone et on se fait une bouffe ou quelques essais. Macron, lors de cette conférence, a bien eu à rencontrer aussi des militants verts… de rage. Des Allemands qui prennent du poids dans leur pays où une majorité de citoyens ne veulent du nucléaire sous aucune forme et il a eu à affronter des conservateurs allemands qui veulent directement faire passer le reste de la dissuasion nucléaire française sous commandement de l’OTAN !

On ne doit pas oublier que c’est ce même Macron qui travaille, prépare les esprits dans la sérénité de ses propres relations avec son peuple telle qu’on la déguste, au partage du siège de sécurité de l’ONU de la France avec l’Allemagne, voire à un siège européen et non plus français.

Le 14 février, mémorable jour de la saint Valentin 2020, une nouvelle affaire Dreyfus pour diviser l’opinion française tombait sur le grivois comme la misère sur le pauvre monde et la vérole sur le bas clergé. Mais le journal Ouest France servait la soupe à la Macronie sur la force nucléaire pour nous préparer à la sacralité de la conférence de Munich avec le plus grand sérieux « Cet exercice est généralement empreint de solennité vu la gravité du sujet : la dissuasion nucléaire repose sur la capacité d’un homme, le Président, de tuer des millions d’êtres humains pour le cas où nos intérêts vitaux seraient menacés. » Mais comment fait-il, cet homme, pour gérer les hormones et l’imprudence de collégien de ses loyaux comme de lui-même tout en s’occupant de la défense, de l’atome à Varsovie, dans The Economist, en passant par le festival de BD d’Angoulême où il se fait prendre en photo avec un type qui milite contre la violence des balles de défense de ses flics, T-shirt à la main ?

 

Le graal nucléaire

Il y a un autre rendez-vous entre le nucléaire français et la saint Valentin qui explique le choix de mon titre « Auprès de ma bombe ».

C’est l’opération secrète Gerboise bleue qui se déroule la veille de la saint Valentin en 1960 soit moins d’un mois avant ma naissance qui n’a en l’occurrence aucune importance historique mais sert à montrer d’où je parle. J’en parle pour le mettre en relation avec le livre d’où je devais naître au matin des magiciens. C’est le premier essai nucléaire français dans le désert de Reggane à 1200 kilomètres d’Alger. Suivront 56 autres expérimentations et essais pendant 6 ans faisant de la France la 4ème puissance nucléaire du monde. 6 ans d’essais jusqu’en 1966, suggère le chiffre de la bête. Il a fallu attendre 2013, soit 13 ans après la déclassification des documents « secret défense » pour que l’on sache l’étendue des retombées radioactives sur toute l’Afrique de l’Ouest et le sud de l’Europe, les cancers développés etc. Les essais nucléaires se dérouleront ensuite jusqu’en 1996 en Polynésie, 200 en tout. Arrêt sous Chirac. Il faut noter que les accords d’Evian de 1962 contenaient des clauses secrètes autorisant une présence française dans le désert algérien jusqu'en 1967. De quel poids cet accord a-t-il pesé dans la décision de de Gaulle d’abandonner l’Algérie française ? Qu’importait la perte d’un département africain pourvu qu’on parvienne au graal… Parce que c’est cela le nucléaire français, si on veut en comprendre le sens eschatologique pour ainsi dire.

L’arme nucléaire est le remplacement de la sainte ampoule, le saint chrême porté par la colombe, inépuisable, surnaturellement servi tant qu’il était reproduit par l’Esprit Saint, pour l’onction des rois de France. Mais la bombe, c’est une force luciférienne. La transmission des codes nucléaires est la parodie de l’onction royale à Reims. Et comme c’est une conscience luciférienne qui mène la danse, au lieu de maintenir la souveraineté française comme cela a pu jouer dans la geste gaullienne, dans son intention et dans les faits, nous en arrivons à ce leurre magistral de l’effet inverse.

La force nucléaire civile est la plus grande concentration du monde sur un territoire national et menace nos voisins comme nous même surtout avec le risque terroriste islamique qu’ils ont laissé grandir. La force nucléaire militaire a été réduite, notre effort d’armement s’étant porté sur la vente d’armes en bonne partie à des pays musulmans. Ce qu’il en reste est en passe d’être partagé avec des Européens qui n’en veulent pas, mais c’est pour mieux la remettre à l’OTAN, pour mieux maintenir la fiction de l’Union Européenne qui fait fiasco. Tout ce qui dissout chaque jour un peu plus le Grand Œuvre séculaire et alchimique de la France traditionnelle et monarchique catholique.


Obama rêve de la fin de la bombe
Obama rêve de la fin de la bombe
Quand le Tamiflu fait voler des oiseaux noirs
Quand le Tamiflu fait voler des oiseaux noirs
Il fait bon vivre dans le désert…
Il fait bon vivre dans le désert…

Commentaires


Pseudo :
Mail :
Commentaire :