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Lumières : clap de fin ?

Lumières : clap de fin ?

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L’idéal des Lumières était celui d’un individu autonome et libre, s’associant librement à d’autres individus semblables et égaux. Sa raison et sa volonté, mieux que d’être soumises à la loi, se reconnaissent en elle. Mieux que la famille, source inépuisable d’inégalité, et malgré l’obscurantisme des religions, l’École de la République et ses hussards allaient être le creuset qui allait produire cet individu absolu.

Sans doute une des dernières étapes de cette entreprise devait-elle être d’abolir la différence sexuelle. Non seulement parce qu’elle contredit l’idéal d’homogénéisation rationaliste de la société, mais aussi parce qu’elle continue à s’imposer comme le lieu d’apparition de l’individu et contredit ainsi le phantasme de sa production scientifique.

La France a longtemps cru, et certains de ses dirigeants semblent encore le croire, que sa mission était d’incarner cet idéal : peu importe votre différence de couleur, de culture, de religion, de langue, et maintenant de sexe, tout cela est aboli pour renaître en une pure identité abstraite : vous êtes français.

Être français, c’est participer de façon privilégiée à la Raison qui abolit toute différence. La raison humaine, comme l’a bien vu Hegel, s’est soudain prise pour la raison divine absolue et s’est trompée d’humanisme.

L’humanisme des Lumières entend établir l’homme maître et possesseur de toute chose, à quoi est convoqué tout savoir faire et toute science. Comme le démiurge de Platon, il a les yeux fixés sur son idée d’homme, un homme abstrait qui n’existe pas et par rapport auquel l’homme réel est bien décevant. L’homme abstrait n’a pas d’histoire ni de sexe, il n’a ni parents ni enfants. La négation de l’homme réel est un fruit de cet humanisme abstrait, depuis les théories fumeuses sur l’identité sexuelle jusqu’à l’internement ou l’extermination des individus récalcitrants.

Entendons cet avertissement de Malraux : « La réalité absolue a été pour vous Dieu, puis l'homme. Mais l'homme est mort, après Dieu, et vous cherchez avec angoisse celui à qui vous pourriez confier son étrange héritage. (…) Pour détruire Dieu, et après l'avoir détruit, l'esprit européen a anéanti tout ce qui pouvait s'opposer à l'homme : parvenu au terme de ses efforts, comme Rancé devant le corps de sa maîtresse il ne trouve que la mort. Avec son image une fois atteinte, il découvre qu'il ne peut plus se passionner pour elle. Et il ne fit jamais d'aussi inquiétante découverte. »1

L’humanisme abstrait des Lumières a conduit à la mort de l’homme concret. Son ennemi de toujours est l’humanisme chrétien, qui a sur lui l’avantage d’être un humanisme concret : car l’homme sur lequel celui-ci a les yeux fixés est le Christ, Dieu fait homme, en qui pour le coup « l’homme passe infiniment l’homme ».

Ce qui doit nous frapper, c’est que cet antichristianisme foncier des Lumières ne se cache plus, et s’attaque à tout ce qui caractérise l’humanisme chrétien au risque de saccager 2000 ans d’histoire chrétienne de la France. Depuis la filiation jusqu’aux églises de nos campagnes en passant par la manipulation du vivant, rien ne semble échapper à sa volonté de puissance.

Un regard pourtant même très sommaire sur l’actualité montre que cet « humanisme » des Lumières est en panne, incapable de créer et de maintenir les conditions élémentaires du vivre ensemble. Il porte en lui les trois plaies de notre époque : l’individualisme qui dissout tout lien social, le relativisme qui dissout toute valeur morale, et le refus de toute vérité qui soumet toute chose au diktat de l’opinion.
  1. , La tentation de l'Occident

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