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Mise en ligne spéciale poésie


Peltier, la parfaite caricature de l’homme politique !

Peltier, la parfaite caricature de l’homme politique !

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L’homme politique, celui qui fait profession du mensonge et de la trahison, cherchait son archétype, sa figure iconique, sa parfaite caricature, c’est chose faite avec Guillaume Peltier. Nous pensions que Macron, l’algorithme fait président, suffisait, et bien c’était sans compter sur le député de Chambord. Sitôt la défaite de la droite annoncée, sur son cadavre encore chaud, l’ex-jeune, l’ex-tout, a osé faire la leçon à tout le monde et se proposer comme le recours que tout le monde attendait. En politique le ridicule ne tue pas, on le sait. Mais ce n’est pas une raison pour être aussi prévisible dans la bêtise.

 

L’outing du connard

Il y a néanmoins surprise cette fois puisque Peltier dépasse la simple trahison de chapelles politiques, pour trahir ce que nous croyions être ses idées. Il opère le virage vers la gauche que beaucoup lui prédisait. Il déplore que son parti soit devenu un petit parti conservateur, il veut une droite en rupture avec le conservatisme sociétal, le rigorisme moral et budgétaire, il veut… une droite comme celle de Macron finalement, sans se rendre compte au passage que la place est déjà prise. Peltier, dont la pensée n’est faite que de slogans, de formules marketings faciles, nous invente un nouveau concept : le travaillisme à la française. Le voilà à rêver d’un parti du travail et de méritocratie républicaine. Son virage libéral ne le rend manifestement pas davantage social que le chef de l’Etat… Quant à son virage libertaire, il lui fait renier tout ce qu’il a pu dire avec emphase durant plus de vingt ans. Celui qui ne cessa dans ses discours et ses actions militantes de proposer une vision chrétienne de la société, ose dire aujourd’hui : « Nous ne voulons plus d'un parti qui, pour s'opposer au communautarisme islamique, propose un autre communautarisme, chrétien ou autre. » C’est sa façon élégante d’achever François-Xavier Bellamy dont il aurait tant aimé avoir la place. Mais quand la place est prise, Peltier se trouve une nouvelle niche pour exister, niche qu’il extrapole en grand tout autour de lui-même. Goutons le dialogue entendu, préparé et bien construit entre Jean-Jacques Bourdin et le député de la 2ème circonscription du Loir-et-Cher. Jean-Jacques Bourdin : « Vous n’avez jamais été veilleur, vous n’êtes pas contre l’avortement, contre le mariage pour tous, contre la PMA. On est bien d’accord ? »  Et l’autre de répondre sans rougir : « Non ». On croit rêver, on se pince, on crie à la trahison. Il commence même une petite leçon de celui qui connait bien « ces milieux », de celui qui est le mieux placé pour en parler… L’outing de la connerie est donc possible. Nous en sommes les témoins en direct. Il doit se sentir plus léger de s’être montré en vérité devant tous. Le traitre est nu.

 

Destination Baroin

J’ai pris l’habitude au fil des ans de dépasser les haines liées aux stratégies politiques des uns et des autres. Que certains aient soutenu les républicains en misant sur FX Bellamy, que d’autres aient pensé que c’était un cheval de Troie et qu’il valait mieux voter « utile » pour le RN, que d’autres préfèrent la niche de Debout le France pour garder les mains propres, que d’autres enfin recherchent un vrai parti anticapitaliste à gauche, … peu importe. Ils ont tous raison, mais surtout, nous avons tous tort ! Il y a mille façons de faire avancer ses idées en politique. Et se haïr d’avoir des stratégies opposées alors que l’on partage les mêmes valeurs revient à céder au piège de ce système que l’on combat. Nous ne pouvons néanmoins pas nous résoudre à un refus de participer dans un dandysme réactionnaire… Quoique, j’y viendrai sans doute.

Revenons à Guillaume Peltier. L’homme n’a rien d’un fin stratège, abonné qu’il fut à faire les mauvais choix. Etre Villiériste quand il fallait tenir Sarko en laisse avec Buisson. Etre sarkoziste sous Hollande plutôt que de se radicaliser avec Marion. Aujourd’hui flirter avec le macronisme au moment de la victoire des populismes. Décidément, on peut dire qu’il manque d’intuition l’homme qui se fit l’expert en opinion… Ceux qui très tôt l’avaient comparé à une girouette sous-estimèrent sans doute sa capacité à suivre le vent plutôt que d’avoir son propre souffle. De fait, l’ultime stratégie consiste désormais à changer d’idées plutôt que de cheval. Ce qui a dû l’esquinter définitivement fut sans doute l’élection de Macron, plus jeune que lui. Comme cela a dû lui faire mal… Et pendant ce temps, la jeune Marion réussit dans son action métapolitique autour de l’ISSEP, tandis qu’il reste l’éternel apparatchik prometteur. Il s’est rêvé Macron en rasant le duvet de son visage, et le voilà promis à devenir Baroin, patientant une bouteille à la main, de se remarier avec une people, quelqu’un comme lui qui pourrait se promener en ville avec l’autocollant « vu à la TV ».

 

On a tout avalé mais maintenant on te vomit

Cher Guillaume. On a tout avalé. Parfois avec légèreté, il est vrai. La politique est un jeu quand on méprise le système. On a fait semblant de te croire quand tu te disais issu d’un milieu populaire. Un jour, il faudra que l’on t’explique ce qu’est un milieu populaire… On t’a cru quand tu nous as dit que ton graal était de devenir maire de Tours pour agir localement. On était à fond derrière toi quand tu as mis en place une stratégie pour opérer un coup d’état interne à l’UMP pour disposer d’un outil plus efficace pour valoriser nos idées. L’objectif n’était plus de voter plus à droite, mais de droitiser l’UMP…. Tout ça pour finir par nous faire croire être proche de la ruralité depuis que ta volonté de rester député te fait courir au cul des vaches des concours agricoles. Tu l’aimes ta Sologne, comme tu aimais Tours, comme tu aimeras ta future conquête. Tu conceptualises la province pour mieux conquérir Paris. Nous te revoyons faire des discours remplis d’émotions, la main sur le cœur. Tout y passait : travail, famille, patrie. Tout y est passé. Et ceux qui n’arrivent pas à te suivre aveuglément ne sont que des zozos. Car pour le petit gourou des campagnes électorales de terroir, le monde se divise avant tout entre zozos et loulous, ceux qu’il faut combattre ou manipuler et… sa cour. On a tout avalé, mais maintenant, on te vomit toi qui partage avec Macron ce même cheveu puéril au bout de la langue, et cette capacité d’aliénation de sa personne pour le pouvoir.

La France est dans une situation d’urgence inédite. Nous n’allons pas entrer dans les détails mais tout de même : attentats, islamisation de territoires de la République, accroissement des inégalités, gilets jaunes, bidonvilles, Vincent Lambert… Les maux sont nombreux et les divisions placent notre pays dans une situation de guerre civile froide, voire tiède. Et tu t’amuses, et tu préfères rejoindre l’oligarchie en place. Sans doute parce que tu le vaux bien. J’allais oublier l’essentiel de ta philosophie de vie : « On a tous le droit au bonheur »

Salut à toi Guillaume, tes mensonges te font-ils encore pouffer ?

Salut à toi Guillaume, tes stratégies te font-elles encore jubiler ?

Spéciale dédicace :


Les preux en parfaite santé
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De l'assassinat en politique
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Faut-il moraliser la vie politique ?
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