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Ce que j’aime dans le christianisme

Ce que j’aime dans le christianisme

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Je suis venu à une sorte de christianisme simplifié par le sentiment et plus encore par la raison. Je l’ai revisité pour mon propre entendement et j’ai gardé le meilleur selon moi et pour moi.

1/ le sentiment

Tout d’abord l’histoire tragique du Christ fait résonner en moi un sentiment particulier de gâchis, une sorte de saudade, autrement dit une nostalgie, un regret de ce qui n’a pas été et qui aurait dû être. Voilà comment une société constituée accueille une bonne personne non pas révolutionnaire mais juste réformatrice. Je pense que c’est, avec la résurrection (la vie est la plus forte), un mythe fondateur. Enfin, il s’est passé quelque chose à coup sûr, mais ça pourrait bien servir de mythe, réel ou pas, c’est humainement vrai. Toutes les braves personnes voulant améliorer la situation sont ostracisées si elles ne servent pas le pouvoir et la pensée officielle (avant elles étaient brûlées, cf. Jeanne d’Arc) Les primates déspécialisés que nous sommes ont gardé l’instinct de rang. Les expériences de Milgram montrent qu’un individu choisit en général la norme et le groupe contre sa sensibilité, quand bien même il n’est pas menacé par un choix contraire.

Dans ce sens, le Christ, dans son principe, réapparaît partout marginalement dans l'humanité chez quelques individus.

J'y vois là le péché originel qui est plutôt une imperfection, un défaut de fabrication qu’une faute pour moi car j’ai horreur de la culpabilité inconditionnelle, je préfère la lucidité, le courage d’aller parfois petitement ou grandement à l'encontre de notre nature et la responsabilité.

Il se peut que ce soit l’intuition d’un singe qui a trouvé la connaissance et l'hyper pouvoir sur la nature mais qui est resté un primate affectivement et socialement.

Pour moi tout se passe comme si Dieu, par le sacrifice de son fils avait voulu nous faire comprendre cela.

Autant j’adhère philosophiquement à l'incarnation et à la Trinité (de par l'importance du chiffre trois déjà traitée), autant j’ai du mal avec le sacrifice qui sauve, à la rédemption, je préfère l’idée que tout se passe comme si c’était un message à l’espèce humaine à la rigueur, qui aurait pu sauver si on avait tiré les leçons, mais sinon ça ne me parle pas la rédemption, c’est peut-être parce que je ne culpabilise pas et que j’évite de faire du mal justement pour ne pas culpabiliser. Je ne culpabilise pas d’être imparfait non plus mais je limite les dégâts quand je peux, simplement.

On peut y voir une expérience de Milgram généralisée. Dieu envoie son fils et voilà ce que la société de son temps en fait. C’est tellement laid, que longtemps on a évacué la leçon et la lucidité et responsabilité sur le thème des Juifs déicides pour ne pas voir la portée générale sociale et ne pas se voir en face en tant qu’espèce et pour sa participation individuelle à l’espèce.

Dans cette perception, Céline, si on met à part justement son antisémitisme, par sa lucidité est un bon chrétien. Lui, "détestait les destructeurs et aimait les (rares) constructeurs". Il écrivait "comme la médecine pour rendre les gens moins cons", il se demandait "comment savoir si les gens sont bons d’entrée de jeu ? Je sens plus un amour inversé et déçu projeté sur l’humanité chez Céline qu’une profonde méchanceté sadique et mesquine.

Au fond, le procès de Camus, c’est du Milgram appliqué écrit par un révolté à l’instar de Jésus qui chasse les marchands du temple. En effet, ce que reprochent au fond les jurés, c’est non le crime en soi, mais la transgression réelle ou supposée de la norme à laquelle ils participent et surtout qui leur donne une parcelle de pouvoir. De même Jésus aurait été condamné non pour ses miracles, mais pour s’être proclamé fils de Dieu, et non seulement messie. Aussi pour avoir combattu le formalisme des pharisiens, ainsi que l’atteste la merveilleuse parabole de la femme adultère.

Enfin, si on juge l’arbre à ses fruits, je ne vois que dans l’ère catholique la tendresse. Je peux me tromper. C’est un sentiment spécial, la tendresse à l’endroit des plus faibles et des perdants. C’est sans doute un composé ancestral de miséricorde, pitié, charité, de ces vertus et injonctions catholiques. En tous cas, je la place, la tendresse, au sommet des vertus et un sens possible de l'existence.

2/ la raison

Pour une unité plus évidente, surtout sans rien changer à la solution de Thomas d’Aquin, je suis pour un modalisme additionnel comme poser un plan surnaturel au-delà ou parallèle du surnaturel de Thomas d’Aquin qui est parfaitement abouti et infiniment subtil.

En gros, sa solution pour rester dans le cadre ou la contrainte politique du credo de Nicée-Constantinople est de mettre l’accent sur la relation. La relation seule présente deux termes et préserve l'unité. Les trois personnes sont des relations internes en Dieu par Dieu infini et simple.

Voir, pour la spiration et la procession, les vidéos de Dumouch, plein de bonne volonté et bien dans le dogme, mais qui a eu des problèmes avec la hiérarchie suivant le principe christique ci-dessus énoncé. On n’a pas besoin de lui et de sa fougue sans doute…

Dieu qui n'a besoin de rien et ayant pour essence d’être ce qu’il pense advient (procession) ce qu'il aime aussi (spiration) sauf s’il s’en abstient. En termes actuels, il est performatif dans sa vie intérieure.

C’est subtil mais difficile à tel point que la théologie actuelle tend à mettre sous le tapis la Trinité. La trinité, ce n’est pas vendeur. La tendance, c’est il y a un seul Dieu. Certes, tous les chemins mènent à Rome, mais c’est faire fi d’une différence fondamentale. Le plus grand péché de l'islam, c’est l'associassionisme, tandis que pour le chrétien, l'homme est à l'image et à la ressemblance de Dieu autrement dit un microcosme à partir duquel il peut tenter de connaitre Dieu.

En tous cas, ci-dessous, voici une critique radicale inspirée de la logique d'Aristote en faveur d’un peu de modalisme pour une unité plus intuitive. En dernière analyse, le modalisme et les relations internes de Dieu de Thomas d'Aquin ne sont pas incompatibles en logique, il suffit de se dire que les deux options sont convertibles, autrement dit qu’il s'agit de deux versions ou formulations de la même chose. En logique, il n’est pas impossible de les identifier.

Syllogisme définition : Raisonnement déductif rigoureux qui, ne supposant aucune proposition étrangère sous-entendue, lie des prémisses à une conclusion (ex. « si tout B est A et si tout C est B, alors tout C est A »).

Donc

1/ si on a trois personnes parfaitement distinctes

2/ Sachant que ces trois personnes sont de même nature, consubstantielles

3/ Sachant qu’étant trois, elles forment une unité parfaite

4/ La seule possibilité pour résoudre la contradiction logique est qu'elles soient trois modes ou manières d'être de cette unité entièrement contenue dans chacun de ses modes

 


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